Amir Jahanchahi © DR"Depuis un an et demi, je sentais que mon peuple était mûr, le régime était divisé, mais aussi le clergé et les Gardiens de la Révolution". L'homme qui parle appelle au renversement du régime iranien. Amir Jahanchi vit depuis 1979 en Europe. Il a fait ses études en France avant de devenir financier et essayiste. En 2001, il publie Vaincre le troisième totalitarisme et en 2009 L'Hitler iranien.
Quand Obama parle d'internet aux Iraniens
A l'occasion du Nouvel An iranien, le président américain a adressé un message aux habitants du pays. Il y accuse les autorités iraniennes d'avoir choisi l'isolement... et promet un internet libre.
Publié le 20/03/2010
La crise iranienne, une crise sans précédent chez les mollahs
Depuis la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, l'Iran traverse une crise sans précédent. Osant défier le régime, les manifestations se multiplient pour réclamer la démocratie. La répression s'intensifie.
Publié le 10/01/2010
L'Iran bannit les contacts avec 60 ONG
Téhéran interdit désormais à ses citoyens tout "contact" avec 60 organisations non-gouvernementales occidentales, ainsi qu'avec les médias étrangers en persan et des sites internet d'opposition.
Publié le 05/01/2010
Neda Soltani, la fausse "Ange de la mort" iranienne et Facebook
Victime d'une méprise sur le site de socialisation, Neda Soltani, une jeune Iranienne, a été confondue avec Neda Agha-Soltan, tuée le 20 juin lors d'une manifestation à Téhéran. Depuis, sa vie est un enfer.
Publié le 04/03/2010
Pour la fête de la Révolution, l'opposition iranienne défie le régime
Entre rassemblements officiels et manifestations de l'opposition, le 31e anniversaire de la Révolution islamique s'est déroulé sous haute tension jeudi. De nombreux heurts ont eu lieu un peu partout dans le pays.
Publié le 11/02/2010
Aujourd'hui, cet homme de 50 ans, qui a, un temps, inquiété Jean-Marie Messier, se met au service de la "révolution". Elle a commencé, dit-il. "C'est comme un 1979, cela ne va pas se faire du jour au lendemain, cela prendra du temps et coûtera cher aux Iraniens". A l'écouter, les Iraniens sont prêts. Il leur faut un leadership. A la question de savoir si Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi peuvent exercer cette responsabilité, il répond par non. "Ils ne sont pas convaincus qu'il faut un changement de régime. Ils pensent encore que l'on peut faire évoluer le régime dans le cadre de la Constitution".
L'appel de Londres
A Paris, en octobre dernier, il faisait un premier appel à renverser le régime, resté sans suite. L'échec des dernières manifestations, en février de cette année, l'amène à relancer son projet. A Londres, il a présenté un plan d'action qui se décline en trois parties.
- Fédérer la diaspora sans pour autant "créer un nouveau parti". L‘opposition en exil est "très fragmentée", souligne-t-il. "Personne ne veut en prendre la responsabilité". Il fallait un homme pour jouer ce rôle, ce sera Mehrad Khonsari, ancien bras droit de Chapour Bakhtiar et proche du Chah. Il va diriger, avec lui, la vague verte de l'extérieur. "La seule chose que l'on demande aux forces que l'on va aider, c'est qu'elles soient démocratiques et pour le changement de régime. Nous aiderons les groupes d'opposition sur des projets concrets". Une quarantaine de bureaux dans le monde vont être ainsi créés pour servir de relais.
- Organiser la résistance. Amir Jahanchi se propose d'apporter un soutien financier et logistique au mouvement vert en Iran. Il faut que "ces hommes et ces femmes courageuses" qui œuvrent dans la clandestinité s'organisent en mouvement de résistance. "Il y aura des grèves dans les secteurs qui ne sont pas contrôlés par les Gardiens de la Révolution". Son objectif : bloquer le pays.
- Préparer le futur. Amir Jahanchi propose de mettre sur pied un comité d'experts. Il sera chargé de plancher sur une plateforme visant à établir un gouvernement provisoire. "Ils devront définir ce qui se passera après la chute du régime. Ce n'est pas aux Américains et aux Européens de nous dire ce que l'on doit faire". 80% des membres de ce gouvernement seront des gens de l'intérieur, précise-t-il. Au programme, une réforme de la constitution, de la justice, du droit des minorités et des structures économiques. "70% aujourd'hui sont aux mains des Gardiens de la Révolution". "On ne refera pas l'erreur des Américains en Irak", dit-il en ajoutant qu'il n'est pas question d'éliminer ceux qui travaillent aujourd'hui pour le régime. "Nous en aurons besoin". Seul critère pour être maintenu en place : adhérer aux principes démocratiques de la future nouvelle république d'Iran.
Pas candidat
A la question de savoir ce qu'il fera si le régime s'écroule, il répond qu'il ne sera pas candidat à la magistrature suprême. Il retournera à ses affaires. "J'annonce que je ne veux jouer aucun rôle après la chute du régime... Je ne participerai pas au gouvernement provisoire".
Il est convaincu qu'en cas d'échec du mouvement, la région va s'embraser. "Le risque de guerre est certain", martèle-t-il. "La bombe iranienne n'est pas une bombe de dissuasion mais de conquête du pouvoir". Selon lui, elle permettra à Mahmoud Ahmadinejad d'imposer des régimes totalement à sa solde, en Irak, au Liban mais aussi dans d'autres pays arabes. "C'est pour cela qu'ils ont peur, aujourd'hui. Nous avons moins de deux ans devant nous", précise-t-il à ses interlocuteurs. "Je ne suis pas de ces gens qui acceptent ce que tout le monde accepte", ajoute-il avant de nous raccompagner. Il pense à ceux pour qui l'acquisition de l'arme nucléaire par l'Iran est inévitable.
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