Obama n'écarte pas l'option militaire

le 26 septembre 2009 à 10h15 , mis à jour le 26 septembre 2009 à 16h17

Le président américain somme l'Iran de s'expliquer sur son programme nucléaire, mais dit toujours préférer régler ce différend par la diplomatie.

ahmadinejad_natanzArchives : Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, visite la centrale de Natanz (avril 2008) © Reuters

Barack Obama a sommé vendredi Téhéran de s'expliquer sur son programme nucléaire sous peine de se voir imposer des "sanctions qui font mal", en réaction à l'annonce de l'existence en Iran d'un deuxième site d'enrichissement de l'uranium. Adressant une ferme mise en garde à Téhéran à la fin du sommet du G20 de Pittsburgh, le président américain s'est ostensiblement refusé à écarter l'option militaire tout en soulignant préférer régler ce différend par la diplomatie.
 
En début de journée, le président Obama avait, dans une déclaration commune avec son homologue français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown, condamné la construction clandestine par l'Iran d'un deuxième site d'enrichissement de l'uranium, près de la ville sainte de Qom, qui sera "bientôt prêt", selon l'Iran. "La communauté internationale a parlé. C'est maintenant à l'Iran de répondre", a insisté Barack Obama. L'existence de ce nouveau site accentue l'importance des discussions qui auront lieu jeudi prochain à Genève entre Téhéran et les représentants des six puissances engagées dans les négociations sur le nucléaire iranien (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne). Le chef de la Maison blanche a exhorté les dirigeants iraniens à faire la preuve de leur bonne volonté à cette occasion. Le président russe Dmitri Medvedev, montrant certains signes d'impatience à l'égard de Téhéran, a également souligné qu'en cas de non-coopération le 1er octobre, d'autres méthodes devraient être envisagées sur ce dossier. "Les révélations sur ce second site d'enrichissement nucléaire en Iran  rouvent sans le moindre doute que ce pays veut s'équiper de l'arme atomique, et  nous espérons qu'une réponse sans équivoque sera donnée le 1er octobre", a déclaré de son côté samedi le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman. L'Iran maintient que son programme nucléaire est à usage civil, quand les Occidentaux le soupçonnent de vouloir se doter de l'arme atomique. 

Washington, Paris et Londres "regretteront"
 
Lors d'une conférence de presse en marge de l'assemblée générale de l'Onu, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a prévenu Washington, Paris et Londres qu'ils "regretteraient" leur déclaration. Il a ajouté que le site n'avait rien de secret et qu'il avait informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de son existence alors qu'il ne sera pas en service avant dix-huit mois. Téhéran n'a reconnu que lundi l'existence de ce second site, dont il n'avait jamais été question jusqu'à présent, dans une lettre au directeur de l'AIEA, l'Egyptien Mohamed ElBaradeï. On estimait jusqu'alors que la République islamique ne possédait qu'un seul site d'enrichissement, à Natanz, qui est ouvert à la surveillance quotidienne des inspecteurs de l'AIEA.
 
De source française, on déclare que les révélations iraniennes interviennent au moment où Paris, Washington et Londres, qui ont uni leurs efforts dans cette affaire, s'apprêtaient à remettre un rapport à l'AIEA sur ce site dont leurs services secrets avaient appris l'existence depuis "un certain temps". Construit sous une montagne, il pouvait échapper à une surveillance par satellite, a-t-on ajouté. "Ne laissons pas les dirigeants iraniens gagner du temps pendant que les centrifugeuses tournent", a déclaré Nicolas Sarkozy, évoquant la ville de Qom, au sud-ouest de Téhéran, comme localisation de la seconde usine. Il a démenti tout désaccord entre Paris et Washington sur la nécessité de décider de sanctions avant la fin de l'année si aucun progrès n'intervient dans les discussions. Gordon Brown, lui, a estimé que les "dissimulations" de la République islamique devraient inciter la communauté internationale à se montrer plus ferme encore à son encontre. L'Allemagne et l'Italie ont apporté leur soutien aux trois pays, la chancelière Angela Merkel faisant part de "l'inquiétude" de Berlin face à ce nouveau développement. La Chine a appelé l'Iran à coopérer avec l'agence basée à Vienne.

