Archives : Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, visite la centrale de Natanz (avril 2008) © ReutersL'enjeu de la réunion qui se tient ce lundi à Vienne est clair : "c'est l'occasion de démontrer une volonté réelle de progresser", résume une source diplomatique. Organisée sous l'égide de l'Agence internationale de l'énergie atomique, elle fait suite à la réouverture du dialogue entre Téhéran et les grandes puissances le 1er octobre à Genève, après 15 mois d'interruption, alors que les pays occidentaux soupçonnent toujours l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément en assurant que ses objectifs nucléaires sont strictement civils.
Etats-Unis, Russie et France doivent discuter ce lundi avec l'Iran des modalités de livraison d'ici un an à l'Iran, sous le contrôle de l'AIEA, d'uranium enrichi à 19,75% pour son réacteur de recherche de Téhéran, bientôt à court de combustible. La possibilité d'importer des coeurs nucléaires pour le réacteur de recherche de Téhéran a été sollicitée par l'Iran lui-même auprès de l'AIEA en juin dernier, alors que le combustible fourni en 1993 par l'Argentine s'épuise.
Les contreparties réclamées à l'Iran
En échange, Paris, Moscou et Washington souhaitent que l'Iran livre avant la fin de l'année 1200 des 1500 kg d'uranium qu'il a enrichis à moins de 5% sur son site de Natanz malgré les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU. Cet uranium serait traité en Russie pour produire de l'uranium réenrichi demandé par Téhéran. L'uranium serait ensuite techniquement façonné en France en quatre coeurs de combustible avant d'être livré à l'Iran.
Avec la remise de 1200 kg d'uranium faiblement enrichi, la République islamique ne disposerait plus d'un stock suffisant pour la fabrication d'une bombe nucléaire. Cette étape suppose un enrichissement à 90%, une technologie que Téhéran ne maîtrise pas à ce jour, selon les experts. Un tel accord, s'il aboutit, "permettra de réduire à court terme le risque que l'Iran puisse détourner cet uranium pour une arme nucléaire" et Téhéran "bénéficiera d'une assurance de fourniture de combustible de longue durée pour la production de radio-isotopes à des fins médicales", a souligné la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages.
Un accord serait un signe de début de retour à la confiance sur le dossier du nucléaire iranien, alors que les grandes puissances attendent toujours que l'Iran lève d'ici la fin de l'année tous les doutes sur la finalité de son programme nucléaire, notamment ses études sur des vecteurs nucléaires ainsi que son site d'enrichissement clandestin en construction près de Qom. Des inspecteurs de l'AIEA y sont attendus le 25 octobre. Mais le contexte intenrational n'incite guère à l'optimisme sur l'issue de cette réunion. Avant qu'elle ne s'ouvre, l'Iran a multiplié les signes défavorables, accusant notamment les Etats-Unis d'implication dans un attentat qui a visé ce week-end des hats gradés des Gardiens de la Révolution, ou affirmant encore, lundi matin, son droit à la technologie nucléaire et son intention de continuer à enrichir son propre uranium... quel que soit le résultat de la rencontre de Vienne.
D'après agence
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