Sakineh mise en scène à la télé iranienne... dans un documentaire

le 11 décembre 2010 à 08h01 , mis à jour le 11 décembre 2010 à 20h49

L'Iran a diffusé samedi un documentaire reconstituant le meurtre de l'époux de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Sakineh y répète les détails déjà donnés par les autorités iraniennes sur les circonstances du meurtre.

Iran: Sakineh dans un documentaire, les images © LCI

Un documentaire montrant la reconstitution du meurtre de l'époux de Sakineh Mohammadi Ashtiani, dont la condamnation à mort par lapidation a soulevé une vague d'indignation dans le monde entier, a été diffusé samedi en Iran. L'objectif était de montrer cette histoire, déformée par la presse étrangère selon Téhéran, sous un nouvel angle, a indiqué la chaîne publique en langue anglaise Press TV. L'émission, qui comporte des interviews de Sakineh, de son fils Sajjad et de son dernier avocat Houtan Kian, tous trois actuellement détenus, n'apporte aucune information nouvelle sur cette  affaire. Le documentaire risque toutefois de relancer le débat sur la situation des droits l'homme et de la liberté de la presse dans la République islamique.

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Dans leurs "interviews", son fils et son avocat dénoncent notamment le rôle de Mme Ahadi, qui aurait selon eux insisté à plusieurs reprises pour les inciter à populariser l'affaire en direction des médias étrangers. Ils réaffirment que c'est Mme Ahadi qui aurait insisté pour qu'ils acceptent  une interview avec deux journalistes allemands de l'hebdomadaire Bild am Sonntag, lors de laquelle les quatre hommes ont été arrêtés à Tabriz le 10 octobre dernier. Les deux journalistes, entrés illégalement en Iran avec des visas de tourisme, sont toujours détenus eux aussi.
 
Sakineh a été condamnée à la lapidation pour adultère, seul crime passible de cette sentence en vertu de la loi islamique en vigueur en Iran. Face à l'émotion suscitée par sa condamnation en Occident, où plusieurs dirigeants politiques et célébrités ont intercédé en sa faveur, les autorités iraniennes ont annoncé en septembre la suspension de la peine. Sa condamnation pour complicité dans le meurtre de son mari pourrait toutefois lui valoir une exécution par pendaison. Citant des "sources en Iran", le Comité international contre la lapidation a déclaré jeudi soir qu'elle avait été libérée, mais il semble qu'il s'agisse d'une erreur d'interprétation des photos publiées avant la diffusion du documentaire. Les images en question ont été réalisées au domicile de Sakineh, où la reconstitution a eu lieu.
 
Ahmadinejad dément la lapidation
 
Le documentaire en noir et blanc et au cadre instable la montre administrant un sédatif à son pseudo-mari, avant qu'un acteur jouant le rôle de son amant ne relie son cou et ses pieds à une prise électrique. "Il avait décidé de l'électrocuter", y explique Sakineh. Les images de la reconstitution sont entrecoupées de photographies du véritable corps. Sakineh, qui est présentée à la télévision pour la troisième fois depuis juillet, y répète les détails déjà donnés par les autorités iraniennes sur les circonstances du meurtre. Le philosophe Bernard-Henri Lévy a émis samedi de sérieux "doutes" sur la diffusion de cette reconstitution.

Téhéran accuse la presse internationale d'avoir déformé l'affaire, qui remonte à 2005, pour diaboliser la République islamique. Le président Mahmoud Ahmadinejad a lui-même démenti la condamnation de Sakineh à la lapidation. Selon le narrateur du documentaire, cette peine lui a été infligée à titre "symbolique" en 2006 par la Cour suprême, mais avait peu de chance d'être exécutée. Une réforme a été adoptée en 2005 pour interdire la lapidation mais "doit encore être intégrée formellement à la législation iranienne", explique-t-il. Les auteurs du sujet disent avoir retrouvé et filmé l'amant de Sakineh à son insu, mais ils ne précisent pas si l'homme, jugé en même temps qu'elle, a été condamné ou non et n'expliquent pas pourquoi il semble avoir été laissé en liberté.

le 11 décembre 2010 à 08:01
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7 Commentaires

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  • nounny33, le 11/12/2010 à 13h38

    Votre réponse veut tout dire !!

  • docash, le 11/12/2010 à 11h58

    On ne sait rien d'exact dans cette histoire, chacun raconte ce qui l'arrange, elle est la seule à détenir la clef du mystère, comme en Iran la parole des femmes ne vaut rien, je ne vois pas comment elle pourrait s'en sortir. En Iran ( et dans d'autres pays aussi) l'homme est roi, la femme est soumise, quoiqu'elle fasse, la seule chose qu'on lui demande c'est de se taire et de subir et ça tout le monde la sait.

  • 3333salam, le 11/12/2010 à 11h20

    DE QUOI JE ME MELE......( l hypocrisie nous aveugle )

  • princesseparis, le 11/12/2010 à 11h05

    J'ai bien dit "en priorité", il y a tellement d'autres cas de part le monde qui mérite la médiatisation de leurs cas (prisonniers politique, ou encore des condamnés à tort à mort, aux usa par ex).

  • janexx, le 11/12/2010 à 10h34

    Je pense qu'on ne la défend pas pour ce qu'elle a fait, mais on veut juste qu'elle ne soit pas lapidée.

  • vingue, le 11/12/2010 à 10h10

    La lapidation a existé depuis les temps homériques et dans toutes les religions. Elle est appliquée aujourd'hui : En Iran :( Article 104 du code de la charia (shiite) : il précise que les pierres doivent être de taille moyenne, si elles sont trop grosses, elles tuent trop vite. Si elles sont trop petites, elles prennent trop de temps) puis au Nigéria, en Arabie saoudite, au Soudan, en Afghanistan, au Pakistan-sunna- et parfois, au Kurdistan Iranien. Voir la dernière affaire sur le site d'Amnesty. Cette coutume n'apparait pas dans le Coran, mais dans les Hadiths et les traditions suivantes. Sa persistance me scandalise Je ne suis pas le seul. La situation des Femmes en Iran est tout aussi inquiétante dans ce pays qu'elle l'est dans de nombreux pays. Violences en tout genre, viols toujours plus traumatisants, barbaries diverses, esclavage, mutilations, assassinats. L'Europe, les USA, la Chine, l'Inde, l'Angleterre ne manquent jamais de défrayer la chronique des faits divers tout comme l'Iran. Beaucoup de Femmes en France, sans aller très loin, subissent divers mauvais traitements à l'issue quelques fois fatales. Si chacun travaille dans le bon sens à commencer par regarder près de chez lui, là, dans son immeuble, dans sa rue, dans sa commune ou bien dans sa ville, ce sera sûrement plus accessible et immédiatement utile. Il est toujours étonnant que la misère et l'injustice chez les autres nous interpelle davantage que celle qui nous est quotidienne et coutumière dans notre environnement immédiat. "Charité bien ordonnée commence par soi-même dit-on.". Je conclurai donc sur ce dicton.

  • princesseparis, le 11/12/2010 à 09h54

    Il ne faut pas la lapider, certes, mais je ne comprend toujours pas pourquoi on défend en priorité une femme coupable d'avoir tué son époux.

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