Mahmoud Abbas, le 24 octobre 2009 © ReutersVoilà une nouvelle qui ne va pas éclaircir les méandres de la politique palestinienne -et donc du processus de paix au Proche-Orient. Bien au contraire. Le président palestinien, a annoncé officiellement jeudi soir qu'il ne serait pas candidat à sa propre succession lors des élections générales prévues le 24 janvier.
Les élections palestiniennes reportées
La présidentielle et les législatives, qui devaient se tenir le 24 janvier, n'auront pas lieu en raison de la bataille politique entre l'Autorité palestinienne et le Hamas, qui contrôle Gaza.
Publié le 12/11/2009
Abbas convoque des élections, le Hamas refuse
Le président palestinien a fixé des élections présidentielles et législatives le 24 janvier. Aussitôt, le Hamas a rejeté cette convocation, la qualifiant d'"illégale".
Publié le 23/10/2009
Réunion tripartite pour sommet sans illusions
Le président Obama réunit mardi à New York Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, les dirigeants israélien et palestinien. Objectif : faire avancer la cause de la paix.
Publié le 22/09/2009
Mahmoud Abbas, 74 ans, avait fait part de sa décision en primeur au comité exécutif de l'OLP. Il a ensuite officialisé son annonce lors d'une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie. "J'ai dit au comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et au Comité central du Fatah que je ne souhaite pas me présenter à la prochaine élection (présidentielle)", a-t-il déclaré. "Ce n'est pas une manoeuvre. J'espère que tout le monde comprendra cette décision et je vais m'efforcer de la faire comprendre", a-t-il ajouté.
Ce scrutin présidentiel, dont la tenue est déjà sujette à caution en raison de la prise de pouvoir par la force du Hamas à Gaza depuis juin 2007, a déjà été reporté une fois. Elu en janvier 2005 après la mort de Yasser Arafat, Mahmoud Abbas ne disposait en effet au départ que d'un mandat de quatre ans. Mais il avait été prorogé par l'Autorité palestinienne d'un an aux termes d'une disposition de la loi électorale stipulant la tenue des scrutins législatif et présidentiel en même temps. Le Hamas, qui rejette ce système, a déjà fait savoir qu'il boycotterait l'événement. Selon plusieurs participants du comité exécutif, Mahmoud Abbas a expliqué qu'il déplorait l'absence de tout accord de réconciliation avec le Hamas.
Déçu par le recul d'Obama
Mais il a surtout pointé du doigt l'enlisement du processus de paix avec Israël. Malgré l'implication des Etats-Unis, les discussions avec l'Etat hébreu sont en effet dans l'impasse depuis l'accession au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mahmoud Abbas avait ainsi prévenu Barack Obama qu'il envisagerait de se retirer si Washington n'obtenait pas d'Israël un gel de la colonisation juive à Jérusalem et en Cisjordanie avant la reprise du dialogue. Or, après le refus catégorique de Benjamin Netanyahu de concéder un tel gel lors de la rencontre entre les trois hommes en septembre, le locataire de la Maison-Blanche s'était borné à appeler Israël à la "retenue" et les Palestiniens à reprendre malgré tout les pourparlers de paix. Mahmoud Abbas a vivement reproché cette position à son homologue américain.
Reste désormais à savoir si ce jet de l'éponge est vraiment irrévocable ou s'il s'agit d'un coup de bluff pour obliger Barack Obama à s'impliquer davantage, et donc l'obliger à convaincre Benjamin Netanyahu. Mahmoud Abbas, même affaibli par la montée du Hamas et dont la popularité est en berne, est en effet le garant du peu de stabilité intérieure dont fait encore preuve l'Autorité palestinienne. Et l'éventuelle élection d'un président plus intransigeant avec Israël aboutirait à une tension accrue.
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