Colonie israélienne en construction à Har Gilo, Cisjordanie, 7 septembre 2009 © ReutersL'annonce du feu vert officiel à 450 nouvelles constructions de logements dans les colonies a provoqué lundi de très nombreuses réactions négatives dans la communauté internationale. Elle étale également les contradictions politiques en Israël.
Depuis l'arrivée de Barack Obama, les Etats-Unis, avec l'Union européenne, font en effet pression pour un gel total de la colonisation, première étape pour une reprise de négociations avec les Palestiniens. En échange, dans le plan Obama, les pays arabes de la région feraient des gestes envers Israël. Une dynamique serait alors relancée. Dans cette optique, après des mois de bras de fer entre l'Etat hébreu et les Etats-Unis, l'émissaire américain George Mitchell doit arriver dans quelques jours pour négocier un accord final sur ce gel.
Accélération avant le moratoire
Comment comprendre alors cette relance des colonies ? En fait, tout en discutant à reculons, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a voulu faire un geste envers sa droite dure et le mouvement des colons, qui refusent de céder aux Etats-Unis sur la colonisation. Certains de ses ministres l'ont d'ailleurs admis publiquement, mettant ainsi leur patron dans l'embarras. Pour accentuer leur pression, les colons ont aussi lancé un mouvement de lobbying et un sondage donne une majorité d'Israéliens hostiles à ce gel de la colonisation.
Avec 450 nouvelles constructions dans des grandes colonies, qu'Israël entend garder après un accord avec les Palestiniens, Benjamin Netanyahu ménage donc son gouvernement de droite et la majorité qui l'a élu il y a quelques mois. Avant même ce feu vert officiel, il avait d'ailleurs affirmé vendredi dernier qu'il voulait donner un coup d'accélérateur aux colonies avant un "moratoire" concédé aux Américains. Selon certains médias, les Etats-Unis auraient été avertis de cette manœuvre de politique intérieure.
"Farce politique" pour la gauche, "miettes" pour les colons
Mais pas sûr que cet exercice d'équilibrisme ne convainc vraiment. "La paix maintenant", un mouvement de la gauche israélienne anti-colonisation, parle par exemple de "farce politique", Tzipi Livni, la chef de l'opposition, de "duplicité". Plus paradoxalement, même le puissant mouvement des colons critique les "miettes" qu'on lui offre. Lundi après-midi, le Conseil Yesha, l'organe des colons, a ainsi déposé symboliquement la première pierre d'une nouvelle colonie à Mevasseret Adumim, non loin de Jérusalem. Des ministres de droite et des députés le soutenaient.
Coté Palestiniens, sans surprise, on enrage, L'Autorité palestinienne déclare que les 450 nouvelles colonies "annule tout gel ultérieur et sape le processus de paix". Bref, la question des colonies devient brûlante en Israël et toujours délicate politiquement pour Benjamin Netanyahu.
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