© AFP / M. HamsVittorio Arrigoni, de nationalité italienne, était un militant pacifiste. Journaliste, écrivain, il était lié au mouvement pro-palestinien International solidarity mouvement (ISM). Il est pourtant mort jeudi soir ou vendredi matin, victime de rivalités intra-palestiniennes. Le drame s'est noué en quelques heures à peine : enlevé, puis froidement exécuté, il a été retrouvé dans une maison abandonnée du territoire palestinien.
Un otage italien menacé d'exécution à Gaza
Un groupe djihadiste salafiste de la bande de Gaza, lié à la nébuleuse islamiste terroriste, a menacé jeudi d'exécuter un ressortissant italien qu'il détient si le Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne, ne libère pas leur dirigeant.
Publié le 14/04/2011
L'Italien assassiné hésitait à partir
" Une proche du pacifiste italien assassiné par un groupe d'Al Qaeda explique que Vittorio Arrigoni hésitait entre partir et rester. Pas très loin de là, Lilian Thuram inaugure un stade de foot. En Espagne, une candidate revendique de poser topless sur une affiche de campagne et réveil surprise pour un ours polaire.
Publié le 15/04/2011
Son rapt avait été revendiqué jeudi soir par un groupe djihadiste salafiste lié à Al Qaïda qui menaçait de l'exécuter d'ici 17 heures ce vendredi si le Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne, ne libérait pas son dirigeant. "Nous avons enlevé l'Italien Vittorio et nous demandons au gouvernement de (Ismaïl) Haniyeh de relâcher tous nos prisonniers, à commencer par cheikh Hicham al-Soueïdani. Si vous ne répondez pas (...) dans les 30 heures à compter de 11 heures le 14 avril (soit 10 heures, heure française), nous exécuterons le prisonnier", affirmaient-ils dans une vidéo diffusée sur YouTube. Sur la vidéo, où l'on voyait un otage masqué et au visage contusionné, les ravisseurs se réclamaient d'un groupe jusqu'alors inconnu.
"Leur intention était d'assassiner leur victime"
Les forces de sécurité du Hamas ont alors entamé une course contre la montre pour tenter de l'arracher à ses ravisseurs. Aucun otage étranger n'avait jusqu'à présent été tué dans le territoire depuis son accession à l'autonomie en 1994, et le Hamas était très conscient du redoutable impact médiatique que pourrait avoir un tel événement. Les forces de sécurité ont rapidement identifié un "membre du groupe qui a livré les autres membres et montré l'endroit où se trouvait le militant", selon un porte-parole du ministère de l'Intérieur du Hamas. Des agents de la sécurité ont alors préparé l'assaut du lieu où était retenu l'otage : une maison du quartier de Cheikh Radouane, dans la ville de Gaza. Mais lorsqu'ils sont entrés, il était trop tard. Bilan de l'opération : deux suspects arrêtés, d'autres recherchés... et le cadavre d'un otage.
"Depuis le tout début, leur intention était d'assassiner leur victime, parce que le crime s'est produit très peu de temps après l'enlèvement", a souligné le porte-parole du ministère de l'Intérieur de l'administration du Hamas. Aussi, lorsque l'unité d'intervention est arrivée sur place, "l'otage avait été tué depuis plusieurs heures déjà d'une manière répugnante". Selon un responsable des services de sécurité du Hamas, le militant italien aurait été étranglé. "Le gouvernement condamne ce crime atroce qui ne reflète pas nos valeurs, notre religion, nos coutumes et traditions, et affirme qu'il va traquer le reste des membres du groupe et leur appliquera la loi", a ajouté le porte-parole du ministère de l'Intérieur du Hamas. Le meurtre a aussi été condamné par le Jihad Islamique et par l'Autorité palestinienne, qui a dénoncé un "crime odieux". Rome a dénoncé de son côté un "meurtre barbare", le qualifiant de "geste de violence vil et insensé". L'ISM, "sous le choc", a déploré un acte "commis par des forcenés agissant contre la volonté du peuple" palestinien, mais n'a pas décidé pour l'heure d'évacuer ses militants de Gaza.
Les groupes palestiniens de Gaza se définissant comme "salafistes" comptent plusieurs centaines de membres, selon leurs dirigeants. Un temps compagnons de route du Hamas, ils s'en sont progressivement éloignés, l'accusant de faiblesse face à Israël et dans l'imposition de la loi islamique. La tension avec le Hamas avait atteint son paroxysme en août 2009, quand l'un d'eux, le Jound Ansar Allah, avait proclamé un "émirat" islamique dans une mosquée de Rafah. La répression des forces du Hamas avait fait 24 tués. Aujourd'hui, le Hamas veut réaffirmer son contrôle sur la bande de Gaza et assure que le dénouement de ce rapt ne remet pas en cause le maintien de l'ordre dans ce territoire : "Ce crime ne reflète pas la situation véritable et le climat de sécurité et d'ordre dans la bande de Gaza, et ne signifie pas un retour en arrière, et le gouvernement restera vigilant pour assurer la stabilité et la sécurité, d'autant plus que cet incident est le premier du genre depuis des années".
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