Cargo libyen chargé d'aide destinée aux Palestiniens (10 juillet 2010) © TF1/LCIL'assaut, filmé, et dont les vidéos ont depuis lors été vues dans le monde entier, avait eu un impact dévastateur pour l'image d'Israël : le 31 mai dernier, une flottille internationale pro-palestinienne transportant du matériel humanitaire à destination de Gaza avait été arraisonnée par la marine israélienne dans une opération au cours de laquelle neuf Turcs avaient été tués. Deux bateaux grecs, partis du port du Pirée près d'Athènes, en faisaient partie. Israël avait assuré que ses commandos ont utilisé la force pour se défendre après être tombés dans une embuscade. Mais après le tollé suscité par ce raid meurtrier, Israël a dû assouplir le strict blocus imposé à Gaza depuis juin 2007 et la prise du territoire par le Hamas islamiste.
Gaza : Israël lève son embargo sur les marchandises civiles
L'Etat hébreu a confirmé dimanche qu'il levait l'embargo sur tous les "biens à usage civil" à Gaza, tout en maintenant son blocus maritime pour empêcher l'importation de matériel de guerre dans ce territoire palestinien.
Publié le 21/06/2010
Israël allège le blocus de Gaza, Washington satisfait
Face à la pression internationale, le gouvernement israélien a décidé de faciliter l'entrée de "biens à usage civil" et de "matériaux pour des projets civils" dans l'enclave. Pour les Etats-Unis, c'est "un pas dans la bonne direction".
Publié le 17/06/2010
La commission d'enquête israélienne : "du café sans caféine"
Israël va créer une commission d'enquête sur l'assaut contre une flottille d'aide pour Gaza. Elle comportera des "observateurs" étrangers au rôle limité. En Israël, certains la dénoncent déjà et parlent de "commission sans enquête".
Publié le 14/06/2010
Flottille: Israël toujours sous pression internationale
Les Etats-Unis, l'un des rares pays à ne pas avoir condamné Israël pour le raid contre la flottille de Gaza, ont joint mardi leurs voix aux appels à une enquête internationale sur les faits malgré le refus de l'Etat hébreu.
Publié le 08/06/2010
Mais les projets visant à défier ce blocus pourraient se multiplier. Il y a eu ceux d'une flottille iranienne, d'un cargo libanais... Cette fois, c'est une organisation caritative dirigée par Seif Al-Islam Kadhafi, le fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, qui a annoncé son intention de forcer le blocus avec un navire parti de la Grèce.
Israël écrit à l'ONU, et menace
Basée à Tripoli, la Fondation Kadhafi pour le développement a annoncé que le cargo était "chargé d'environ 2000 tonnes d'aide humanitaire sous forme de denrées alimentaires et de médicaments". Le bateau transporterait également "des personnes qui souhaitent exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien qui souffre du blocus imposé à Gaza", avait ajouté la Fondation dans un communiqué.
Israël hausse le ton. "Israël ne permettra pas au bateau de décharger sa cargaison directement au port de Gaza", a mis en garde dimanche à la radio publique le ministre sans portefeuille Yossi Peled, du Likoud. Il a estimé qu'un tel précédent "aurait des conséquences très graves d'un point de vue sécuritaire", pour Israël, l'ouverture du port de Gaza pouvant permettre, selon lui d'introduire massivement des armes dans la bande de Gaza, placée sous contrôle du Hamas, en lutte ouverte contre Israël. De son côté le ministre de la Défense Ehud Barak a qualifié dans la nuit de samedi à dimanche, la nouvelle tentative de briser le blocus de "provocation superflue".
Cap sur l'Egypte, ou cap sur Gaza ?
La veille, Israël avait demandé à l'ONU d'intervenir pour stopper mettre un coup d'arrêt à ce projet. L'ambassadrice d'Israël aux Nations unies, Gabriela Shalev, avait envoyé une lettre au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, demandant une intervention de la communauté internationale pour empêcher le navire d'approcher du petit territoire palestinien, selon le site internet du quotidien Haaretz. "Israël appelle la communauté internationale à exercer son influence sur le gouvernement de la Libye, à faire preuve de responsabilité et empêcher le navire de partir pour la bande de Gaza", avait-elle écrit, selon Haaretz. L'ambassadrice d'Israël aux Nations unies avait prévenu qu'Israël "se réservait le droit, dans le cadre des lois internationales, d'empêcher ce navire de briser le blocus".
Mais pour Israël, la solution semble devoir venir plutôt de contacts diplomatiques bilatéraux, et non des institutions internationales. Les autorités israéliennes ont ainsi bon espoir que le bateau n'atteindra jamais Gaza : "Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman s'est entretenu à plusieurs reprises ces derniers jours avec les ministres des Affaires étrangères de Grèce et de Moldavie et ils se sont entendus sur la question du navire libyen", a ainsi fait savoir samedi la diplomatie israélienne. Et toujours selon les autorités israéliennes, ce sont les autorités moldaves qui sont ensuite entrées en contact avec le capitaine du cargo, qui aurait accepté de dévier le navire vers le port égyptien d'El-Arich. Toutefois, un responsable de l'association libyenne à l'initiative du projet a indiqué que le navire maintenait fermement le cap sur Gaza.
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