Nucléaire : quand l'Iran joue la stratégie de la division

Par , le 05 février 2010 à 19h34 , mis à jour le 05 février 2010 à 19h57

Eclairage - En déclarant être finalement prêt à accepter l'offre de l'AIEA sur l'uranimum enrichi, Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, a réussi à diviser les grandes puissances qui gèrent le dossier.

ahmadinejad_natanzArchives : Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, visite la centrale de Natanz (avril 2008) © Reuters

La 46e conférence sur la sécurité de Munich, "le Davos de la Défense", s'est ouvert ce vendredi sur fond de divisions. La communauté internationale a bien du mal à se mettre d'accord sur la politique à adopter vis-à-vis de Téhéran.

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Plus d'infos

En annonçant être prêt à échanger une partie de son uranium faiblement enrichi contre du combustible hautement enrichi, Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, a créé le trouble au sein du groupe des Six. Depuis mi-janvier, les Etats-Unis, la  Chine, la  Russie, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne tentent de se mettre d'accord sur un renforcement des sanctions internationales.
 
Le malentendu

Cet automne, l'Iran accepte de négocier avec le groupe des Six. Objectif : fournir à son réacteur nucléaire de recherche du combustible enrichi à 20%. Il y a urgence puisque la quantité livrée il y a des années par le Brésil ne permettra bientôt plus de l'alimenter. Le 21 octobre, l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, propose à Téhéran un accord : l'Iran livre à la Russie la majorité de ses stocks d'uranium enrichi à 3%. Avec l'aide de la France, Moscou transformera ensuite l'uranium en combustible.  Derrière ce deal, les négociateurs espèrent ralentir la marche en avant de Téhéran vers la fabrication de la bombe. 

Mais, en novembre, l'Iran rejette l'offre. Officiellement, les Iraniens n'ont pas confiance. En fait, la classe dirigeante se déchire, la tension dans le pays est à son comble et personne n'arrive à se mettre d'accord. Tout en continuant à négocier, les stratèges iraniens ont recours à une vieille technique : refuser. L'AIEA prend acte du rejet iranien. Mais la porte ne sera jamais fermée.

La France au créneau
 
Dès janvier, la France monte au créneau. Elle réclame une nouvelle résolution à l'Onu. Aux Etats-Unis, le ton change. La politique de la main tendue, inaugurée par Barack Obama à son arrivée à la Maison-Blanche, est abandonnée, du moins en apparence. Le 27 janvier,  lors de son discours sur l'état de l'Union, le président américain promet aux Iraniens des "conséquences croissantes" s'ils continuent d'ignorer leurs obligations internationales. "C'est une promesse", souligne-t-il.  Les experts du groupe des Six commencent à discuter.
 
Pendant ce temps, en Iran, les hommes d'affaires chinois, mais aussi occidentaux, continuent de miser sur  les gigantesques réserves de gaz et de pétrole du pays. Les Chinois signent un contrat de plus de seize milliards de dollars pour l'exploitation d'un gisement de gaz naturel. Alors qu'Angela Merkel appelle à un durcissement des sanctions, une société allemande passe un accord pour livrer une centaine de turbos compresseurs à l'industrie gazière pour un milliard d'euros.

L'atout maître de Téhéran

Bon joueur, bon stratège, Mahmoud Ahmadinejad en profite pour lancer son pavé dans la mare. Il déclare finalement mardi dernier qu'il n'y a finalement pas de problème pour réaliser l'échange proposé en octobre par l'AIEA. Les Chinois s'engouffrent dans la brèche. De passage à Paris, le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, estime qu'il faut continuer de négocier : "ce qui est urgent, c'est de poursuivre la négociation, le dialogue". Pékin n'est en fait pas mécontent de montrer à Washington que le Pays du Milieu a son propre agenda -les relations entre les deux pays se sont tendues ces dernières semaines et l'annonce de la rencontre entre Barack Obama et le dalaï lama a profondément irrité. Conséquence : la Russie, prête à suivre les Occidentaux, infléchit sa position. Son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, déclare à son tour que "si l'Iran est prêt à revenir à l'accord original, nous ne pouvons que le saluer".
 
