Photo-montage de gauche à droite : Mahmoud Abbas, Barack Obama et Benjamin Netanyahu
Chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques, Barthélémy Courmont est titulaire par intérim de la Chaire Raoul Dandurand en études stratégiques et diplomatiques à l'Université du Québec à Montréal.
Proche-Orient : Obama relance les discussions début septembre
Le président américain participera lui-même le 1er septembre à la réunion de reprise du dialogue direct israélo-palestinien, à laquelle se joindront aussi la Jordanie et l'Egypte. Objectif : aboutir à un accord d'ici un an.
Publié le 20/08/2010
A quoi joue Netanyahu ?
<b> Eclairage -</b> Malgré les pressions de Barack Obama, le Premier ministre israélien reste ferme sur la question des colonies à Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville. Les explications du correspondant de TF1 News en Israël.
Publié le 25/03/2010
Double rencontre à l'abri des médias entre Netanyahu et Obama
Le Premier ministre israélien et le président américain se sont vus à deux reprises dans la même soirée. Au coeur des échanges: la crise déclenchée par l'annonce de 1.600 nouvelles constructions à Jérusalem-Est.
Publié le 24/03/2010
Le "Quartette" demande à Israël de geler la colonisation
Alors qu'Israël a mené des raids de représailles à Gaza dans la nuit après les tirs de roquettes de jeudi, l'Onu, l'UE, la Russie et les Etats-Unis ont dit vendredi matin "être profondément préoccupés" de la détérioration de la situation.
Publié le 19/03/2010
Colonies à Jérusalem-Est : Israël persiste et signe
Alors que sa décision a provoqué la colère palestinienne et une crise avec Barack Obama, Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, a réaffirmé ce lundi que la construction continuera dans le secteur arabe de ville.
Publié le 15/03/2010
Face à Israël, Hillary Clinton tape du poing sur la table
La secrétaire d'Etat américaine accuse Netanyahu de saper les relations avec Washington, après l'annonce du projet israélien de construction de logements en plein Jérusalem-est.
Publié le 13/03/2010
Jérusalem-Est au coeur d'une guerre immobilière
La rencontre entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu n'a débouché sur aucune avancée mardi. La colonisation à Jérusalem-Est empoisonne toujours les relations entre les deux alliés.
Publié le 24/03/2010
TF1 News : Aucune photo, aucun debrief avec la presse après la rencontre Obama-Netanyahu à la Maison-Blanche mardi soir. C'est inhabituel. Est-ce pour autant significatif d'une mauvaise entente ou d'un mauvais contact ?
Barthélémy Courmont : C'est difficile à dire. Une chose est sûre : les deux hommes ne s'entendent pas particulièrement, notamment sur des points précis. Sans vouloir lire dans le marc de café, connaissant leurs divergences actuelles, il est évident que le ton a été ferme des deux côtés, notamment d'Obama. Je pense qu'il a joué l'épreuve de force mais que Benjamin Netanyahu est resté campé sur ses positions. D'où un entretien particulièrement musclé.
TF1 News : Lors du retour de Netanyahu au pouvoir au printemps dernier, les deux pays avaient exposé leurs divergences. Un an plus tard, la situation n'a pas changé, voire a empiré. Pourquoi ?
B.C. : Sans être sa priorité absolue, Barack Obama a fait du conflit israélo-palestinien un objectif de son mandat. Il n'a pas changé sa position et souhaite toujours régler le différend. Mais il s'est heurté rapidement à l'arrivée de Netanyahu. Cela n'a pas permis d'instaurer un dialogue de confiance entre les deux parties. Leur première rencontre, en mai 2009, avait été houleuse. Depuis, sans surprise, il n'y a pas eu d'amélioration. D'un côté, Israël n'a pas baissé pas la garde et n'a pas modifié sa position. De l'autre, Obama, qui n'a non plus pas infléchi la sienne, n'a pas réussi à convaincre Netanyahu. Ce sont en quelque sorte deux hommes qui se suivent à distance. Mais comme leurs divergences sont nombreuses, le clash était prévisible.
Il faut aussi noter un fait important : si l'opinion publique américaine est largement favorable à Israël, ce soutien est moins systématique et plus modéré que par le passé. L'Américain moyen fixe désormais une barrière qu'Israël ne devrait pas franchir. En raison du changement de cap imposé par Netanyahu, Obama estime donc qu'il ne peut pas se permettre un statu-quo et laisser faire à Israël ce qu'il veut, comme l'ont fait tous ses prédécesseurs avant lui en se disant "On n'y touche pas". Obama a des objectifs différents et veut vraiment reprendre le dossier en main.
| "Des pieds-de-nez" |
TF1 News : Quand Joe Biden arrive en Israël, l'Etat hébreu notifie la construction de 1.600 logements à Jérusalem-est. Quand Benjamin Netanyahu se déplace à Washington, 200 nouveaux logements sont annoncés. A chaque fois, cela ressemble à un bras d'honneur.
B.C. : On peut aussi rajouter le fait que Netanyahu se soit rendu au congrès de l'Aipac (ndlr : le principal lobby juif aux Etats-Unis) avant d'aller à la Maison-Blanche. Néanmoins, le terme "bras d'honneur" est peut-être un trop fort. J'utiliserais plutôt celui de "pied-de-nez". Comme Netanyahu estime que les Etats-Unis sont bloqués dans leur politique proche-orientale par l'influence des lobbys, il continue à tenir un discours ferme. Il se rend ainsi à Washington mais il maintient ses exigences.
TF1 News : Si l'on doit faire un bilan de la visite, Netanyahu a de fait opposé une fin de non-recevoir à Obama sur les colonies à Jérusalem, ce qui bloque le processus de paix. Quelle est désormais la marge de manœuvre pour Obama, dont les élections de mi-mandat en novembre approchent ?
B.C. : Il est sûr qu'il va essentiellement consacrer les mois à venir à consolider les démocrates sur le plan intérieur. Sur le conflit israélo-palestinien, il a aujourd'hui deux options pour sortir du blocage. Tout d'abord, convaincre les Américains qu'on ne peut pas rester inactif et qu'il faut en faire une de ses priorités. Comme c'est trop difficile, il est très peu probable qu'il fasse ce choix. Je pense qu'il va donc continuer à tenir un discours ferme envers Israël. Mais il évitera de se mettre en avant pour éviter de prendre des coups avant novembre. Sauf si un nouvel embrasement exige une intervention rapide, il reportera le dossier à l'année prochaine.
TF1 News : De son côté, jusqu'où peut aller Netanyahu dans la confrontation avec son allié américain de toujours ?
B.C. : A chaque fois, ses pieds-de-nez sont des tests grandeur nature pour "voir" jusqu'où va la patience des Etats-Unis. Sur le court terme, il sait qu'il est en position de force et qu'on ne peut pas faire grand-chose pour l'empêcher de faire ce qu'il veut. Mais cette attitude est dangereuse. Les Américains se lassent du conflit et leur regard envers Israël devient de plus en plus critique. Sur le long terme, le soutien de l'administration et de la population pourrait être modifié.
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