Ebrahim Yazdi, chef de file d'un mouvement d'opposition interdit en Iran © M. Nikoubazl / ReutersLe pouvoir iranien comptait sur un pourrissement de la situation après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, mais l'opposition continue à manifester régulièrement, et ce week-end a vu des affrontements particulièrement violents entre des dizaines de milliers d'opposants et les forces de l'ordre. Dans un premier temps, la police a fait état de cinq morts, chiffre corroboré par l'opposition, qui ajoutait alors que parmi les victimes figurait un neveu du leader de l'opposition, Mir Hossein Moussavi. Ce lundi, ce bilan s'alourdit.
L'Iran bannit les contacts avec 60 ONG
Téhéran interdit désormais à ses citoyens tout "contact" avec 60 organisations non-gouvernementales occidentales, ainsi qu'avec les médias étrangers en persan et des sites internet d'opposition.
Publié le 05/01/2010
Iran: Moussavi ressurgit et n'a "pas peur de mourir"
Le chef de file de l'opposition iranienne affirme vendredi que la répression ne parviendrait pas à briser les manifestations antigouvernementales.
Publié le 01/01/2010
Des chars dans le centre de Téhéran ?
Selon l'opposition, des véhicules blindés et des troupes auraient été acheminés vers la capitale iranienne. Le gouvernement dément.
Publié le 31/12/2009
Les arrestations se poursuivent en Iran
La soeur de Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, a notamment été interpellée ce mardi, tout comme plusieurs journalistes.
Publié le 29/12/2009
Affrontements sur le pavé de Téhéran : 5 morts, 300 arrestations
Cinq personnes ont été tuées lors des affrontements de dimanche à Téhéran entre les manifestants hostiles au président iranien et la police, qui a procédé à 300 arrestations, selon la police.
Publié le 27/12/2009
Heurts entre police anti-émeute et manifestants au coeur de Téhéran
Des heurts ont opposé samedi à Téhéran des policiers anti-émeutes à des partisans de l'opposition qui manifestaient sous le couvert de la commémoration religieuse de l'Achoura, selon un site réformateur et des témoins.
Publié le 26/12/2009
Shirin Ebadi : "au moins 2.000 arrestations en Iran"
<b> Exclusif -</b> Interrogée par TF1, la prix Nobel de la Paix donne des chiffres bien supérieurs à ceux des autorités sur le nombre d'interpellations depuis dimanche.
Publié le 30/12/2009
Nouveau coup de filet dans l'opposition iranienne
Six mois après l'élection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, la rue s'est encore enflammée lundi. La répression du mouvement contestataire aurait fait 8 morts en 3 jours.
Publié le 28/12/2009
Sur la télévision officielle en langue anglaise Press TV, un bandeau apparu dans la matinée indiquait sans plus de précisions : "Conseil suprême de la sécurité nationale: 8 morts en Iran dans les manifestations antigouvernementales". Autre bilan fourni par la télévision d'Etat iranienne, citant le ministère des renseignements dans une émission consacrée aux manifestations de l'opposition : plus de quinze morts, dont cinq victimes de "groupes terroristes" et "plus de dix" appartenant à des "groupes antirévolutionnaires".
Condamnations internationales
Jusqu'à présent, la police iranienne avait implicitement démenti que les décès soient liés à la répression des manifestations par les forces de l'ordre. "Une (des victimes) a été tuée en tombant d'un pont, deux autres dans un accident de voiture, et une a été tuée par balle", avait ainsi affirmé dimanche soir le chef-adjoint de la police iranienne, en faisant état de seulement quatre morts à la télévision. "Comme la police n'a pas utilisé d'armes à feu, (ce dernier décès) est suspect et une enquête est en cours", avait-il ajouté.
Ces manifestations ensanglantées continuent à susciter la réprobation internationale : la Maison Blanche a condamné une "répression violente et injuste de civils cherchant à exercer leurs droits universels", le Canada a dénoncé la "brutalité" de la police iranienne ; à Paris, Bernard Kouchner a exprimé la "grande anxiété" de la France face à ces violences, et l'Italie a prôné "le respect de la vie" et le "dialogue".
Une figure de l'opposition arrêtée
Mais ces manifestations d'inquiétude internationales n'empêchent pas la poursuite de la répression et des arrestations. Au contraire. Ainsi, les autorités ont interdit aux médias étrangers de couvrir directement les manifestations antigouvernementales, et, faisant écho à la position officielle du gouvernement, l'agence de presse officieuse Fars rapporte que les partisans de Mir Hossein Moussavi sont descendus dans la rue "à l'appel des médias étrangers". Et selon un site internet d'opposition, Ibrahim Yazdi, chef du Mouvement de Libération de l'Iran (MLI, opposition libérale) a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile par les services de sécurité. Le chef du MLI, un mouvement d'opposition sans existence légale mais toléré depuis de nombreuses années, avait été convoqué la semaine dernière au ministère des Renseignements mais ne s'était pas rendu à cette convocation, a précisé le site.
Aujourd'hui âgé de 78 ans, Ibrahim Yazdi a été ministre des Affaires étrangères de l'éphémère gouvernement de Mehdi Bazargan au début de la Révolution islamique de 1979, mais il a été depuis rejeté dans l'opposition. Yazdi, qui avait déjà été arrêté après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad au mois de juin, est une voix importante de l'opposition mais jouit d'un soutien populaire limité. Selon le site internet d'opposition, sa nièce aurait été arrêtée en même temps que lui.
Outre cette arrestation emblématique, les milieux proches des réformateurs ont annoncé les arrestations de plusieurs proches de Khatami et Moussavi ce lundi matin. Une dizaine de partisans de ce dernier ont également été dispersés à coup de gaz lacrymogène devant l'hôpital Ebn e Sina, où se trouve le corps de son neveu. Les autorités iraniennes ont confirmé par ailleurs l'arrestation d'un journaliste syrien de la chaîne de télévision Dubaï TV disparu dimanche à Téhéran : Reza al-Bacha, âgé de 27 ans, avait disparu après avoir indiqué à sa famille par téléphone qu'il était bloqué dans le centre-ville, où se déroulaient les affrontements.
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