Deuil et colère chez les chiites de Bahreïn

Par TF1 News (D'après agence), le 18 février 2011 à 07h26 , mis à jour le 18 février 2011 à 17h16

Les funérailles des victimes de la violente intervention des forces de l'ordre, jeudi à l'aube, pour briser la contestation à Manama, pourraient donner de nouveau lieu à des rassemblements et à des heurts ce vendredi à Bahreïn.

Bahreïn : manifestant montrant les munitions tirées par la police pour disperser la foule (17/02/2011)Bahreïn : manifestant montrant les munitions tirées par la police pour disperser la foule (17/02/2011) © TF1/LCI

La répression a été violente à Bahreïn, mais les manifestants chiites poussés par les exemples tunisien et égyptien pourraient se réunir à nouveau dès ce vendredi, à l'occasion des funérailles des victimes de l'intervention des forces de l'ordre. Des funérailles qui pourraient de nouveau tourner à la confrontation et tester la détermination de la famille royale à réprimer toute vague de contestation. Car les processions funéraires à Bahreïn peuvent rassembler des foules nombreuses et sont susceptibles de dégénérer à tout instant ou de se transformer en manifestation spontanée.
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Pour l'heure, la tentative des manifestants de suivre l'exemple égyptien en occupant la place de la Perle, à Manama, pour en faire un lieu de rassemblement comparable à celui que la place Tahrir avait représenté au Caire, a échoué devant la brutale réaction des forces de l'ordre. La place vidée de tout contestataire, occupée par des chars, a été laissée aux mains des militaires. Au moins quatre manifestants ont été tués, plus de 230 blessés, des dizaines arrêtés et 60 sont portés disparus, selon des responsables de l'opposition.

Inquiétudes internationales

Des violences qui s'ajoutent à celles qui ont déjà émaillé la contestation qui monte à Bahreïn. La colère des manifestants avait déjà été accentuée mercredi par la mort de deux d'entre eux lundi et mardi dans des accrochages avec les forces de l'ordre. La principale revendication des contestataires est la démission du Premier ministre, le cheikh Khalifa ben Salman al Khalifa, qui gouverne le pays depuis son indépendance en 1971. Oncle du roi Hamad ibn Issa al Khalifa, il est perçu comme le symbole de la richesse de la famille régnante. Les manifestants dénoncent aussi la pauvreté et le chômage. Ils s'inquiètent en outre des avantages accordés à des sunnites étrangers venant s'installer dans le royaume (citoyenneté, emplois dans les forces de sécurité, logements) qui tendent à en modifier l'équilibre démographique.

Profondément inquiets, les alliés régionaux du petit royaume ont tenu à Manama une réunion extraordinaire de leurs chefs de diplomatie à l'issue de laquelle ils ont exprimé leur "soutien total à Bahreïn aux plans politique, économique, sécuritaire et de la défense". "Notre sécurité est une responsabilité collective et il n'est pas question d'accepter les ingérences étrangères", ont affirmé dans un communiqué les ministres du Conseil de coopération du Golfe (CCG - Bahreïn, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Oman, Qatar, Koweït). Devant la presse, le ministre bahreïni des Affaires étrangères, cheikh Khaled ben Ahmed Al-Thani, a justifié l'intervention policière par la nécessité d'empêcher un "conflit confessionnel et une crise économique".

Les Etats-Unis, pour leur part, ont exprimé leurs inquiétudes. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui s'est entretenue au téléphone avec son homologue bahreïni, a indiqué jeudi que les Etats-Unis soutenaient un "changement véritable et significatif" dans un pays "ami et allié." Barheïn est un proche allié des Etats-Unis qui ont fait de Manama le port d'attache de la Ve flotte de l'US Navy. A Londres, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, s'est lui aussi ému de la répression des forces de l'ordre tandis que le secrétaire d'Etat chargé du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord annonçait un réexamen des licences d'exportations d'armes vers Bahreïn. Le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que la situation dans les pays du Moyen-Orient touchés par les manifestations exigeait "des réformes audacieuses, pas la répression".

Par TF1 News (D'après agence) le 18 février 2011 à 07:26
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