Liban : les pro-Hariri défient violemment le Hezbollah

le 25 janvier 2011 à 10h12 , mis à jour le 25 janvier 2011 à 22h43

La nomination de Najib Mikati, candidat soutenu par le Hezbollah, comme nouveau Premier ministre, provoque la colère des partisans sunnites du chef du gouvernement sortant Saad Hariri. Ce dernier leur a lancé un appel au calme.

[Expiré] [Expiré] liban_manif 25/1/11 © AFP

 
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C'est officiel depuis mardi midi : Najib Mikati, le candidat soutenu par le Hezbollah, est le nouveau Premier ministre du Liban. Cette nomination provoque la colère des partisans sunnites du chef du gouvernement sortant, Saad Hariri, qui  accusent le parti chiite de mener un "coup d'Etat".

Après une première protestation dès lundi soir, quand les rumeurs sur la nomination de Najib Mikati ont commencé à circuler, ils ont organisé ce mardi une "journée de colère", souvent violente, dans tout le pays. Un grand rassemblement a ainsi eu lieu dans la matinée à Tripoli, le fief sunnite du Nord. Comme la veille, ils ont brûlé des pneus et bloqué les routes. Un véhicule de la chaîne de télévision Al-Djazira, considérée comme sympathisante du Hezbollah, a également été incendié. Des défilés ont aussi lieu à Saïda, berceau de la famille Hariri dans le Sud, à Beyrouth ou encore dans plusieurs régions à majorité sunnite de la Békaa (est). L'armée est parfois intervenue pour ramener le calme.

Hariri lance un appel au calme

Face à ces tensions, Saad Hariri a lancé un appel au calme à ses partisans en début d'après-midi. "L'appel que je vous lance est un appel national. Vous êtesen colère, mais responsables. Je comprends vos sentiments", a-t-il dit dans un discours télévisé. "Cette colère ne doit pas nous conduire à ce qui contredit nos valeurs", a-t-il ajouté, déclarant rejeter toute forme de violence. 

De son côté, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a invité Najib Mikati, à former un "gouvernement de partenariat national". "Les Libanais ont une occasion de resserrer les rangs", a-t-il lancé à des milliers de partisans, en proposant au camp Hariri de faire partie de l'équipe.

Le Hezbollah et le tribunal de l'ONU

Selon le système confessionnel de partage de pouvoir au Liban, le poste de Premier ministre est réservé à la communauté musulmane sunnite, dont Saad Hariri est le leader le plus populaire. Mais c'est donc Najib Mikati, milliardaire et ancien Premier ministre, qui a émergé. Agé de 55 ans, il a en effet reçu lundi l'aval des députés du "Parti de Dieu" et de la plupart de ses alliés, lors du premier jour de consultations avec le président libanais, Michel Sleimane.

Le gouvernement d'union de Saad Hariri s'est effondré le 12 janvier avec la démission des ministres du camp du Hezbollah en raison d'un bras de fer entre les deux camps au sujet du tribunal de l'ONU chargé d'enquêter sur l'assassinat en 2005 du dirigeant libanais Rafic Hariri, père de Saad, dans lequel le Hezbollah s'attend à être mis en cause. L'arrivée d'un Premier ministre soutenu par le "Parti de Dieu" fait craindre à la communauté internationale la formation d'un gouvernement pro-iranien, à l'image de celui du Hamas palestinien dans la bande de Gaza, ce que nie le Hezbollah. La crise politique au Liban ravive le spectre des violences confessionnelles de mai 2008, quand des combats entre sunnites et chiites avaient mené le pays au bord de la guerre civile.

Les avertissements de Washington

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, dont le pays apporte une aide économique et militaire au Liban et considère le Hezbollah comme une organisation terroriste, a mis en garde qu'un gouvernement "contrôlé" par le parti chiite aurait "clairement un impact" sur les liens bilatéraux. M. Mikati a cependant affirmé que le Liban ne pouvait "qu'avoir de très bonnes relations" avec Washington.
La France a appelé M. Mikati à former son gouvernement "dans le cadre de la Constitution", par "le dialogue", et "à l'abri de toute ingérence" extérieure.
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a quant à elle appelé le nouveau Premier ministre libanais à former son gouvernement en cherchant "le consensus le plus large possible" et "en pleine conformité avec la Constitution".

le 25 janvier 2011 à 10:12
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6 Commentaires

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  • dameiris, le 01/07/2011 à 12h29

    Voyons, les pauvres... Ils donnent même dans le caritatif !

  • alisa663, le 25/01/2011 à 23h35

    Hezbollah=terroriste NO MORE COMMENT

  • jf-85, le 25/01/2011 à 22h23

    Madame, ce que vous dites est loin d'être correcte, il aurait fallu regarder plus les infos du pays du cèdre avant que vous ajoutez votre commentaire. Le débat au Liban, est un débat non-religieux mais plutôt politique, car ca se passe entre deux équipes politiques Libanais; dans le premier il existe des musulmans (chiites, sunnites, druzes) et également des chrétiens présentés par le général Michel Aoun, et le deuxième contient également des musulmans et des chrétiens. Donc, ce que vous dites à propos du hezbollah qui selon vous est contre les chrétiens, n'est pas correcte et loin de la réalité, sauf si vous considérez le Général Michel Aoun (allié du hezbollah) un musulman, ce qui n'est pas le cas, car en premier temps c'est un Libanais, et chrétien.

  • rose-marie54, le 25/01/2011 à 18h59

    Le hezbollah est entrain de coloniser le moyen orient,mes pensées vont vers les chrétiens

  • pascalcaen, le 25/01/2011 à 11h33

    Mouais. La positon de Joumblat n'est pas si claire. Sa communauté ne souhaite pas voir le Hezbollah s'emparer du pouvoir.

  • __nad, le 25/01/2011 à 11h05

    La donne a changé. Le vrai "King maker" qu'on oublie de mentionner dans cet article est le leader druze Joumblat. Celui-ci a fait penché la balance en faveur de Najib Mikati, alors qu'il était l'allié de Hairi. Le camp Hariri tout seul ne représente donc pas -plus- la majorité.

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