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DOSSIER : Révolte en Syrie

Avion intercepté : la Syrie accuse la Turquie de mentir au sujet des armes


le 11 octobre 2012 à 13h47 , mis à jour le 11 octobre 2012 à 23h03.
Temps de lecture
5min
Avion de ligne syrien lors d'une escale forcée à Ankara (11 octobre 2012)
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Moyen-orientLe ton montait jeudi soir, non seulement entre Turquie et Syrie, mais aussi entre Ankara et Moscou, après l'interception par l'aviation turque d'un avion de ligne syrien mercredi, dont la cargaison a été confisquée. Il s'agirait, selon Ankara, de munitions en provenance de Russie.

Damas accuse Ankara de mentir
Les autorités syriennes ont accusé jeudi soir le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan de "mentir" au sujet des armes saisies à bord d'un avion de ligne syrien en provenance de Moscou et intercepté la veille par la Turquie. "Le Premier ministre turc continue sa série de déclarations mensongères qui visent à justifier le comportement hostile de son gouvernement à l'égard de la Syrie", a estimé le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué, en démentant de nouveau la présence d'armes à bord de l'avion. "Ces accusations sont mensongères et sont dénuées de tout fondement", a dit le ministère.

L'avion syrien transportait des munitions russes, affirme Erdogan
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé jeudi que l'avion de ligne syrien intercepté à Ankara transportait des munitions d'origine russe à destination du ministère syrien de la Défense. 

Ankara rejette les accusations russe et syrienne
Le ministère turc des Affaires étrangères a rejeté jeudi les accusations de Damas et de Moscou sur une mise en danger des passagers lors de l'interception mercredi en territoire turc d'un avion syrien en provenance de Moscou pour contrôler sa cargaison. "Les inquiétudes exprimées concernant une mise en danger de la vie et de la sécurité des passagers sont sans fondement", a affirmé un communiqué du ministère. "Toutes les mesures ont été prises dès l'aterrissage de l'avion pour assurer la sécurité et répondre à tous les besoins des passagers", souligne le document, précisant que ceux-ci ont été conviés à s'installer dans la salle d'attente de l'aéroport jusqu'à la fin des contrôles sur l'appareil mais que la
plupart ont préféré rester à bord. Le communiqué précise qu'"une équipe de santé et une ambulance ont été tenues en alerte" durant la procédure. L'appareil, qui effectuait la liaison entre Moscou et Damas, a été informé qu'il serait contrôlé "alors qu'il survolait la mer Noire, de façon à lui donner une possibilité de faire demi-tour", a également indiqué le ministère.

La Syrie crie à la piraterie
La Syrie accuse la Turquie de piraterie aérienne après l'interception d'un avion de ligne syrien par des chasseurs turcs, nouvel accroc entre les deux voisins après une semaine d'incidents frontaliers. La Turquie a contraint l'Airbus A-320 de Syrian Air à rester plusieurs heures au sol à l'aéroport d'Ankara dans la nuit de mercredi à jeudi avant de le laisser redécoller. Une partie du chargement a été saisie par les autorités turques, qui n'en ont pas précisé la nature mais ont évoqué la nature "illégale" de cette cargaison, qui n'avait pas été déclarée. Damas réclame à Ankara la restitution "intégrale" des marchandises confisquées et accuse la Turquie de "comportement hostile". La compagnie aérienne nationale syrienne accuse pour sa part les autorités turques d'avoir "agressé l'équipage avant d'autoriser l'avion à décoller de l'aéroport d'Ankara".

La Russie hausse le ton
La Russie, fidèle alliée du régime de Bachar al Assad, réclame aussi des explications à la Turquie, pays membre de l'Otan. Le ministère russe des Affaires étrangères s'est plaint que le personnel diplomatique russe se soit vu refuser d'assister les 17 passagers russes pendant les huit heures de l'escale forcée. "La Russie insiste pour obtenir une explication sur les motifs d'une telle attitude de la part des autorités turques", a souligné un communiqué du ministère, jugeant que "les vies et la sécurité des passagers ont été mises en danger au cours de cet incident".

Que contenait vraiment la cargaison ?
Ankara a justifié l'interception et l'immobilisation de l'appareil par des informations selon lesquelles il transportait une cargaison "non civile". Intervenant à la télévision, le ministre des Affaires étrangères a assuré : "Nous sommes déterminés à contrôler les transferts d'armement vers un régime qui commet de tels massacres parmi les civils. Il est inacceptable qu'un tel trafic passe par notre espace aérien". Des médias turcs ont évoqué l'hypothèse que cette cargaison pourrait contenir des pièces de missile ou de matériel de communication destinés au régime de Bachar al-Assad. Un responsable de l'agence d'exportation d'armes russe, cité par l'agence Interfax, a assuré pour sa part qu'aucune arme ne se trouvait à bord de l'appareil, qui transportait une trentaine de passagers de Moscou à Damas en traversant l'espace aérien turc. Ajoutant que Moscou n'avait pas interrompu ses ventes d'armes à Damas, il a ajouté : "Si nous avions besoin d'envoyer des équipements militaro-techniques ou des armes, ce serait fait proprement et non par des moyens illégaux, certainement pas dans un avion civil." En juin dernier, le président Vladimir Poutine avait déclaré que Moscou n'envoyait pas à la Syrie des armes pouvant être utilisées dans un conflit civil. 

Une tension croissante entre Syrie et Turquie
La tension ne cesse de monter entre Ankara et Damas. L'armée turque a accru sa présence le long des 900 km de la frontière et l'artillerie a bombardé au cours de la semaine écoulée plusieurs positions de l'armée syrienne après des tirs de mortier venant de Syrie, dont l'un a coûté la vie à cinq civils le 3 octobre. Elle ripostera avec davantage de force à tout nouveau bombardement en provenance du territoire syrien, a averti le chef d'état-major de l'armée turque, le général Necdet Ozel.

Commenter cet article

  • bugscannes : De quoi se melent les Turcs ???

    Le 12/10/2012 à 06h10
  • atilla : Je ne vois pas que fais l histoire de la turquie ds l europe dans ton commentaire

    Le 11/10/2012 à 21h18
  • trunk69100 : Même si je suis totalement contre la Turquie dans l'europe, l'interception est totalement justifiée dans la mesure où ils reçoivent des tirs chez eux.

    Le 11/10/2012 à 20h12
  • ten75 : Imprudent de la part des Russes , il faut éviter le survol de la TURQUIE , ou passer par leur base navale en Syrie

    Le 11/10/2012 à 18h41
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