La Syrie au ban des nations arabes

Par , le 16 novembre 2011 à 09h42 , mis à jour le 16 novembre 2011 à 18h44

Dossier : Révolte en Syrie

La Syrie sera effectivement écartée des travaux de la Ligue arabe dès ce mercredi en guise de sanction contre un régime réprimant dans le sang les mouvements d'opposition. Sur le terrain, l'"Armée syrienne libre", le bras armé de l'opposition, aurait mené un coup d'éclat en attaquant une caserne des services secrets.

Des promesses de Bachar Al-Assad, ils n'en veulent plus. La Ligue arabe tient une nouvelle réunion ce mercredi au Maroc au cours de laquelle la Syrie sera effectivement suspendue des travaux de l'organisation, un nouveau palier dans les pressions exercées sur le régime afin qu'il cesse les violences contre sa propre population. Et ce n'est pas la libération mardi de plus d'un millier de détenus - les chiffres varient - qui devrait amadouer les membres de la Ligue : au même moment de nouveaux opposants tombaient sous les balles du régime.
  • Syrie : l'ONU accuse, l'UE serre la vis

    L'armée et les forces de sécurité syriennes ont commis des meurtres, des actes de torture et des viols, rapporte lundi une commission d'enquête de l'ONU. L'UE va durcir son régime de mesures destinées à couper les sources de financement du régime syrien.

    Publié le 28/11/2011 Syrie : l'ONU accuse, l'UE serre la vis
  • Syrie : Paris propose des "corridors humanitaires"

    La France a avancé mercredi pour la première fois l'idée de "corridors humanitaires" en Syrie, soumise à ses partenaires européens et américains. Paris a également fait un pas supplémentaire vers la reconnaissance de l'opposition, considérée comme "l'interlocuteur légitime".

    Publié le 23/11/2011 Syrie : Paris propose des "corridors humanitaires"
  • Syrie : Assad ferme face aux occidentaux

    Dans un entretien au Sunday Times, le président syrien affirme que l'ultimatum de la Ligue arabe sommant le régime de cesser la répression a été lancé pour "fournir aux pays occidentaux un prétexte pour mener une intervention militaire contre la Syrie".

    Publié le 20/11/2011 Syrie : Assad ferme face aux occidentaux
  • Syrie : l'ultimatum s'achève dans un bain de sang

    La Ligue arabe avait donné trois jours à la Syrie pour appliquer son plan de sortie de crise. L'ultimatum s'achève ; la répression se durcit. Des voix de plus en plus nombreuses - dont celle d'Hillary Clinton - évoquent un risque de guerre civile.

    Publié le 19/11/2011 Syrie : l'ultimatum s'achève dans un bain de sang
  • Syrie : "Les sanctions arabes, un geste fort contre Assad"

    DECRYPTAGE - Quelle est la portée de la suspension de la Syrie par la Ligue arabe ? Quelle peut être la réponse du président syrien face aux sanctions économiques ? Réponses avec Jean-Yves Moisseron, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement et spécialiste du monde arabe.

    Publié le 17/11/2011 Syrie : "Les sanctions arabes, un geste fort contre Assad"
  • Syrie : la Ligue arabe suspend Damas et demande des sanctions

    La Ligue arabe a accédé samedi à la demande des opposants au régime de Bachar al-Assad en suspendant la Syrie et en la menaçant de sanctions. Samedi soir, des pro Bachar Al-Assad ont mis à sac l'ambassade de l'Arabie Saoudite à Damas en signe de protestation.

    Publié le 12/11/2011 Syrie : la Ligue arabe suspend Damas et demande des sanctions
  • Contestation en Syrie : les autorités libèrent 553 personnes

    Les autorités syriennes ont libéré 553 personnes arrêtées lors de la répression de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad. C'est l'une des mesures prévues par le plan de sortie de crise de la Ligue arabe approuvé mercredi par Damas.

    Publié le 05/11/2011 Contestation en Syrie : les autorités libèrent 553 personnes
  • Syrie : "en acceptant le plan arabe, Assad gagne du temps"

    DECODAGE - Maître de conférences en civilisation arabe, Stéphane Valter, qui revient de Syrie, souligne sur TF1 News qu'il y a très peu de chances que le pouvoir applique concrètement le plan de la Ligue arabe, validé officiellement mercredi.

    Publié le 03/11/2011 Syrie : "en acceptant le plan arabe, Assad gagne du temps"
  • Syrie : Assad accepte le plan de la Ligue arabe

    La Syrie a accepté mercredi "sans réserves" le plan arabe de sortie de crise. Le texte prévoit notamment le retrait des forces de sécurité des villes où elles sont présentes, la libération des personnes incarcérées et l'ouverture du dialogue avec l'opposition.

