Du béton sur les discussions israélo-palestiniennes

Par TF1 News (D'après agences), le 11 mars 2010 à 11h21 , mis à jour le 11 mars 2010 à 16h51

Mahmoud Abbas refuse de reprendre le dialogue avec Israël sans l'abandon du projet de 1600 logements envisagé par Israël à Jérusalem-est. La crise menace la stabilité du gouvernement Netanyahu.

Benjamin NetanyahuImage d'archives : Benjamin Netanyahu © ABACA

On a beau assurer, côté israélien, que "la crise avec les Etats-Unis est derrière nous", et Joe Biden a beau dire qu'il "apprécie" les marques de repentir d'israël, la tension a laissé des traces. Elle est montée très vite, en moins de deux jours : mardi, le ministère israélien de l'Intérieur annonçait un projet de construction de 1600 logements à Ramat Shlomo, un quartier juif orthodoxe érigé dans le secteur de Jérusalem-est, dont l'annexion par Israël en 1967 n'est pas reconnue par la communauté internationale. L'annonce déclenchait aussitôt une sérieuse crise diplomatique avec l'administration Obama, en pleine visite du vice-président américain en Israël et en Cisjordanie, et la colère des Palestiniens. Et dès mercredi, le président palestinien Mahmoud Abbas informait la Ligue arabe qu'il ne renouerait pas le dialogue avec Israël sans l'annulation du projet, pendant que Joe Biden accusait le gouvernement israélien de "saper la confiance nécessaire à des négociations fructueuses". Désormais, les discussions de paix sont donc une nouvelle fois bloquées, et en Israël même, l'affaire menace de faire vaciller le gouvernement Netanyahu.

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Le Premier ministre israélien a fait part de ses "regrets" à Joe Biden. Il a convoqué le ministre de l'Intérieur Elie Yshaï pour lui signifier son "mécontentement", selon un communiqué de ses services, lui reprochant d'avoir choisi un moment "non judicieux" pour annoncer le projet de constructions à Jérusalem. Et le texte du ministère d'ajouter "qu'il n'y avait pas lieu de faire avancer le processus de planification urbaine cette semaine". A la radio publique, le secrétaire du cabinet israélien, Tzvi Hauser, a qualifié "d'erreur" l'annonce de constructions à Jérusalem-est durant la visite du vice-président américain : "Cela a abouti à un échec et ne doit pas se reproduire".

Les travaillistes menacent

Ce que l'on reproche donc à l'annonce, au sein du gouvernement israélien, c'est surtout qu'elle tombait au mauvais moment. Pour autant, Tzvi Hauser n'en juge pas moins que "la construction (à Jérusalem-est) continuera en fonction des besoins". Israël considère Jérusalem comme sa capitale "éternelle et indivisible", alors que les Palestiniens veulent établir dans le secteur oriental la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. Quelque 270.000 Palestiniens vivent à Jérusalem-est. Environ 200.000 Israéliens sont installés dans une douzaine de nouveaux quartiers du secteur oriental.

Mais l'affaire suscite aussi de vives tensions au sein même de la coalition gouvernementale. "Il est de plus en plus difficile pour nous, les travaillistes, de continuer à siéger dans ce gouvernement", a menacé le ministre de l'Agriculture Shalom Simhon. Et de rappeler que sa formation avait rallié, il y a un an, le gouvernement de droite de Netanyahu précisément "pour relancer le processus de paix avec les Palestiniens". Le Parti travailliste, dirigé par l'influent ministre de la Défense Ehud Barak, compte 13 élus sur un total de 120 au Parlement. 

 
Par TF1 News (D'après agences) le 11 mars 2010 à 11:21
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