L'Iranienne Sakineh libérée ? le Quai d'Orsay ne confirme pas

le 09 décembre 2010 à 21h52 , mis à jour le 09 décembre 2010 à 23h14

L'Iranienne, condamnée à mort par lapidation aurait été libérée ainsi que son fils et son avocat, affirme une source en Allemagne. Téhéran n'a fait aucune déclaration. Le Quai d'Orsay s'efforçait de vérifier l'information.

[Expiré] [Expiré] sakineh © AFP

L'information n'a pas été confirmée par les autorités iraniennes. Toutefois, l'espoir renaissait jeudi soir dparmiu les soutiens de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. L'Iranienne, condamnée à mort par lapidation, en faveur de qui la communauté internationale s'était mobilisée, aurait été libérée ainsi que son fils et son avocat, a affirmé le Comité anti-lapidation. 

Plus d'infos

 
"Nous avons reçu cette information d'Iran qu'ils sont libres", a ainsi déclaré Mina Ahadi, porte-parole du Comité international anti-lapidation, dont le siège est en Allemagne. "Nous attendons encore une confirmation: il y a apparemment ce soir un programme qui doit être diffusé à la télévision, et là, nous le saurons à 100%. Mais oui, nous avons entendu qu'elle est libre, et aussi son fils et son avocat", a-t-elle ajouté. 

Jeudi soir, Téhéran n'avait fait aucune déclaration officielle infirmant ou confirmant l'information. Des photos obtenues jeudi auprès de la chaîne iranienne en anglais Press-TV et diffusées par des agences internationales de presse montrent une rencontre entre Sakineh Mohammadi-Ashtiani et son fils, apparemment à son domicile. Elles semblent avoir été prises les 4 et 5 décembre lors de la préparation
d'une émission réalisée par Press-TV, et non encore diffusée, sur l'affaire
Mohammadi-Ashtiani, a appris l'AFP.

Aucun média iranien n'avait commenté jeudi soir les affirmations du Comité anti-lapidation basé en Allemagne, selon lesquelles cette Iranienne avait été libérée. Dans la soirée au contraire, la 4e chaîne iranienne diffusait une émission à charge destinée à prouver la culpabilité de Sakineh et dénonçant la campagne politique et le parti pris hostile des médias et dirigeants occidentaux dans cette affaire.

Pas de confirmation
 
Pour autant, Paris s'efforçait jeudi soir de vérifier l'information de la libération de l'Iranienne a indiqué le Quai d'Orsay, en précisant n'avoir pas confirmation de cette information. A Berlin, le ministère a dit ne pas être au courant de telles libérations: "Nous ne pouvons confirmer ces informations", a dit un porte-parole. En Italie, toutefois, on faisait preuve de moins de circonspection :  le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini s'est réjoui de la libération de Mme Mohammadi-Ashtiani, la qualifiant de "belle journée pour les droits de l'Homme".

A Paris, le philosophe français Bernard-Henri Lévy a fait part de son profond scepticisme sur la libération de Sakineh. "C'est plus que le doute hélas. On est peut-être en présence d'une énorme et monstrueuse manipulation", a déclaré le philosophe qui mène une campagne active pour obtenir la libération de Sakineh.
 
Sakineh Mohammadi-Ashtiani, emprisonnée à Tabriz (nord-ouest de l'Iran), a été condamnée à mort par deux tribunaux différents en 2006 pour son implication dans le meurtre de son mari. Sa condamnation pour meurtre a été ramenée à 10 ans de prison en appel en 2007, mais sa condamnation à la lapidation pour adultères a été confirmée la même année par une autre cour d'appel. La révélation de cette affaire en juillet par des associations de droits de l'homme a provoqué une vive émotion en Occident, de nombreux pays demandant que cette sentence "barbare" ne soit pas appliquée.

Vie épargnée
 
En juillet, Téhéran a indiqué que la sentence avait été "suspendue" dans l'attente d'une révision du cas de Mme Mohammadi-Ashtiani, toujours en cours.  Le 22 novembre, le chef du Conseil des droits de l'Homme iranien, Mohammad Javad Larijani, a estimé qu'il y avait "une bonne chance" pour que la justice iranienne épargne la vie de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, lors d'une interview à la chaîne de télévision en anglais Press-TV.
  
Quant au fils de Sakineh, Sajjed Ghaderzadeh, et à son avocat Me Houtan Kian, ils ont été arrêtés le 10 octobre à Tabriz (nord-ouest de l'Iran), alors qu'ils étaient interviewés par deux journalistes allemands. Ceux-ci, entrés sans visa de presse sur le territoire iranien, ont eux aussi été arrêtés et incarcérés à Tabriz.

le 09 décembre 2010 à 21:52
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