Des dizaines de véhicules blindés ont été déployés samedi le long de la principale route qui mène au circuit de Formule un de Sakhir, au Bahreïn, après des affrontements vendredi entre la police et les manifestants hostiles au régime qui ont promis "trois jours de colère". Les manifestants principalement issus de la majorité chiite, qui réclame des réformes démocratiques à la famille royale sunnite, étaient opposés à la tenue du Grand Prix, annulé l'an dernier en raison des violences politiques. Faute d'avoir été écoutés, les opposants veulent profiter de l'attention internationale pour faire entendre leurs demandes, étouffées depuis plus d'un an par les autorités du Royaume, avec le soutien militaire des monarchies sunnites voisines, notamment l'Arabie saoudite. La répression a fait plusieurs dizaines de morts, dont un nouveau samedi, selon l'opposition.
"Le gouvernement voulait utiliser la course de Formule un pour servir ses opérations de relations publiques, mais ça ne se passe pas comme il le prévoyait", souligne Nabil Radjab, un militant des droits de l'homme. Les autorités "doivent régler les problèmes du pays d'abord, ensuite elles pourront d'occuper de Formule un et d'autres événements", renchérit Oum Hussein, une des 10.000 personnes qui se sont rassemblées vendredi dans les rues de la capitale Manama.
Ecclestone : "absurde"
La police a tiré des grenades de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, dont certains ont riposté en lançant des cocktails Molotov. Les protestataires voulaient se rendre sur un grand rond-point qui a servi de point de ralliement aux opposants l'an dernier lorsque la population du Bahreïn a tenté de suivre l'exemple de la Tunisie et de l'Egypte. Deux membres de l'équipe Force India sont rentrés en Grande-Bretagne après avoir été témoins des violences. Des pirates informatiques ont également perturbé vendredi le fonctionnement du site internet du championnat du monde de Formule un en soutien aux manifestants.
Les dirigeants de l'opposition ont indiqué ne pas avoir appelé à de grandes manifestations ce samedi, mais ils n'ont pas exclu que de petits rassemblements ici ou là se transforment dans le courant de la journée en mouvement de foule. Selon eux, 95 personnes impliquées dans l'organisation des manifestations ont été arrêtées au cours de la semaine écoulée et 54 protestataires blessés lors d'affrontements dans les villages chiites autour de la capitale, où la police a utilisé, disent-ils, des pistolets à grenaille. Les opposants s'inquiètent aussi de la dégradation de l'état de santé d'un des leaders du soulèvement de l'an dernier, le militant des droits de l'homme Abdoulhadi al Khawadja, en grève de la faim depuis 70 jours et qui a cessé vendredi de boire de l'eau.Les essais libres du Grand Prix n'ont en revanche pas été perturbés par la manifestation vendredi et le patron de la F1, Bernie Ecclestone, a jugé "absurdes" les inquiétudes suscitées par la situation sécuritaire.






