© AFPMardi dernier, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad abat la première carte du poker menteur qui commence. Il affirme que l'Iran n'a "pas de problèmes" pour accepter un éventuel échange de son uranium enrichi à 3% contre du combustible. Vendredi, son ministre des Affaires étrangères, qui s'invite à la 46ee conférence de Munich sur la Sécurité, déclare qu'il s'agit d'un accord final. Mais dimanche, virage à 180° : Mahmoud Ahmadinejad ordonne à son directeur de l'agence atomique de commencer la production d'uranium enrichi à 20%.
Le nucléaire iranien de nouveau dans la ligne de mire
Le Figaro affirme vendredi que l'Agence internationale de l'Energie atomique s'apprête, dans un rapport imminent, à "dénoncer sans ambiguïté le caractère militaire du programme nucléaire de Téhéran".
Publié le 14/10/2011
Nucléaire: les négociations de Genève finalement "constructives"
Les Six et l'Iran ont terminé lundi une première journée de négociations sur le nucléaire après 14 mois d'interruption, qualifiées de "constructives" par les deux parties et qui doivent reprendre mardi pour fixer un agenda de rencontres.
Publié le 06/12/2010
Nucléaire iranien : les discussions de Genève mal parties ?
Alors que les discussions ont repris à Genève après un an d'interruption, Téhéran a annoncé dimanche une nouvelle avancée dans son programme nucléaire. Une annonce jugée "préoccupante" par Washington.
Publié le 05/12/2010
Passe d'armes à l'Onu entre l'Iran et les Etats-Unis
En s'en prenant violemment aux Etats-Unis sur la question du nucléaire, Mahmoud Ahmadinejad a essuyé une cinglante réplique de la part d'Hillary Clinton. S'en est suivi un échange houleux entre les représentants des deux pays.
Publié le 04/05/2010
L'Iran accélère sa course à l'uranium enrichi
Etape supplémentaire dans le bras de fer qui oppose les autorités iraniennes aux pays occidentaux, Mahmoud Ahmadinejad a annoncé dimanche le lancement de la production d'uranium enrichi à 20%.
Publié le 07/02/2010
Nucléaire : l'Iran s'agite, les Etats-Unis avertissent
Téhéran a annoncé dimanche qu'il s'apprêtait à examiner la possibilité de produire de l'uranium enrichi à 20% et à construire 10 nouvelles usines d'enrichissement. Deux annonces que Washington goûte peu.
Publié le 29/11/2009
L'Iran prêt à accepter l'offre de coopération ?
Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, se dit favorable à l'échange de combustible proposé par les grandes puissances.
Publié le 29/10/2009
A l'évidence, Téhéran cherche à gagner du temps au moment où les experts et les directeurs politiques du groupe des Six tentent de se mettre d'accord sur un nouveau train de sanctions -les discussions entre les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne ont repris en janvier.
Le malentendu
L'objectif des autorités iraniennes reste inchangé. Il s'agit d'éviter un durcissement des sanctions tout en poursuivant leur politique d'enrichissement.
Pourtant, cet automne, le monde a cru, un instant, qu'un accord allait être signé. Courant octobre, l'Iran accepte ainsi de retrouver à Genève le groupe des Six pour entamer des négociations. Téhéran fait savoir à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) que son réacteur de recherche a besoin de combustible enrichi à 20%. Le 21 octobre, l'AIEA fait une proposition au négociateur iranien : 1.200 kilos d'uranium enrichi à 3% (soit la quasi-totalité des stocks) seront livrés à la Russie qui, avec l'aide de la France, procédera à l'enrichissement. En faisant sortir d'Iran l'uranium enrichi, les négociateurs espèrent ralentir la marche en avant vers la fabrication de l'arme nucléaire.
Mais, en novembre, l'offre est rejetée. Officiellement, la confiance n'a pas été établie. En fait, à Téhéran, la classe dirigeante se déchire, la tension dans le pays est à son comble et personne n'arrive à se mettre d'accord. Les diplomates iraniens ont donc recours à une vieille technique, celle de dire "non", tout en affirmant vouloir négocier. La communauté internationale hausse le ton et fixe un ultimatum, à fin décembre.
