HISTORIQUE ET CONTEXTE
- Depuis le début des années 80, la Syrie s'est employée à se constituer un arsenal d'armes chimiques après ses défaites dans les guerres contre Israël en 1967, 1973 et 1982 et face au développement présumé d'armes nucléaires par l'Etat juif.
- La Syrie n'est pas signataire de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) mais soutient tout de même l'interdiction des armes de destruction massive (ADM) au Proche-Orient. La Syrie explique qu'elle ne peut renoncer unilatéralement aux armes chimiques tant qu'Israël restera à ses yeux une menace pour sa sécurité.
- La Syrie a commencé à développer sa propre capacité de production en 1971 au Centre d'études et de recherches Scientifiques (CERS) de Damas qui gère aujourd'hui le programme d'armes chimiques de la Syrie.
LES SITES
Selon l'organisation Global Security, il y aurait quatre sites d'armes chimiques en Syrie : l'un juste au nord de Damas, le deuxième près de la ville industrielle de Homs, le troisième à Hama, qui produit, estime-t-on, les gaz innervants VX, sarin et tabun et un quatrième près du port méditerranéen de Lattaquié. En outre, des armes biologiques seraient produites dans la ville de Cerin, sur la côte. Plusieurs autres sites, considérés comme suspects, sont surveillés par les services étrangers de renseignements.
L'ARSENAL CHIMIQUE
Le volume d'armes chimiques syrien n'est pas connu avec précision. Selon la CIA, la Syrie posséderait plusieurs centaines de litres d'armes chimiques et produirait plusieurs centaines de tonnes d'agents par an.
MOYENS DE DISSÉMINATION
"Le matériau est introduit dans des ogives, qui peuvent être aussi bien des missiles balistiques que des obus d'artillerie standard", explique David Friedman, expert en ADM à l'Institut pour les études sur la sécurité nationale à l'université de Tel Aviv. "Les armes peuvent être aussi petites que des obus de mortier. Une partie des armes chimiques de la Syrie sont déjà sous forme d'ogive, prêtes à être lancées." Dans le détail :
- Plusieurs milliers de bombes, remplies essentiellement de gaz sarin et entre 50 et 100 têtes de missiles balistiques.
- De nouveaux scuds C longue distance nord-coréens d'une portée maximale de 600 kilomètres et éventuellement des ogives de gaz innervants. Conversion possible de certains missiles longue portée sol-air et missiles de croisières de la marine pour l'utilisation d'ogives chimiques.
- Lanceurs SS-21 et au moins 36 missiles SS-21 d'une portée de 80 à 100 kilomètres, plus des lanceurs Scud B et missiles Scud B d'une portée de 310 kilomètres.
- Missiles de courte portée M-1B et missiles de croisière SSC-1b. - Chasseurs-bombardiers Soukhoï Su-24 longue portée et des chasseurs MiG-23BM Flogger F; des chasseurs-bombardiers Soukhoï Su-20 et Su-22.
MÉTHODES DE STOCKAGE
Selon David Friedman, le matériel chimique syrien est presqu'entièrement stocké sous forme liquide, dans des cuves situées en principe dans des bunkers à l'intérieur de bases militaires. Il se dit aussi que la Syrie dispose de sites de stockage dans des sites naturels, par exemple dans des grottes. Certains produits chimiques sont des composés dont les éléments sont maintenus séparés pour des raisons de sécurité, explique ce spécialiste.







