Iran: un an après, l'opposition ne manifeste pas mais donne de la voix

le 12 juin 2010 à 20h19 , mis à jour le 13 juin 2010 à 14h51

Un an après la réelection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, les principaux dirigeants de l'opposition ont annulé leur appel à manifester par crainte de déclencher une nouvelle vague de répression sanglante.

Mahmoud Ahmadinejad, interviewé au 20h de TF1, le 7 juin 2010Mahmoud Ahmadinejad, interviewé au 20h de TF1, le 7 juin 2010

L'opposition iranienne a lancé un appel à la liberté et la démocratie à l'occasion du premier anniversaire samedi de la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, marqué par une forte mobilisation policière qui a dissuadé les opposants de descendre dans la rue. Hors quelques incidents isolés, notamment sur les campus de deux universités de Téhéran, "aucun problème" n'a été signalé dans le pays, selon le commandant adjoint de la police, Ahmad Reza Radan. Toutefois, 91 personnes ont été arrêtées samedi à Téhéran lors de ce premier anniversaire, a déclaré le chef de la police du Grand Téhéran.

Plus d'infos

Les principaux dirigeants de l'opposition ont annulé leur appel à manifester par crainte de déclencher une nouvelle vague de répression sanglante comme celle  qui avait suivi l'élection de l'ultraconservateur Ahmadinejad provoquant l'une  des plus graves crises politiques dans la République islamique. Mais ils ont renouvelé leurs attaques contre le régime. Celui-ci "devrait aller vers une presse libre, des élections libres et le respect des droits du peuple, mais c'est le contraire qui se passe", a déploré l'ex-président réformateur du Parlement Mehdi Karoubi et l'un des candidats malheureux à la présidentielle du 12 juin 2009. Le régime "bâillonne le peuple, ferme les médias, organise des élections comme celle que nous avons vues l'an dernier, et remplit les prisons", a renchéri l'ex-Premier ministre Mir Hossein Moussavi, qui fut le principal rival de M. Ahmadinejad à l'élection.

"Incidents sporadiques"

La réélection de M. Ahmadinejad, entachée de fraudes massives selon l'opposition, a entraîné des mois de manifestations auxquelles le gouvernement a  mis fin au prix d'une répression sévère: des dizaines de morts, des milliers  d'arrestations et des centaines de condamnations dont plusieurs à mort. "La libération sans conditions des prisonniers politiques, la liberté de la presse, des élections libres sont les revendications minimales" du "mouvement vert" rassemblant l'opposition réformatrice, a rappelé Zahra Rahnavard, épouse de M. Moussavi.

Même s'il n'a pas réussi à museler totalement l'opposition réformatrice, le pouvoir est parvenu à reprendre le contrôle de la rue et briser la dynamique des manifestations de protestation à répétition contre le gouvernement Ahmadinejad qui ont secoué le pays jusqu'en décembre. L'opposition n'avait pas pu non plus manifesté lors de l'anniversaire de la révolution islamique le 11 février ou pour l'anniversaire de la mort de l'imam Khomeiny le 4 juin.

le 12 juin 2010 à 20:19
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