Vers un nouveau train de sanctions
Aux Etats-Unis, le ton change. La politique de la main tendue, inaugurée par Barack Obama, est abandonnée, du moins en apparence. Le 27 janvier, le président américain, lors de son discours sur l'état de l'Union, "promet" aux Iraniens des "conséquences croissantes" s'ils continuent d'ignorer leurs obligations internationales. La France monte aussi au créneau et réclame une nouvelle résolution à l'Onu. "Le régime iranien n'a pas voulu saisir nos offres de dialogue. Il a au contraire poursuivi sa fuite en avant. Le moment est donc venu d'agir", déclare François Fillion en milieu de semaine dernière.
La Chine, l'atout maître de Téhéran
Pendant ce temps, en Iran, les hommes d'affaires chinois, mais aussi occidentaux, continuent de miser sur les gigantesques réserves de gaz et de pétrole du pays. La Chine signe par exemple un contrat de plus de 16 milliards de dollars pour l'exploitation d'un gisement. Ce contrat fait suite à de nombreux autres. Alors, lorsque Mahmoud Ahmadinejad déclare mardi dernier qu'il n'y a finalement pas de problème pour réaliser l'échange proposé en octobre par l'AIEA, les Chinois s'engouffrent dans la brèche. Le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, de passage à Paris, estime que "ce qui est urgent, c'est de poursuivre la négociation, le dialogue". Pékin a en en fait le sens des affaires. En agissant ainsi, l'empire du milieu veut aussi montrer à Washington qu'il possède son propre agenda -les relations entre les deux pays se sont en effet tendues ces dernières semaines et l'annonce de la rencontre entre Barack Obama et le dalaï lama a profondément irrité Pékin.
La Russie, prête à suivre les Occidentaux, infléchit également sa position. Son chef de la diplomatie, Serguei Lavrov, déclare à son tour que "si l'Iran est prêt à revenir à l'accord original, nous ne pouvons que le saluer".
La stratégie de la division
C'est un peu le retour à la case départ. Les Occidentaux sont divisés entre ceux qui réclament des sanctions et ceux qui n'en veulent pas. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Mike Hammer, embarrassé, déclare que "si les propos de Mahmoud Ahmadinejad reflètent un changement d'attitude, nous sommes impatients que l'Iran en informe l'AIEA". Mais le nouveau patron de l'AIEA, Yukiya Amano, fait savoir samedi qu'il n'a reçu aucune contre-proposition de l'Iran.
Les Iraniens perdent la manche
Alors que la possibilité de faire voter à l'Onu un nouveau train de sanctions s'éloigne, Mahmoud Ahmadinejad fait volte-face. Dimanche, il annonce, sous forme de défi, que l'Iran va commencer à enrichir seul l'uranium. "J'avais dit : donnons (aux grandes puissances) deux à trois mois (pour conclure un accord d'échange d'uranium). S'ils ne sont pas d'accord, nous commencerons nous-mêmes", assène-t-il. "M. Salehi, commencez la production d'uranium enrichi à 20%", lance-t-il ensuite au chef de l'agence iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi. Un ordre qui devrait être à effet quai immédiat. "La lettre officielle de l'Iran sur le début des activités d'enrichissement à 20%, destiné à fournir du combustible au réacteur de Téhéran, a été remis à l'AIEA", a ainsi déclaré ce lundi Asghar Soltanieh, le représentant iranien auprès de l'AIEA.
La réaction ne se fait pas attendre. Le ministre américain de la Défense, Robert Gates, appelle immédiatement la communauté internationale à "faire front commun pour faire pression" sur l'Iran. "Personne n'a tenté de dialoguer avec l'Iran plus sincèrement que le président Obama. La communauté internationale a offert au gouvernement iranien de multiples occasions de fournir des garanties sur ses intentions. Les résultats ont été très décevants", souligne-t-il lors de son passage à Rome, dimanche.
Résultat : six mois pour rien. L'Iran continue d'enrichir son uranium et la communauté internationale sort divisée de l'épreuve. "Ce pays a la capacité scientifique, technique et industrielle de produire des armes nucléaires. La question essentielle est donc de savoir s'il a la volonté politique de le faire" écrivait dernièrement Dennis Blair, le directeur du renseignement militaire américain, dans un rapport déposé au Congrès. C'est toute la question.
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