L'orage gronde au Liban

Par TF1 News, le 04 août 2010 à 07h20 , mis à jour le 04 août 2010 à 10h09

Le regain de tension avec Israël s'ajoute aux craintes de possibles poursuites contre des membres du Hezbollah par le "Tribunal Hariri".

nasrallah hezbollah video 3 août 2010Hassan Nasrallah, dans une vidéo diffusée aux membres du Hezbollah le 3 août 2010 © TF1/LCI

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Depuis quelques mois, les tensions entre l'Etat hébreu et le Hezbollah se sont accentuées, après les accusations lancées par Israël contre la Syrie, soupçonnée de fournir des missiles Scud au mouvement chiite. L'incident frontalier meurtrier survenu mardi entre l'armée libanaise et l'armée israélienne, aussitôt suivi d'une violente tirade du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, contre "l'ennemi sioniste", ravive le spectre du conflit de l'été 2006.

En 2006, tout avait commencé avec l'enlèvement par le Hezbollah de deux soldats israéliens à la frontière ; 34 jours de conflit entre l'Etat hébreu et le parti chiite avaient suivi, tuant plus de 1200 Libanais, en majorité des civils, et 160 Israéliens, en majorité des militaires. Mais Israël n'était pas parvenu à briser les capacités militaires du Hezbollah. Aujourd'hui, c'est une histoire d'arbre mal placé et déraciné qui a dégénéré en un incident frontalier qui a fait quatre morts : un lieutenant-colonel de l'armée israélienne, ainsi que deux soldats et un journaliste libanais.

Le président libanais Michel Sleimane a réuni dès mardi soir les responsables de la défense et a décidé de porter plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU. Ce dernier, qui s'est réuni à huis clos, s'est dit "profondément inquiet" au sujet des affrontements, et a rejoint l'appel à la retenue lancé par le secrétaire général de l'organisation, Ban Ki-moon. L'Union européenne a fait part de sa "profonde préoccupation", appelant les deux pays à "la plus grande retenue", comme les Etats-Unis, alors que la France les appelait "au sens des responsabilités". La Syrie a assuré le Liban de son soutien et l'Iran a condamné "l'incursion" de l'armée israélienne en territoire libanais.

"Ni silence, ni retenue"

Mais la réaction la plus vive est venue du chef du Hezbollah, dans un message vidéo adressé à ses partisans. Le message était attendu, puisqu'il s'inscrivait dans le cadre d'une cérémonie marquant la fin de la guerre de l'été 2006 ; mais sa teneur a été singulièrement modifiée. Il a promis que son mouvement ne resterait pas passif si Tsahal attaquait l'armée libanaise à l'avenir. "Je dis franchement que, partout où l'armée libanaise sera agressée et où il y aura une présence de la résistance, (...) la résistance n'observera ni le silence, (...) ni la retenue", a déclaré le dirigeant islamiste. "La main israélienne qui prend pour cible l'armée libanaise sera coupée". Si le Hezbollah n'est pas intervenu dès mardi, assure-t-il, c'est parce que les miliciens du Hezbollah n'en ont pas reçu l'ordre de l'armée : "Nous étions prêts à combattre et à nous défendre (...) mais la sagesse, l'intérêt et la loyauté ont fait que la résistance s'est mise à la disposition de l'armée qui se chargeait de cette confrontation", a déclaré Nasrallah, ajoutant : "Je ne m'attends pas à ce qu'une guerre éclate prochainement (...) mais il y a des raisons de s'inquiéter".

Car cet incident frontalier s'ajoute à une tension déjà vive au Liban depuis qu'on prête au Tribunal spécial, mis en place pour juger les commanditaires et auteurs de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri en février 2005, l'intention d'inculper des membres du Hezbollah. Or Hassan Nasrallah nie toute implication de son mouvement, présente volontiers le Tribunal comme un instrument d'Israël ; et il a accusé mardi Israël d'être responsable de la mort de l'homme d'Etat libanais. "Je vous dis aujourd'hui que nous accusons l'ennemi israélien d'avoir assassiné le martyr Rafic al Hariri le 14 février 2005", a-t-il déclaré à ses partisans. Il a promis qu'il apporterait des informations importantes à ce sujet lors d'une conférence de presse lundi prochain.

La perspective d'une mise en cause du Hezbollah, acteur incontournable de la politique libanaise, fait craindre un renouvellement des violences à caractère confessionnel de mai 2008 qui avaient opposé des partisans du sunnite Saad Hariri, fils de Rafic, et ceux du parti chiite, et fait une centaine de morts. La semaine dernière, le président syrien Bachar al-Assad et le roi Abdallah d'Arabie saoudite s'étaient rendus au Liban dans le but justement d'apaiser les tensions nées de cette annonce. La Syrie, alliée du Hezbollah dans la région et qui avait été montrée du doigt dans l'assassinat de Hariri, a toujours démenti toute implication dans cette affaire.

Un Palestinien tué à Gaza par Tsahal 

Un Palestinien a été tué et trois autres blessés par des soldats israéliens mercredi matin près de Khan Younes dans le sud de la bande de Gaza, ont indiqué des médecins et des témoins palestiniens.

Ces Palestiniens étaient des activistes en opération dans un secteur situé près de la clôture séparant Gaza du territoire israélien lorsque des chars israéliens ont tiré des obus dans leur direction, a-t-on ajouté de mêmes sources. Selon le porte-parole de l'armée, un groupe de Palestiniens qui tentait de dissimuler des engins piégés près de la clôture ont été repérés. Des soldats israéliens ont alors ouvert le feu vers eux et "touché" plusieurs d'entre eux, a ajouté le porte-parole.

Par TF1 News le 04 août 2010 à 07:20
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