De Kofi Annan, dont le plan de paix reste lettre morte, à Ban Ki-moon, les commentaires vendredi à l'ONU sur le dossier syrien se sont distingués par un vocabulaire inhabituellement rude, peu usité en langage diplomatique. Et c'est toute la communauté internationale, à l'exception notable de la Russie, qui a appelé les Nations-unies à agir contre une "escalade scandaleuse" de la violence en Syrie.
L'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan, a estimé que Damas avait "bafoué" les résolutions de l'ONU en faisant usage d'armes lourdes à Treimsa, près de Hama, et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dénoncé "une escalade scandaleuse". Selon ce dernier, l'inaptitude du Conseil de sécurité à mettre la pression sur le président syrien Bachar al-Assad équivaut à lui octroyer "un permis de massacrer". Il est désormais "impératif" que le Conseil de sécurité fasse pression pour que le plan de paix soit appliqué et qu'il "envoie un message à tous avertissant qu'il y aura des conséquences pour le non respect" de ce plan, a insisté pour sa part Kofi Annan dans une note adressée au Conseil.
Blocage au Conseil de sécurité
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 150 personnes, dont des dizaines de combattants rebelles, ont été tués dans des bombardements et des combats jeudi dans la localité sunnite de Treimsa. Des dizaines de personnes ont été "sommairement exécutées", pour certaines à l'arme blanche, et 17 personnes, dont des femmes et enfants, ont été tuées alors qu'elles tentaient de fuir Treimsa, a précisé l'OSDH. L'armée syrienne a affirmé de son côté avoir mené à Treimsa "une opération de qualité" qui s'est soldée par "la destruction des repaires des groupes terroristes, la mort d'un grande nombre de leurs membres, sans qu'aucune victime civile ne soit à déplorer". Robert Mood, le chef des observateurs de l'ONU en Syrie dont les opérations sont suspendues en raison des violences, a affirmé que ses hommes étaient prêts à aller enquêter à Treimsa en cas de cessez-le-feu.
Le blocage semble pourtant total à New York, où les pays occidentaux et la Russie, principal soutien du régime, s'opposent sur un projet de résolution au Conseil de sécurité. Les 15 membres du Conseil ont repris vendredi leurs discussions autour de deux textes concurrents, l'un déposé par les Occidentaux et menaçant Damas de sanctions si les armes lourdes restent dans les villes, et l'autre de facture russe qui n'évoque pas cette possibilité. Le président français François Hollande a estimé que si la Chine et la Russie s'opposaient une nouvelle fois à des sanctions contre Damas, "le chaos et la guerre" s'intalleraient en Syrie.







