"Obama reprendra le dossier israélo-palestinien en main en 2011"

Par , le 24 mars 2010 à 17h17 , mis à jour le 24 mars 2010 à 21h46

Interview - Spécialiste de la politique étrangère américaine, Barthélémy Courmont estime sur TF1 News que le président américain, gêné par les élections de mi-mandat et l'intransigeance de Benjamin Netanyahu, restera néanmoins ferme avec Israël jusqu'à l'année prochaine.

Abbas Obama NetanyahuPhoto-montage de gauche à droite : Mahmoud Abbas, Barack Obama et Benjamin Netanyahu

Barthélémy CourmontChercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques, Barthélémy Courmont est titulaire par intérim de la Chaire Raoul Dandurand en études stratégiques et diplomatiques à l'Université du Québec à Montréal. 

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TF1 News : Aucune photo, aucun debrief avec la presse après la rencontre Obama-Netanyahu à la Maison-Blanche mardi soir. C'est inhabituel. Est-ce pour autant significatif d'une mauvaise entente ou d'un mauvais contact ?
Barthélémy Courmont :
C'est difficile à dire. Une chose est sûre :  les deux hommes ne s'entendent pas particulièrement, notamment sur des points précis. Sans vouloir lire dans le marc de café, connaissant leurs divergences actuelles, il est évident que le ton a été ferme des deux côtés, notamment d'Obama. Je pense qu'il a joué l'épreuve de force mais que Benjamin Netanyahu est resté campé sur ses positions. D'où un entretien particulièrement musclé.
 
TF1 News : Lors du retour de Netanyahu au pouvoir au printemps dernier, les deux pays avaient exposé leurs divergences. Un an plus tard, la situation n'a pas changé, voire a empiré. Pourquoi ?
B.C. : Sans être sa priorité absolue, Barack Obama a fait du conflit israélo-palestinien un objectif de son mandat. Il n'a pas changé sa position et souhaite toujours régler le différend. Mais il s'est heurté rapidement à l'arrivée de Netanyahu. Cela n'a pas permis d'instaurer un dialogue de confiance entre les deux parties. Leur première rencontre, en mai 2009, avait été houleuse. Depuis, sans surprise, il n'y a pas eu d'amélioration. D'un côté, Israël n'a pas baissé pas la garde et n'a pas modifié sa position. De l'autre, Obama, qui n'a non plus pas infléchi la sienne, n'a pas réussi à convaincre Netanyahu. Ce sont en quelque sorte deux hommes qui se suivent à distance. Mais comme leurs divergences sont nombreuses, le clash était prévisible.
 
Il faut aussi noter un fait important : si l'opinion publique américaine est largement favorable à Israël, ce soutien est moins systématique et plus modéré que par le passé. L'Américain moyen fixe désormais une barrière qu'Israël ne devrait pas franchir. En raison du changement de cap imposé par Netanyahu, Obama estime donc qu'il ne peut pas se permettre un statu-quo et laisser faire à Israël ce qu'il veut, comme l'ont fait tous ses prédécesseurs avant lui en se disant "On n'y touche pas". Obama a des objectifs différents et veut vraiment reprendre le dossier en main.

exergue "Des pieds-de-nez"


 
TF1 News : Quand Joe Biden arrive en Israël, l'Etat hébreu notifie  la construction de 1.600 logements à Jérusalem-est. Quand Benjamin Netanyahu se déplace à Washington, 200 nouveaux logements sont annoncés. A chaque fois, cela ressemble à un bras d'honneur.
B.C. :
On peut aussi rajouter le fait que Netanyahu se soit rendu au congrès de l'Aipac (ndlr : le principal lobby juif aux Etats-Unis) avant d'aller à la Maison-Blanche. Néanmoins, le terme "bras d'honneur" est peut-être un trop fort. J'utiliserais plutôt celui de "pied-de-nez". Comme Netanyahu estime que les Etats-Unis sont bloqués dans leur politique proche-orientale par l'influence des lobbys, il continue à tenir un discours ferme. Il se rend ainsi à Washington mais il maintient ses exigences.
 
TF1 News : Si l'on doit faire un bilan de la visite, Netanyahu a de fait opposé une fin de non-recevoir à Obama sur les colonies à Jérusalem, ce qui bloque le processus de paix. Quelle est désormais la marge de manœuvre pour Obama, dont les élections de mi-mandat en novembre approchent ?
B.C. : Il est sûr qu'il va essentiellement consacrer les mois à venir à consolider les démocrates sur le plan intérieur. Sur le conflit israélo-palestinien, il a aujourd'hui deux options pour sortir du blocage. Tout d'abord, convaincre les Américains qu'on ne peut pas rester inactif et qu'il faut en faire une de ses priorités. Comme c'est trop difficile, il est très peu probable qu'il fasse ce choix. Je pense qu'il va donc continuer à tenir un discours ferme envers Israël. Mais il évitera de se mettre en avant pour éviter de prendre des coups avant novembre. Sauf si un nouvel embrasement exige une intervention rapide, il reportera le dossier à l'année prochaine.
 
TF1 News : De son côté, jusqu'où peut aller Netanyahu dans la confrontation avec son allié américain de toujours ?
B.C. :
A chaque fois, ses pieds-de-nez sont des tests grandeur nature pour "voir" jusqu'où va la patience des Etats-Unis. Sur le court terme, il sait qu'il est en position de force et qu'on ne peut pas faire grand-chose pour l'empêcher de faire ce qu'il veut. Mais cette attitude est dangereuse. Les Américains se lassent du conflit et leur regard envers Israël devient de plus en plus critique. Sur le long terme, le soutien de l'administration et de la population pourrait être modifié.

Par Fabrice Aubert le 24 mars 2010 à 17:17
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4 Commentaires

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  • snoldj, le 25/03/2010 à 18h42

    Bonsoir tout le monde,    J'ai comme l'impression que Mr. Barak Obama a oublie qu'Israel est un pays libre et Souverain. ce n'est pas les pays de la Caraibe notamment Haiti ou les membres de son gouvernement  font ce qu'ils veulent. Si vraiment il est un homme de Paix et non un homme de PEUR, il doit laisser au President Natanyahu de prendre le destin de son pays en main. Snoldj

  • samsara1971, le 25/03/2010 à 08h22

    Nous ne sommes pas au pays de mickey ....

  • paixmondiale, le 24/03/2010 à 21h50

    Bonjour, pour DESARMER-DEMILITARISER les pays en équilibre des pays et des évolutions, il n'y a pas de temps à perdre. les évolutions dangereuses peuvent générer des risques pour les populations. AIEA mai 2010 - il faut que les pays s'engagent à ne plus développer les missiles nucléaires et il faut que les pays s'engagent à démonter le matériel dangereux vous en souhaitant bonne réception

  • foncteur, le 24/03/2010 à 21h00

    De toute façon, ces gens ne seront jamais d'accord, alors que quelqu'un s'en occupe ou pas, maintenant ou en 2011, ça ne changera rien puisqu'aucune volonté n'existe de part et d'autre.

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