Bahreïn : l'armée prend les choses en main

le 17 février 2011 à 13h37 , mis à jour le 17 février 2011 à 21h25

Après la violente répression par les forces anti-émeutes d'une manifestation dans la nuit de mercredi à jeudi -quatre morts selon l'opposition, trois selon le gouvernement-, les militaires ont annoncé jeudi "avoir pris toutes les dispositions" pour rétablir l'ordre.

[Expiré] [Expiré] bahrein armée © AFP

Après plusieurs jours de protestation, les manifestants bahreïnis (essentiellement issus de la majorité chiite) qui exigent des réformes politiques et sociales dans ce royaume dirigé par une famille sunnite, avaient décidé mercredi soir de camper sur la place de la Perle, la principale de Manama, la capitale.
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Ils espéraient la transformer en point de ralliement de la contestation à l'image de ce que les Egyptiens ont fait sur la place Tahrir, au Caire, jusqu'à la chute d'Hosni Moubarak. Mais les forces anti-émeutes sont intervenues dans la nuit. La répression a été violente puisque l'opposition  fait état d'au moins quatre morts et d'une soixantaine de disparus. Jeudi après-midi, le gouvernement a admis trois morts.
 
Face à cette contestation, le pouvoir a choisi la manière forte. L'armée bahreïnie s'est ainsi tout d'abord déployée en force jeudi matin dans le centre ville. Des blindés se sont notamment installés près de la place de la Perle. L'armée a ensuite annoncé pris toutes les mesures "préventives et fermes pour rétablir l'ordre et la sécurité publiques".

Les Etats du Golfe solidaires
 
Sur le plan politique, le bloc chiite au Parlement bahreïni, qui compte 18 sièges sur 40, a fait savoir son intention de se retirer de l'Assemblée et a réclamé la démission du gouvernement. Le mouvement Al-Wefaq avait déjà réclamé mercredi l'adoption d'une nouvelle Constitution plus démocratique.

En revanche, les chefs de diplomatie du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont décidé d'une région d'urgence pour soutenir le gouvernement. Le CCG  comprend aussi l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït. Ces six monarchies pétrolières du Golfe sont liées par des accords de défense et de coopération dans les domaines de la défense et de la sécurité.

Le Premier ministre visé

Plus que le gouvernement, la principale cible des manifestants de ce petit Etat du Golfe, à majorité chiite mais dominé par la minorité sunnite, est la personnalité même du Premier ministre, le cheikh Khalifa ben Salman al Khalifa, qui gouverne le pays depuis son indépendance en 1971. Oncle du roi Hamad ben Isa al Khalifa, il est perçu comme le symbole de la richesse de la famille régnante. Les manifestants dénoncent aussi la pauvreté et le chômage. Ils s'inquiètent en outre des avantages accordés à des sunnites étrangers venant s'installer dans le petit royaume (citoyenneté, emplois dans les forces de sécurité, logements) qui tendent à en modifier l'équilibre démographique.

 

Dans les années 1990, le Bahreïn avait déjà été le théâtre de troubles. L'adoption en 2002 d'une nouvelle Constitution et l'organisation d'élections législatives avaient contribué à ramener le calme mais l'opposition juge désormais ces réformes insuffisantes.

La France déconseille les voyages

La France déconseille depuis ce jeudi ses ressortissants de se rendre à Bahreïn. "Dans les circonstances actuelles, il est recommandé aux Français actuellement présents dans le pays de se tenir à l'écart des attroupements et aux voyageurs désirant se rendre à Bahreïn de reporter, sauf caractère d'urgence, leur voyage", explique le ministère des Affaires étrangères.

le 17 février 2011 à 13:37
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1 Commentaires

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  • jaker3000, le 17/02/2011 à 16h12

    Mais c'est quoi cette habitude de faire sortir des blindes et avions de chasse contre de simple manifestants !!!!

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