Depuis un mois maintenant, des manifestants tenaient bon sur la place de la Perle à Manama, la capitale du petit royaume sunnite de Bahreïn. A la suite des révoltes en Tunisie puis en Egypte, les opposants au régime, en majorité chiites, réclamaient des réformes politiques. Mais après le Printemps arabe, ne viennent pas toujours de beaux jours. Mercredi des centaines de policiers de la force anti-émeutes, arrivés à bord de tanks, de véhicules de transport de troupes et de bus, ont repris le contrôle de la place après avoir lancé des dizaines de grenades lacrymogènes sur les manifestants.
Bahreïn : l'armée prend les choses en main
Après la violente répression par les forces anti-émeutes d'une manifestation dans la nuit de mercredi à jeudi -quatre morts selon l'opposition, trois selon le gouvernement-, les militaires ont annoncé jeudi "avoir pris toutes les dispositions" pour rétablir l'ordre.
Publié le 17/02/2011
Bahreïn : la police brise la manifestation dans le sang
Les forces de sécurité sont intervenues dans la nuit de mercredi à jeudi pour évacuer la place de la Perle, à Manama, dont les manifestants espéraient faire un point de ralliement à l'image de la place Tahrir, au Caire. Il y aurait au moins quatre morts et une cinquantaine de blessés.
Publié le 17/02/2011
Chasse aux blogueurs à Bahreïn
Après la violente répression des manifestations dans la capitale, le pouvoir pourchasse désormais ses opposants sur le web, avec des pages Facebook appelant à la délation ou des faux comptes Twitter pour faire de la désinformation. Attention, images violentes.
Publié le 14/04/2011
Les policiers auraient également tiré au fusil de chasse sur les manifestants. Un élu de l'opposition fait état de cinq morts et de centaines de blessés. Deux policiers ont été tués, dit le ministère de l'Intérieur. Plusieurs tentes, dans lesquelles les manifestants avaient passé la nuit, ont pris feu et une épaisse fumée s'élevait au-dessus du secteur survolé par des hélicoptères. Peu après l'intervention sur la place de la Perle, des coups de feu étaient encore entendus alors qu'une poignée de protestataires qui se trouvaient dans le secteur offraient une faible résistance. Les autorités ont décrété mercredi un couvre-feu de 16 heures à 4 heures du matin, heure locale dans les secteurs de Manama ayant connu des manifestations, notamment la Place de la Perle et le district financier.
La crainte d'un "massacre"
Les protestataires occupaient cette place depuis le 19 février pour exiger des réformes politiques, voire, pour certains, le départ de la dynastie sunnite gouvernant ce pays dont la population autochtone est en majorité chiite. Les dignitaires chiites bahreïnis avaient appelé dans la nuit la communauté internationale et le monde musulman à intervenir pour éviter un "massacre" dans le pays, où le roi avait proclamé l'état d'urgence mardi au lendemain de l'arrivée de troupes du Golfe.
"Toute autre force, si nécessaire"
Mardi soir, lors d'affrontements avec les forces de sécurité, un manifestant avait été tué dans le village chiite de Sitra, situé à 15 km au sud de Manama, selon des sources médicales et des militants. Plus de 200 personnes avaient également été blessées par balle, selon une source médicale locale, et 200 autres hospitalisées après avoir inhalé des gaz lacrymogènes. Un policier est par ailleurs décédé à Maamir, au sud de Manama, renversé par un opposant en voiture, selon le ministère de l'Intérieur.
Le roi avait chargé le commandant des forces armées de rétablir l'ordre en faisant appel à l'armée, aux forces de police, aux unités de la Garde nationale et à "toute autre force, si cela s'avère nécessaire". L'assaut contre les manifestants est intervenu après l'arrivée dans le royaume de forces des pays voisins du Golfe, venues aider la dynastie sunnite des Al Khalifa à contenir la contestation. Précédemment, des policiers des Emirats arabes unis avaient été déployés à Bahreïn. Les autorités bahreïnies ont annoncé mercredi la fermeture de la Bourse, des écoles et des universités dans le pays.
| A Damas, un manifestation également dispersée |
Les forces de l'ordre syriennes ont dispersé mercredi des dizaines de parents de prisonniers politiques et des intellectuels venus les soutenir lors d'une manifestation sur la place Marjé, jouxtant le ministère de l'Intérieur dans le centre de Damas, ont constaté des correspondants de l'AFP. Au moins quatre manifestants ont été arrêtés. Une contre-manifestation de soutien au président syrien Bachar al-Assad a réuni des dizaines d'autres manifestants, rassemblés sur la même place. |
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