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Le pape qualifie de "péché grave" les ventes d'armes à la Syrie


le 14 septembre 2012 à 06h00 , mis à jour le 14 septembre 2012 à 17h00.
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3min
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Moyen-orientLe pape Benoît XVI est apparu souriant et ému à son arrivée au Liban vendredi vers midi pour une visite qui doit durer trois jours. Il a appelé à l'arrêt des ventes d'armes à la Syrie, les qualifiant de "péché grave".

Les chrétiens du Liban attendent la visite du pape depuis 15 ans. Peu après midi, c'est donc un moment historique qu'ils ont commencé à vivre avec l'arrivée de Benoît XVI qui a qualifié de "péché grave" les ventes d'armes à la Syrie.

Souriant et ému à la descente de son avion qui a atterri à 13H40 locales (10H40 GMT) à l'aéroport international de Beyrouth, il a été accueilli par les dirigeants libanais, dont le président de la République Michel Sleimane, seul chef d'Etat arabe chrétien, ainsi que de nombreux dignitaires religieux et diplomates.

"L'importation d'armes doit cesser une fois pour toutes, avait-t-il déclaré peu avant aux journalistes dans l'avion. Car sans importation d'armes la guerre ne pourrait continuer." Le pays est touché par un conflit armé entre le régime et ses opposants, qui a fait plus de 27 000 morts. Le pape sera jusqu'à dimanche dans le pays du cèdre, un voyage aux enjeux élevés et non sans risque dans ce pays adossé à la Syrie, et où chacun de ses mots sur les équilibres politiques et le pluralisme religieux au Proche et Moyen-Orient sera observé et soupesé.

Un contexte tendu

Cette visite intervient au moment où le Moyen Orient s'embrase après la diffusion de l'extrait d'un film dénigrant l'islam. Vendredi dans l'après-midi, un manifestant a été tué et 25 autres ont été blessés dans des heurts dans le nord du Liban entre les forces de sécurité et des islamistes qui avaient auparavant incendié un fast-food américain.

Près de 300 personnes, dont beaucoup portant une longue barbe, étaient parties d'une mosquée dans le centre de Tripoli, arborant des drapeaux noirs islamistes pour se diriger vers le restaurant KFC dans le sud de la ville côtière afin de protester contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis, selon un correspondant de l'AFP. Les circonstances de la mort du manifestant, tué par une balle, n'étaient pas claires dans l'immédiat.
 
15 millions de chrétiens
 
"Tous les peuples des pays arabes et ailleurs ont le droit de revendiquer des réformes et nous sommes avec eux", a indiqué le patriarche maronite, chef d'une des Eglises catholiques orientales les plus influentes de la région. Mais, a-t-il précisé, "la guerre n'est pas menée au nom de l'islam ou du christianisme mais par des Etats, des parties intéressées ou des mercenaires (...) Chrétiens et musulmans doivent s'unir autour des valeurs pour jeter les fondements d'un véritable Printemps arabe", a-t-il poursuivi.

La révolte populaire lancée en mars 2011 contre le régime de Bachar al-Assad et réprimée dans le sang, s'est militarisée au fil des mois, le conflit ayant fait plus 27.000 morts en majorité des civils en 18 mois selon une ONG syrienne. Les chrétiens seraient entre 13 et 15 millions dans toute la région (sans compter quelque 1,5 million d'immigrés chrétiens dans le Golfe), mais leur pourcentage dans la population globale a beaucoup baissé en raison de la forte émigration.

Revoir le reportage de Patrick Fandio au Liban où la visite du pape est placée sous haute protection : 

 

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