C'est alors un peu le retour à la case départ. Les Occidentaux se retrouvent isolés. Pour ne pas apparaître comme ceux qui ferment la porte, les Etats-Unis renvoient la balle dans le camp iranien, "Si les propositions de Mahmoud Amadinejad reflètent un changement d'attitude, nous sommes impatients que l'Iran en informe l'AIEA", déclare la Maison-Blanche.
 

La stratégie de la division

Bref, six mois pour rien. Le groupe des Six est toujours divisé. Reste une inconnue, résumée dans un rapport déposé au Congrès par le directeur du renseignement militaire américain. "Ce pays a la capacité scientifique, technique et industrielle de produire des armes nucléaires. La question essentielle est donc de savoir s'il a la volonté politique de le faire", écrit Dennis Blair. Pendant ce temps, les centrifugeuses continuent de tourner pour enrichir l'uranium. En France, François Fillion réclame de nouvelles sanctions "Le régime iranien n'a pas voulu saisir nos offres de  dialogue. Il a au contraire poursuivi sa fuite en avant. Le moment est donc venu d'agir", affirme le locataire de Matignon.
 

La question

Nucléaire : faut-il alourdir les sanctions contre l'Iran ?

Oui
Non

 

Assis sur ses réserves de gaz, les deuxièmes au monde, l'Iran dispose d'un atout maître dans la partie qui se joue.  Le groupe des Six est désormais chargé de présenter une nouvelle résolution contre l'Iran aux Nations unies. D'un coté, on trouve les Etats intransigeants : la France, qui demande à ses entreprises de ne plus commercer avec Téhéran, ou les Etats-Unis, qui appliquent depuis plus de 20 ans l'un des embargos les plus durs vis-à-vis de Téhéran. De l'autre, les autres, pragmatiques ou carrément hostiles à la politique de sanctions, comme la Chine.
 

Par Patricia Allémonière le 05 février 2010 à 19:34
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4 Commentaires

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  • paixpaix, le 09/02/2010 à 21h56

    Je viens de lire cet article qui ont suivis et je vous cache pas que je suis vraiment choqué par se que mes yeux ont lu sur cette page. Je tiens a vous rappeler que nous somme en 2010 et que toute cette histoire du nucléaire iranien pour fabriquer des armes nucléaires ne tiens pas debout. je tiens à rappeler à ceux qui ont une mémoire courte que ce scénario mené par la presse, non objective jusque ici, est le même que le scénario qui a précédé la guerre du golf (Ou sont les armes de destruction massive de l'Irak ???!!!! ). J'ai plus l'impression que l'on essaye de trouver une excuse pour lancer les flammes d'une guerre dévastatrice sur un pauvre peuple, que de chercher une solution diplomatique pacifiste. La guerre c'est pas un jeu vidéo, c'est pas des hommes ou des femmes virtuels qui vont disparaitre de l'écran de ton ordinateur, mais c'est des êtres humains comme nous tous, qui ont une mère , une s?ur qui vont perdre leurs vies, ou qui vont perdre les êtres qui leurs sont chéres. Et j'invite les journaliste à vraiment faire leur vrai travail de journaliste objective, de journaliste qui rappel à la paix ou lieu de taper sur les tambour de la guerre.

  • ovation1, le 06/02/2010 à 10h10

    Il a vraiment une belle tête de vainqueur !!!!!!!!

  • franky37, le 06/02/2010 à 01h34

    Il va réussir à endormir son monde en disant que loin de lui l'idée d'utiliser ce combustible autrement que pour produire de l'électricité. Il va l'avoir son uranium enrichi et son plutonium, et nous le rebalancer sur la poire, ou su celle des israéliens (son grand rêve).

  • manulclrc, le 05/02/2010 à 20h57

    Comment démèler le vrai du faux?

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