Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier de ces dernières années contre le corps d'élite des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime. Selon un dernier bilan dimanche soir, 31 personnes, dont plusieurs hauts commandants des Gardiens de la révolution, ont été tuées et 28 autres blessées dimanche dans un attentat suicide perpétré dans une ville de l'Iran frontalière du Pakistan et dans lequel Téhéran accuse notamment les Etats-Unis ainsi que le Royaume-Uni.
L'attentat s'est produit à 6h30 (heure de Paris) dans la ville de Pishin, à la frontière avec le Pakistan, alors que les commandants des Gardiens de la révolution participaient à une réunion avec les chefs de tribus de la province du Sistan-Balouchistan destinée à renforcer "l'unité entre les chiites et les sunnites", a indiqué l'agence de presse Fars. Dans cette action terroriste, cinq hauts dignitaires de la garde ont trouvé ma mort, a précisé Fars. Des chefs de tribus ont également péri dans l'attentat selon la même source.
Oppression mondiale
Immédiatement, les officiels iraniens ont accusé l'occident. A commencer par le président du Parlement, Ali Larijani, pour qui "(...) les dernières actions terroristes résultent de l'action des Etats-Unis et montrent l'animosité américaine à l'égard de notre pays". Le président Barack "Obama avait dit qu'il tendait la main à l'Iran mais avec cette action il s'est brûlé la main. Le peuple iranien a raison de ne pas croire aux changements promis par le gouvernement américain (...)", a-t-il ajouté. Les Gardiens de la révolution ont eux accusé "l'oppression mondiale d'avoir provoqué les éléments à sa solde" pour commettre cet attentat. L'oppression mondiale désigne généralement les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Selon Téhéran, l'attentat a ainsi été revendiqué par le groupe rebelle sunnite iranien Joundallah (soldats de Dieu). Ce groupe est généralement accusé par les autorités iraniennes de mener de telles actions armées. Il a notamment revendiqué l'attentat suicide du 28 mai qui a fait 25 morts dans une mosquée chiite de Zahedan. La population iranienne, forte de 71 millions d'habitants, est composée à plus de 90% de chiites, mais la province du Sistan-Balouchistan, située à la frontière avec le Pakistan et l'Afghanistan, abrite une forte minorité sunnite. Elle est considérée comme la province la moins sûre d'Iran en raison de la présence de rebelles mais aussi de trafiquants de drogue.






