Iran : un opposant en exil appelle à renverser le régime

Par Patricia ALLEMONIERE, envoyée spéciale à Londres, le 19 mars 2010 à 17h46 , mis à jour le 19 mars 2010 à 18h50

A la veille du Nouvel An iranien, Amir Jahanchahi lance un appel pour fédérer l'opposition et créer un leadership en exil. A Téhéran, les autorités ont quant à elles marqué des points en arrivant à contenir les dernières manifestations.

Amir Jahanchahi Amir Jahanchahi © DR

"Depuis un an et demi, je sentais que mon peuple était mûr, le régime était divisé, mais aussi le clergé et les Gardiens de la Révolution". L'homme qui parle appelle au renversement du régime iranien. Amir Jahanchi  vit depuis 1979 en Europe. Il a fait ses études en France avant de devenir financier et essayiste. En 2001, il publie Vaincre le troisième totalitarisme et en 2009 L'Hitler iranien.

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Aujourd'hui,  cet homme de 50 ans, qui a, un temps, inquiété Jean-Marie Messier, se met au service de la "révolution". Elle a commencé, dit-il. "C'est comme un 1979, cela ne va pas se faire  du jour au lendemain, cela prendra du temps  et coûtera cher aux Iraniens". A l'écouter, les Iraniens sont prêts. Il leur faut un leadership. A la question de savoir si Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi peuvent exercer cette responsabilité, il répond par non.  "Ils ne sont pas convaincus qu'il faut un changement de régime. Ils pensent encore que l'on peut faire évoluer le régime dans le cadre de la Constitution".
 
L'appel de Londres

A Paris, en octobre dernier, il faisait un premier appel à renverser le régime, resté sans suite. L'échec des dernières manifestations, en février de cette année, l'amène à relancer son projet. A Londres, il a présenté un plan d'action qui se décline en trois parties.
 
- Fédérer la diaspora sans pour autant "créer un nouveau parti". L‘opposition en exil est "très fragmentée", souligne-t-il. "Personne ne veut en prendre la responsabilité". Il fallait un homme pour jouer ce rôle, ce sera Mehrad Khonsari, ancien bras droit de Chapour Bakhtiar et proche du Chah. Il va diriger, avec lui,  la vague verte de l'extérieur. "La seule chose que l'on demande aux forces que l'on va aider, c'est qu'elles soient démocratiques et pour le changement de régime. Nous aiderons les groupes d'opposition sur des projets concrets". Une quarantaine de bureaux dans le monde vont être ainsi créés pour servir de relais.
 
- Organiser la résistance. Amir Jahanchi  se propose d'apporter un soutien financier et logistique au mouvement vert en Iran. Il faut  que "ces hommes et ces femmes courageuses" qui œuvrent  dans la clandestinité s'organisent en mouvement de résistance. "Il y aura des grèves dans les secteurs qui ne sont pas contrôlés par les Gardiens de la Révolution". Son objectif : bloquer le pays.
 
- Préparer le futur.  Amir Jahanchi propose de mettre sur pied un comité d'experts. Il sera chargé de plancher sur une plateforme visant à établir un gouvernement provisoire. "Ils devront définir ce qui se passera après la chute du régime. Ce n'est pas aux Américains et aux Européens de nous dire ce que l'on doit faire". 80% des membres de ce gouvernement seront des gens de l'intérieur, précise-t-il. Au programme, une réforme de la  constitution, de  la justice, du droit des minorités et des structures économiques. "70% aujourd'hui sont aux mains des Gardiens de la Révolution".  "On ne refera pas l'erreur des Américains en Irak", dit-il en ajoutant qu'il n'est pas question d'éliminer ceux qui travaillent aujourd'hui pour le régime. "Nous en aurons besoin". Seul critère pour être maintenu en place : adhérer aux principes démocratiques de la future nouvelle république d'Iran.
 
Pas candidat
 

La question

iran manifestation 7 décembre 2009

Se dirige-t-on vers une Révolution en Iran ?

Oui
Non

 

A la question de savoir ce qu'il fera si le régime s'écroule, il répond qu'il ne sera pas candidat à la magistrature suprême. Il retournera à ses affaires.  "J'annonce que je ne veux jouer aucun rôle après la chute du régime... Je ne participerai pas au gouvernement provisoire". 
 

Il est convaincu qu'en cas d'échec du mouvement, la région va s'embraser. "Le risque de guerre est certain", martèle-t-il. "La bombe iranienne n'est pas une bombe de dissuasion mais de conquête du pouvoir". Selon lui, elle permettra à Mahmoud Ahmadinejad  d'imposer des régimes totalement à sa solde, en Irak, au Liban mais aussi dans d'autres pays arabes. "C'est pour cela qu'ils ont peur, aujourd'hui. Nous avons moins de deux ans devant nous", précise-t-il à ses interlocuteurs. "Je ne suis pas de ces gens qui acceptent ce que tout le monde accepte", ajoute-il avant de nous raccompagner. Il pense à ceux pour qui l'acquisition de l'arme nucléaire par l'Iran est inévitable.

Par Patricia ALLEMONIERE, envoyée spéciale à Londres le 19 mars 2010 à 17:46
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2 Commentaires

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  • terry_dallas_tx, le 19/03/2010 à 22h59

    Ben, il est comme de Gaulle: en exil, tentant d'organiser la resistance.

  • rpjbrpjb, le 19/03/2010 à 19h24

    C'est tout de même incroyable comme la France à le don de produire des opposants au régime iranien. Aprés l'ayatolat Komeiny, c'est autour de ce monsieur. Lui il est en France bien au chaud et bien à l'abris. Il ne se mouille pas beaucoup. Contraîrement à ceux qui se sont mobilisés lors des dernières manifestations, et qui ont trouvé la mort. Aller mec te dégonfle pas, abandonne ton porte-voie, retourne en Iran et fait toi entendre

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