Alain Juppé/Image d'archives © ABACAAlain Juppé est en mission pour la paix... En visite à Ramallah, le chef de la diplomatie française a proposé jeudi la tenue à Paris d'une conférence internationale sur le Proche-Orient avant la fin du mois de juillet. La raison d'une telle idée : le ministre français espère encore débloquer le dialogue entre Palestiniens et Israéliens pour éviter une confrontation en septembre autour de la reconnaissance d'un Etat palestinien lors de l'Assemblée générale des Nations unies.
Frontières de 1967 : les Israéliens moins catégoriques que Netanyahu
Une majorité d'Israéliens estiment que leur Premier ministre aurait dû dire "oui", avec des réserves, aux propositions de Barack Obama sur les négociations avec les Palestiniens.
Publié le 25/05/2011
Frontière de 1967 : Netanyahu et Obama arrondissent les angles
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a démenti samedi toute crise diplomatique avec Barack Obama qui, tout en redisant dimanche sa volonté d'une Palestine sur les lignes de 1967, a assuré que l'engagement des USA envers la sécurité d'Israël était "inébranlable".
Publié le 22/05/2011
Retrait aux lignes de 1967 : pas question, répond Netanyahu à Obama
Le président américain s'est pour la première fois prononcé jeudi en faveur d'un Etat Palestinien sur les lignes d'armistice de la Guerre des Six jours. Un discours salué par Bruxelles mais aussitôt rejeté par Benjamin Netanyahu, reçu vendredi par le président américain.
Publié le 20/05/2011
Mais le chemin qui mène au dialogue est long et beaucoup s'y sont déjà perdus. La dernière tentative de relance des pourparlers de paix s'est heurtée l'an dernier à la querelle autour des colonies juives et les Palestiniens préviennent désormais qu'à moins d'une percée significative, ils comptent demander la reconnaissance unilatérale de la Palestine. Qu'à cela ne tienne, Alain Juppé entend poursuivre sa démarche volontariste. A l'issue d'un entretien à Ramallah avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, le locataire du Quai d'Orsay a estimé que le statu quo entre Israël et l'Autorité palestinienne n'était "plus tenable". "Nous sommes convaincus que s'il ne se passe rien d'ici au mois de septembre, la situation sera très difficile pour tout le monde au moment de la réunion de l'Assemblée générale des Nations Unies."
Joint par téléphone par Europe 1 vendredi, le ministre a estimé qu'il y avait "une chance" pour que cette conférence ait lieu. "Ces propositions sont en cours d'examen, j'espère que des réactions positives pourront venir", a déclaré Alain Juppé, précisant qu'il irait "lundi et mardi prochains aux Etats-Unis". "La France évidemment ne va pas prendre cette initiative toute seule, elle le fera en liaison avec l'ensemble de ceux qui peuvent faire avancer le processus", a ajouté M. Juppé. "Les grands pays qui constituent le Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU) sont aujourd'hui sur la même ligne", a-t-il observé. "La France cherche tout simplement à faciliter la reprise du dialogue parce que si rien ne se passe d'ici le mois de septembre, nous risquons de nous retrouver à l'Assemblée générale des Nations unies dans une situation difficile pour tout le monde", a insisté le ministre.
Réactions négatives d'Israël
Evoquant la possible tenue d'une conférence à Paris, le ministre français des Affaires étrangères a ajouté: "Si nous recevons à la suite de cette initiative des réactions favorables, nous serions prêts, sur la base d'un appel du Quartette (groupe de médiateurs incluant Etats-Unis, Russie, Nations unies et Union européenne, ndlr), à organiser à Paris (...) avant la fin du mois de juillet une conférence qui ne se bornerait pas simplement à réunir les donateurs mais qui pourrait être une conférence politique plus large engageant ce processus de négociation."
Alain Juppé souhaite ainsi une reprise des discussions sur la base des propositions présentées le mois dernier par le président américain Barack Obama, un dialogue qui se concentrerait sur la question des frontières et de la sécurité en s'appuyant sur les frontières antérieures à la guerre des Six-Jours de 1967. Mais point trop n'en faut : les questions du statut de Jérusalem et du droit au retour des réfugiés palestiniens seraient repoussées d'un an, a déclaré Alain Juppé.
Et du côté des principaux intéressés, qu'en pense-t-on ? Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déjà rejeté la proposition de Barack Obama, estimant que les lignes de 1967 sont "indéfendables". Les responsables de l'actuel gouvernement israélien s'opposent aussi à l'idée de séparer les discussions, estimant que les questions clés doivent toutes être réglées en même temps. Mais Alain Juppé ne s'arrête pas à ça : il doit rencontrer Netanyahu en fin de journée et en dépit des réactions négatives du Premier ministre israélien aux propositions américaines, le chef de la diplomatie française juge qu'il existe encore une marge de manoeuvre. "Je crois, néanmoins, qu'il y a quelque raison de penser que l'on peut progresser et déclencher un processus de dialogue", a-t-il déclaré.
Déclaration unilatérale d'indépendance
Côté palestinien, on reste dans le flou : si Alain Juppé a bien rencontré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas mercredi à Rome, il n'a pas précisé si ce dernier avait accepté la proposition d'engager des pourparlers sans conditions préalables. Mahmoud Abbas a quitté les négociations l'an dernier pour protester contre la construction de nouveaux logements dans les colonies juives de Cisjordanie, sur des territoires occupés depuis 1967 que les Palestiniens réclament pour leur futur Etat. Il a longtemps souligné que les constructions devaient cesser pour que le dialogue reprenne, mais mercredi à Rome, Mahmoud Abbas n'a pas évoqué le sujet, considérant seulement que l'acceptation par Israël du principe avancé par Barack Obama représenterait une opportunité pour la reprise des pourparlers. En clair, d'ici la tenue d'une réunion à Paris, la route est longue...
Si l'impasse perdure, Mahmoud Abbas compte demander à l'Assemblée générale des Nations unies d'approuver une déclaration unilatérale d'indépendance. Là, c'est Washington qui devrait freiner des quatre fers : les Etats-Unis ont d'ores et déjà averti qu'ils s'opposeraient à une telle initiative. La France réserve pour l'heure sa décision, en attendant de voir comment évolueront les pistes pour un dialogue.
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