Toute action militaire ne ferait gagner que trois ans

L'agence onusienne a demandé à l'Iran d'autoriser l'accès immédiat à ses inspecteurs sur le site pour s'assurer que les mesures garantissant la non-prolifération nucléaire sont respectées. "Nous n'avons aucun problème avec une inspection de ce complexe", a déclaré le président Ahmadinejad. L'Iran a annoncé samedi qu'elle fixera avec l'AIEA une date pour la visite par des inspecteurs de l'agence. "Cette inspection se fera selon les règles", a déclaré le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique. En son temps, le site de Natanz avait lui aussi été passé sous silence par les autorités iraniennes. Son existence avait été dévoilée par un groupe d'opposants en exil, le Conseil national de la résistance, durant l'été 2002. Le Conseil de sécurité des Nations unies a déjà imposé des sanctions à l'Iran pour la contraindre à stopper ses activités d'enrichissement de l'uranium.

Bien que non dépourvue de risques, l'hypothèse d'une action militaire d'Israël pour s'opposer au programme nucléaire iranien est prise au sérieux par de nombreux experts. Mahmoud Ahmadinejad a estimé que les Israéliens n'oseraient pas attaquer l'Iran, qui a selon lui les moyens de se défendre. Le chef du Pentagone, Robert Gates, a estimé qu'une action militaire ne pourrait "rien permettre de plus que de gagner du temps, une, deux ou trois années, selon les estimations". "La seule façon d'avoir un Iran sans (arme) nucléaire, c'est que le gouvernement iranien le décide en comprenant qu'il serait moins en sécurité s'il avait ces armes", a-t-il dit sur CNN.

D'après agence

le 26 septembre 2009 à 10:15
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10 Commentaires

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  • Vincent, le 28/09/2009 à 12h59

    Pourquoi interviennent-ils sur le programme nucléaire iranien et pas celui de la corée du nord.D'ailleur elle, qui ne respect pas non plus la résolution de l'ONU et du droit international,la france,les états unis et la grande bretagne n'oseront jamais hausser le ton car la corée du nord possède déjà l'arme nucléaire.

  • Mamad, le 27/09/2009 à 20h43

    Pas de naïveté, nous savons tous que les réalités géopolitiques sont basées sur 2 poids 2 mesure...

  • Poe, le 26/09/2009 à 19h11

    C'est une vers laquelle on va y venir. Mais en ce qui concerne la France, elle n'a pas les moyens techniques, les Américains pourraient mais ils sont déjà engagés sur plusieurs fronts. Il reste un seul pays qui a les moyens et il l'a prouvé durant un certain exercice. Il suffit pour lui d'avoir une localisation sur des sites et le reste il le prend en compte. Mais depuis des années nous savions à quoi nous en tenir 3000 centrifugeuses et des résolutions sur résolutions qui n'aboutissent à rien , quelque part on paie un certain laxisme. Certains n'attendront pas si on leur donne une position correcte des centrales et le feu vert.

  • Fred 03, le 26/09/2009 à 16h22

    Question ! est ce que les chinois respectent le programme nucléaire?

  • Laura, le 26/09/2009 à 15h19

    Tout à fait d'accord avec Eric de Paris. Je rajouterai qu'il y a bien d'autres pays dans le monde qui ne respectent pas les résolutions de l'ONU ni le droit international, et on ne leur dit jamais rien !

  • Alpha, le 26/09/2009 à 13h56

    " Obama n'écarte pas l'option militaire". Question: Est-ce que la France va suivre cette voie? Si cette voie était suivi par la France qui payerait l'addition? Est-ce que nous n'avons nous pas assez de notre propre déficit?

  • Regis, le 26/09/2009 à 13h17

    Le president iranien ira jusqu'au bout, il n'a rien a perdre, meme son peuple ne le soutient plus, c'est ca le plus grave....

  • Nounours, le 26/09/2009 à 12h28

    Le president iranien et une personne qui faut prendre au serieux il veut défendre sa terre et il prendra tous les risque a nous de faire le bon choix

  • Solange77, le 26/09/2009 à 12h19

    Je ne comprend pas qu'une fois encore ce sujet revient sur le tapis. Pourquoi d'autres pays comme les états unis ont leur armement et que d'autres n'y aurait pas droit??? Et l'option militaire quand on voit ce que sa donne en irak. Sa n'en finira jamais tout ce cirque.

  • Eric, le 26/09/2009 à 12h03

    Petit rappel le seul pays qui fait usage de l arme nucleaire sur des populations civiles ce sont les Etats Unis....

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