Archives : Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, visite la centrale de Natanz (avril 2008) © ReutersLa 46e conférence sur la sécurité de Munich, "le Davos de la Défense", s'est ouvert ce vendredi sur fond de divisions. La communauté internationale a bien du mal à se mettre d'accord sur la politique à adopter vis-à-vis de Téhéran.
Le nucléaire iranien de nouveau dans la ligne de mire
Le Figaro affirme vendredi que l'Agence internationale de l'Energie atomique s'apprête, dans un rapport imminent, à "dénoncer sans ambiguïté le caractère militaire du programme nucléaire de Téhéran".
Publié le 14/10/2011
Nucléaire : Ahmadinejad accepte la proposition russe
Le président iranien a déclaré mardi que son pays "accueillait favorablement" la proposition russe d'une approche "pas à pas" pour reprendre les discussions sur le programme nucléaire iranien controversé.
Publié le 16/08/2011
L'Iran lance, légalement, sa première centrale nucléaire
Après trente-cinq ans d'attente, Téhéran a démarré ce samedi le complexe construit par la Russie à Bouchehr, dans le Sud du pays. Moscou a obtenu que Bouchehr échappe aux sanctions internationales.
Publié le 21/08/2010
Passe d'armes à l'Onu entre l'Iran et les Etats-Unis
En s'en prenant violemment aux Etats-Unis sur la question du nucléaire, Mahmoud Ahmadinejad a essuyé une cinglante réplique de la part d'Hillary Clinton. S'en est suivi un échange houleux entre les représentants des deux pays.
Publié le 04/05/2010
Nucléaire : l'Iran s'agite, les Etats-Unis avertissent
Téhéran a annoncé dimanche qu'il s'apprêtait à examiner la possibilité de produire de l'uranium enrichi à 20% et à construire 10 nouvelles usines d'enrichissement. Deux annonces que Washington goûte peu.
Publié le 29/11/2009
L'Iran prêt à accepter l'offre de coopération ?
Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, se dit favorable à l'échange de combustible proposé par les grandes puissances.
Publié le 29/10/2009
Et si l'Iran savait déjà fabriquer une bombe ?
L'Iran dispose des informations nécessaires pour mettre au point et fabriquer une bombe atomique, affirme le New York Times, citant un rapport confidentiel de l'AIEA.
Publié le 04/10/2009
L'Iran brave les condamnations, et menace
Depuis New York, Ahmadinejad met en garde les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni après leur condamnation commune du nouveau site iranien d'enrichissement d'uranium.
Publié le 25/09/2009
En annonçant être prêt à échanger une partie de son uranium faiblement enrichi contre du combustible hautement enrichi, Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, a créé le trouble au sein du groupe des Six. Depuis mi-janvier, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne tentent de se mettre d'accord sur un renforcement des sanctions internationales.
Le malentendu
Cet automne, l'Iran accepte de négocier avec le groupe des Six. Objectif : fournir à son réacteur nucléaire de recherche du combustible enrichi à 20%. Il y a urgence puisque la quantité livrée il y a des années par le Brésil ne permettra bientôt plus de l'alimenter. Le 21 octobre, l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, propose à Téhéran un accord : l'Iran livre à la Russie la majorité de ses stocks d'uranium enrichi à 3%. Avec l'aide de la France, Moscou transformera ensuite l'uranium en combustible. Derrière ce deal, les négociateurs espèrent ralentir la marche en avant de Téhéran vers la fabrication de la bombe.
Mais, en novembre, l'Iran rejette l'offre. Officiellement, les Iraniens n'ont pas confiance. En fait, la classe dirigeante se déchire, la tension dans le pays est à son comble et personne n'arrive à se mettre d'accord. Tout en continuant à négocier, les stratèges iraniens ont recours à une vieille technique : refuser. L'AIEA prend acte du rejet iranien. Mais la porte ne sera jamais fermée.
La France au créneau
Dès janvier, la France monte au créneau. Elle réclame une nouvelle résolution à l'Onu. Aux Etats-Unis, le ton change. La politique de la main tendue, inaugurée par Barack Obama à son arrivée à la Maison-Blanche, est abandonnée, du moins en apparence. Le 27 janvier, lors de son discours sur l'état de l'Union, le président américain promet aux Iraniens des "conséquences croissantes" s'ils continuent d'ignorer leurs obligations internationales. "C'est une promesse", souligne-t-il. Les experts du groupe des Six commencent à discuter.
Pendant ce temps, en Iran, les hommes d'affaires chinois, mais aussi occidentaux, continuent de miser sur les gigantesques réserves de gaz et de pétrole du pays. Les Chinois signent un contrat de plus de seize milliards de dollars pour l'exploitation d'un gisement de gaz naturel. Alors qu'Angela Merkel appelle à un durcissement des sanctions, une société allemande passe un accord pour livrer une centaine de turbos compresseurs à l'industrie gazière pour un milliard d'euros.
L'atout maître de Téhéran
Bon joueur, bon stratège, Mahmoud Ahmadinejad en profite pour lancer son pavé dans la mare. Il déclare finalement mardi dernier qu'il n'y a finalement pas de problème pour réaliser l'échange proposé en octobre par l'AIEA. Les Chinois s'engouffrent dans la brèche. De passage à Paris, le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, estime qu'il faut continuer de négocier : "ce qui est urgent, c'est de poursuivre la négociation, le dialogue". Pékin n'est en fait pas mécontent de montrer à Washington que le Pays du Milieu a son propre agenda -les relations entre les deux pays se sont tendues ces dernières semaines et l'annonce de la rencontre entre Barack Obama et le dalaï lama a profondément irrité. Conséquence : la Russie, prête à suivre les Occidentaux, infléchit sa position. Son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, déclare à son tour que "si l'Iran est prêt à revenir à l'accord original, nous ne pouvons que le saluer".
C'est alors un peu le retour à la case départ. Les Occidentaux se retrouvent isolés. Pour ne pas apparaître comme ceux qui ferment la porte, les Etats-Unis renvoient la balle dans le camp iranien, "Si les propositions de Mahmoud Amadinejad reflètent un changement d'attitude, nous sommes impatients que l'Iran en informe l'AIEA", déclare la Maison-Blanche.
La stratégie de la division
Bref, six mois pour rien. Le groupe des Six est toujours divisé. Reste une inconnue, résumée dans un rapport déposé au Congrès par le directeur du renseignement militaire américain. "Ce pays a la capacité scientifique, technique et industrielle de produire des armes nucléaires. La question essentielle est donc de savoir s'il a la volonté politique de le faire", écrit Dennis Blair. Pendant ce temps, les centrifugeuses continuent de tourner pour enrichir l'uranium. En France, François Fillion réclame de nouvelles sanctions "Le régime iranien n'a pas voulu saisir nos offres de dialogue. Il a au contraire poursuivi sa fuite en avant. Le moment est donc venu d'agir", affirme le locataire de Matignon.
Assis sur ses réserves de gaz, les deuxièmes au monde, l'Iran dispose d'un atout maître dans la partie qui se joue. Le groupe des Six est désormais chargé de présenter une nouvelle résolution contre l'Iran aux Nations unies. D'un coté, on trouve les Etats intransigeants : la France, qui demande à ses entreprises de ne plus commercer avec Téhéran, ou les Etats-Unis, qui appliquent depuis plus de 20 ans l'un des embargos les plus durs vis-à-vis de Téhéran. De l'autre, les autres, pragmatiques ou carrément hostiles à la politique de sanctions, comme la Chine.
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Le nucléaire iranien de nouveau dans la ligne de mire
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