Un char de l'armée syrienne face à un manifestant (archives). © TF1/LCILes témoignages sur les exactions du régime de Bachar al-Assad se multiplient. Près de trois mois après le début de la révolte mi-mars, et en dépit des sanctions et des protestations internationales, le régime syrien semble déterminé à mater dans le sang toute contestation. Après de nombreux témoignages faisant état de l'usage d'hélicoptères de combat qui auraient ouvert le feu contre des civils, les blindés de l'armée syrienne sont entrés dans la nuit de samedi à dimanche dans la ville de Jisr al-Choughour, près de la frontière turque. Une ville sur laquelle se focalise depuis une semaine la répression du mouvement de contestation, et qui occupe un emplacement stratégique sur la route reliant Alep, la deuxième ville du pays, à Lattaquié, son principal port.
"Gay Girl in Damascus" était... un Américain
Elle était devenue une icône du mouvement démocratique en Syrie. La jeune lesbienne blogueuse de Damas s'est révélée être un Américain de 40 ans étudiant en Ecosse. Désillusion et colère parmi les opposants, en particulier ceux qui s'était mobilisés après son (faux) enlèvement.
Publié le 13/06/2011
"Le peuple syrien est arrivé à un point de non-retour"
Pour Ammar Qurabi, le président de l'Organisation nationale des Droits de l'homme en Syrie, la contestation contre le régime continuera malgré la répression. Selon lui, les jeunes opposants à Bachar al-Assad ont en effet choisi "la liberté ou la mort".
Publié le 14/06/2011
Syrie : Juppé à la recherche du onze idéal contre Assad
Une semaine après le dépôt de leur texte, la France et le Royaume-Uni continuent leurs consultations en coulisses à l'Onu pour convaincre les membres du Conseil de sécurité de voter en leur faveur pour condamner la répression menée par le président syrien.
Publié le 15/06/2011
Syrie: l'armée à l'offensive, vives condamnations internationales
L'armée syrienne a pris le contrôle dimanche de Jisr al-Choughour où elle mène une vaste opération qui a entraîné la fuite en Turquie de milliers d'habitants, suscitant de vives condamnations internationales.
Publié le 12/06/2011
Syrie: au moins 25 manifestants tués, des hélicoptères tirent sur la foule
Les forces syriennes appuyées par des hélicoptères ont tué au moins 25 civils lors d'énormes manifestations hostiles au régime vendredi à travers le pays, particulièrement dans le nord-ouest cible d'opérations brutales de l'armée.
Publié le 10/06/2011
La situation ressemble à ce qui s'est produit depuis le début du mouvement de contestation, à la mi-mars, dans d'autres villes, avec déploiement de troupes et de blindés de l'armée syrienne à la suite de manifestations réclamant la fin du régime d'Assad. Selon des habitants, les forces commandées par le redouté Maher al-Assad, le frère du président qui dirige notamment la quatrième division mécanisée, ont pris position à proximité de la ville. Mais, toujours selon des habitants, Jisr al-Choughour a été le théâtre d'une mutinerie parmi les forces de sécurité, dont une partie aurait refusé il y a huit jours d'obéir aux ordres et de réprimer des manifestants. Des soldats syriens qui ont refusé les ordres de tirer sur les civils témoignent, eux aussi, de la violence des affrontements ; certains évoquent une politique de la terre brûlée censée mater le soulèvement, avec la destruction de récolte et l'abattage de troupeaux de bétail.
"On mitraillait tout le monde"
Un jeune appelé réfugié à la frontière turque a raconté le "nettoyage" d'Ar-Rastan, une ville de 50.000 habitants dans la province de Homs : "On nous a dit qu'il y avait là-bas des hommes armés. Mais (...) il s'agissait de simples civils. On nous a dit de leur tirer dessus. Quand on rentrait dans les maisons, on mitraillait tout le monde dedans: les grands comme les petits". Un autre déserteur ajoute : "Ils mettent des snipers sur certains points en hauteur (...), et quand les soldats ne tirent pas (sur les contestataires), ils les abattent".
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, pourtant "un ami" du président syrien, a décrit comme une "atrocité" la répression chez son voisin. Selon un diplomate turc, 4600 Syriens ont déjà franchi la frontière et son pays s'attend de nouvelles arrivées, sans pouvoir donner de chiffres prévisibles. D'après des responsables syriens et défenseurs des droits de l'homme, plus de 10.000 autres tentent de trouver des abris à proximité de la frontière. Les déplacés craignent des représailles de la part des forces de sécurité pour les affrontements dans lesquels 120 soldats ont trouvé la mort au cours de la semaine écoulée. L'agence officielle de presse syrienne assure pour sa part que "des groupes terroristes armés" ont incendié des terres arables de la province d'Idlib dans le cadre d'un projet de sabotage.
Alors que les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU divergent sur l'opportunité d'une résolution condamnant cette répression, la Maison-Blanche a affirmé que "la violence et les brutalités" devaient "cesser immédiatement". Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fait part une nouvelle fois de sa "profonde tristesse et inquiétude". En écho, le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s'est dit samedi "très inquiète par la dégradation de la situation humanitaire" en Syrie et a réitéré ses appels à Damas à cesser la répression. Les condamnations n'émanaient pas seulement des gouvernements : plus d'une quinzaine de villes à travers le monde, dont Paris, Montréal et New York, se sont associées à une journée mondiale pour la Syrie samedi.
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