    Publié le 02/11/2011 Syrie : Assad accepte le plan de la Ligue arabe
  • Syrie : Assad de plus en plus isolé, sauf de son parrain russe

    "Conseil amical" du roi de Jordanie pour qu'il quitte le pouvoir, demande de la Chine pour qu'il applique le plan arabe, nouvelles sanctions européennes à son encontre : le président syrien se retrouve de plus en plus isolé. Mais continue de miser sur la Russie pour tenir.

    Publié le 14/11/2011 Syrie : Assad de plus en plus isolé, sauf de son parrain russe
  • L'oncle de Bachar Al-Assad souhaite "qu'il accélère son départ"

    INTERVIEW EXCLUSIVE LCI- Rifaat Al-Assad, oncle du président syrien, appelle son neveu à quitter le pouvoir. "On se dirige vers une guerre civile," a-t-il déclaré sur LCI.

    Publié le 18/11/2011 L'oncle de Bachar Al-Assad souhaite "qu'il accélère son départ"
  • Les déserteurs syriens tentent de s'organiser

    Alors que la Ligue arabe donne trois jours au régime de Bachar Al Assad pour faire cesser les violences contre sa population, sur le terrain, des militaires, déserteurs, commencent à se retourner contre le régime.

    Publié le 17/11/2011 Les déserteurs syriens tentent de s'organiser
  • Les opposants syriens pourchassés au Liban

    REPORTAGE. Les 5.000 opposants syriens réfugiés au Liban vivent dans la peur, redoutant être pourchassés par le régime de Bachar Al Assad. Damas est soupçonné d'avoir fait enlever un Syrien en plein Beyrouth.

    Publié le 14/11/2011 Les opposants syriens pourchassés au Liban
Plus d'infos

La décision d'écarter Damas de la Ligue avait été approuvée le 12 novembre par 18 de ses 22 membres. D'autres sanctions ont été évoquées pour l'obliger à appliquer le plan arabe prévoyant notamment la libération des manifestants et le retrait des forces armées des villes. Mardi soir, le pays mis au ban des nations a annoncé qu'il ne participerait pas aux réunions.

Protéger les civils

Dès lundi, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a indiqué que la Ligue étudiait un "mécanisme de protection des civils" en Syrie où la répression de la contestation a fait 3500 morts selon l'ONU. Depuis le début de la semaine, plusieurs dizaines de décès ont été rapportés parmi les forces de sécurité et les "déserteurs", mais aussi parmi les civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. 

Sans attendre les réunions de mercredi, la Turquie a décidé mardi d'arrêter sa coopération avec Damas dans le domaine de l'exploration de pétrole et indiqué qu'elle pourrait aussi réviser ses livraisons d'électricité. Une décision saluée par Washington. Le roi Abdallah II de Jordanie a appelé dès lundi Assad à "quitter le pouvoir", suivi par l'ex-ambassadeur d'Arabie saoudite aux Etats-Unis, le prince saoudien Turki al-Faiçal pour qui le départ du président Assad paraît "inévitable".

"Nous souhaitons voir la Ligue arabe envoyer demain (mercredi) un message énergique à Assad, qui est qu'il doit permettre la tenue d'une transition démocratique et mettre fin à la violence contre son peuple", a expliqué mardi le département d'Etat américain. De son côté, l'Union européenne a étendu ses sanctions contre Damas à 18 personnes et a décidé de geler des prêts européens. Reste la Russie, qui refuse d'appuyer les sanctions.

Un attaque d'envergure contre les services secrets 

Renforcé par ce soutien extérieur, le Conseil national syrien, qui regroupe la plupart des courants de l'opposition, affiche toutefois sa volonté de "surmonter la crise", "sans intervention militaire extérieure". Les opposants engrangent des victoires diplomatiques.

Sur le terrain, de plus en plus d'actions - parfois spectaculaires - sont à leur actif : mercredi, un centre de détention des services secrets syriens a été attaqué à l'arme lourde par des soldats déserteurs de l'"Armée syrienne libre", près de Damas, selon les opposants. Il s'agit du principal coup d'éclat depuis sa naissance en juillet dernier. Sans pour autant parvenir à libérer les prisonniers, semble-t-il. Autant d'attaques présentées comme du terrorisme par le pouvoir de Bachar Al-Assad.

Par David Straus le 16 novembre 2011 à 09:42
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • hajhouj2011, le 24/12/2011 à 12h35

    La Syrie reste Syrie

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience