Photo satellite des installations dans les montagnes près de Qom, où l'Iran aurait placé son second site d'enrichissement d'uranium © TF1/LCIA son retour en Iran de New York où il a participé à l'Assemblée générale de l'ONU, Mahmoud Ahmadinejad a évoqué devant les journalistes le nouveau point de friction avec les Occidentaux : l'annonce de la construction par Téhéran d'un second site d'enrichissement d'uranium. "Cette affaire a pris une telle tournure que nous pensons qu'ils regrettent d'en avoir parlé", a estimé le président iranien. "Ils pourront continuer d'utiliser cette affaire à travers les médias mais celle-ci a constitué un coup dur à l'arrogance".
Pour l'Iran, il ne s'agit que de l'application de son droit "inaliénable" à la technologie nucléaire. Pour le reste, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a fait à la télévision une déclaration censée rassurer les inquiétudes internationales. "Le nouveau site sera placé sous la supervision de l'AIEA et nous allons y enrichir de l'uranium à un maximum de 5%", a-t-il annoncé, démentant tout caractère "militaire" à ce site, qui vient s'ajouter à celui de Natanz, et affirmant qu'il serait "pleinement opérationnel dans environ deux ans". Il a également affirmé que l'Iran fixerait avec l'AIEA une date pour une inspection. Mais parallèlement aux annonces du chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime islamique, ont annoncé le début dimanche de manoeuvres impliquant des tirs de missiles pour "améliorer" les capacités de dissuasion des forces armées.
La question d'une intervention militaire
L'Occident accuse depuis des années l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de programme civil. L'Iran, qui dément, fait déjà l'objet de cinq résolutions de l'ONU dont trois assorties de sanctions. Les Occidentaux ont sommé l'Iran de faire toute la lumière sur ses activités nucléaires à la réunion du 1er octobre avec le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et l'Allemagne), faute de quoi il ne pourra plus échapper à de nouvelles sanctions.
Washington, Paris et Londres ont accusé l'Iran d'avoir dissimulé pendant des années la construction de cette deuxième usine d'enrichissement d'uranium, la technologie produisant le combustible pour les centrales civiles mais pouvant aussi fournir la matière à l'arme nucléaire. Ils ont réclamé l'accès de l'AIEA au site. La Russie, disant que les sanctions pourraient finir par devenir une option, a appelé l'Iran à donner une "preuve convaincante" de ses intentions pacifiques en matière nucléaire. La Chine a demandé à Téhéran de coopérer avec l'AIEA.
Mahmoud Ahmadinejad a déjà affirmé depuis New York que le site était "parfaitement légal" et Téhéran a dit qu'il était en conformité avec les règles de l'AIEA. Pour les Occidentaux en revanche, non seulement la construction d'une seconde usine à cet effet aurait dû être déclarée dès sa construction aux organismes internationaux, mais ses caractéristiques ne sont pas cohérentes avec une finalité civile. Barack Obama a refusé d'écarter un recours à la force militaire contre l'Iran et a ensuite appelé Téhéran à "prouver ses intentions pacifiques". Pour le chef de la diplomatie d'Israël, Avigdor Lieberman, dont le pays est l'ennemi juré de l'Iran, les nouvelles révélations "prouvent sans le moindre doute que ce pays veut s'équiper de l'arme atomique, et nous espérons qu'une réponse sans équivoque sera donnée le 1er octobre".
D'après agence
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