Mahmoud Abbas, le 16 septembre 2011 © TF1/LCIQue demandent les Palestiniens ? La France a confirmé vendredi qu'elle s'abstiendrait en cas de vote au Conseil de sécurité sur la demande d'adhésion d'un Etat palestinien à l'ONU, dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères. Israël va construire 2000 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie et geler provisoirement le transfert de fonds dus à l'Autorité palestinienne, en guise de rétorsion à l'admission de la Palestine à l'Unesco. Les Palestiniens sont devenus lundi membres à part entière de l'Unesco, après un vote à Paris des Etats membres. La France a voté pour, les Etats-Unis contre, Italie et Royaume-Uni se sont abstenus. Dans la foulée, Washington a suspendu ses versements à cette organisation de l'ONU, comme le prévoit la loi US. La conférence générale de l'Unesco se prononce ce lundi sur l'adhésion de la Palestine en tant qu'Etat membre, un vote symbolique qui risque de provoquer une grave crise de l'organisation onusienne avec l'arrêt immédiat de son financement par les Etats-Unis. Mahmoud Abbas, le président palestinien, a finalement choisi de déposer une demande d'adhésion formelle à l'Onu lors de l'Assemblée générale de l'organisation la semaine prochaine. Pour qu'elle soit validée, il faudra l'aval du Conseil de sécurité. Mais Barack Obama a déjà fait savoir qu'il mettrait le veto des Etats-Unis, au risque d'une crise diplomatique. Trois jours après la demande d'adhésion déposée par Mahmoud Abbas, le président palestinien, le Conseil de sécurité, décisionnaire, se réunit pour la première fois ce lundi. Objectif des Palestiniens : réunir au moins neuf voix sur 15 pour obliger Barack Obama à mettre le veto américain. Alors qu'Israël a bloqué depuis jeudi la venue de centaines de militants qui voulaient débarquer à Tel-Aviv pour se rendre dans les Territoires palestiniens, une cinquantaine auraient réussi à passer. 124 militants en majorité français sont en revanche détenus en attendant leur expulsion. Les membres du Quartette pour le Proche-Orient se réunissent ce lundi pour tenter d'éviter la crise annoncée entre Israël et les Palestiniens. Ces derniers comptent présenter une demande de reconnaissance d'un Etat palestinien à l'occasion de l'assemblée générale de l'ONU en septembre. Des milliers de personnes ont ovationné le président palestinien de retour dimanche à Ramallah, en Cisjordanie, après sa demande historique d'adhésion de la Palestine à l'ONU. Les décalarations de fermeté entre Abbas et Netanyahu, elles, se poursuivent. Arrivé après la bataille - c'est-à-dire après la demande formelle de reconnaissance d'un Etat palestinien par l'ONU, et après le discours de Mahmoud Abbas, ovationné par l'Assemblée générale - le Quartette pour le Proche-Orient s'efforce de relancer un processus de paix au point mort. Le président palestinien a déposé vendredi une demande formelle d'adhésion de la Palestine à l'Onu. Dans son discours, il a condamné l'attitude l'Etat hébreu, seul responsable selon lui de l'échec des pourparlers. Pour réponse, le Premier ministre israélien a rejeté la faute sur les Palestiniens. <b> Décodage -</b> Mahmoud Abbas a choisi de déposer une demande d'adhésion pleine et entière pour que la Palestine devienne le 194e membre de l'Onu. Quelles suites cette démarche implique-t-elle ? Le président palestinien peut-il faire marche arrière ? Eléments de réponse avec TF1 News. Lors de son discours, Mahmoud Abbas, le président palestinien, devrait demander l'adhésion pleine et entière d'un Etat palestinien aux Nations unies, au risque d'un clash diplomatique avec les Etats-Unis. Afin de l'éviter, aura-il changé d'avis pour choisir la solution intermédiaire d'un statut d'observateur d'Etat non-membre ? Lors de son discours devant l'Onu, le chef de l'Etat a suggéré mercredi que les Palestiniens accèdent au statut d'Etat observateur non-membre, comme c'est le cas du Vatican. Pour l'instant, Mahmoud Abbas entend toujours déposer une demande de reconnaissance formelle, qui se heurterait au veto de Barack Obama. <b> Analyse -</b> Que peut-il se passer si les Palestiniens obtiennent ou non la reconnaissance de leur Etat à l'Onu ? Les réponses de TF1 News avec Didier Billion, spécialiste du conflit israélo-palestinien à l'Institut des relations internationales et stratégiques. Alors que le conflit du Proche-Orient s'annonce comme le sujet dominant de la session onusienne de mercredi, Nicolas Sarkozy, qui est arrivé à New York, s'est abstenu de prendre clairement position sur la décision du président palestinien Mahmoud Abbas, tout en estimant que la rue arabe doit pousser à agir. Une centaine de parlementaires de la majorité et de l'opposition ont mis en garde dimanche contre toute "démarche unilatérale" qui serait initiée par les Palestiniens pour adhérer à l'ONU. <b> Infographie -</b> Comparez avec notre visuel animé les frontières entre Israël et les Territoires palestiniens en 1967 et la situation actuelle. Les Palestiniens veulent que leur Etat soit basé sur un retour à la "ligne verte" de 1967. A New York, le Président Mahmoud Abbas devrait demander vendredi l'adhésion de la Palestine à l'ONU. A l'occasion de l'assemblée générale de l'ONU, Mahmoud Abbas entend déposer une demande de reconnaissance de l'Etat palestinien. Que faut-il à Gaza et à la Cisjordanie pour devenir un Etat à part entière ? En Israël, si des colons se battent contre un Etat palestinien, d'autres au contraire militent pour un Etat palestinien, seule solution à leurs yeux pour vivre en paix. Le président palestinien Mahmoud Abbas compte présenter la demande d'adhésion d'un Etat de Palestine à l'ONU la semaine prochaine. En Cisjordanie, c'est la mobilisation générale.
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Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne mais qui agit dans ce dossier comme président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), représentante des intérêts palestiniens à l'étranger, va déposer une demande formelle d'adhésion et de reconnaissance d'un Etat palestinien lors de l'assemblée générale de l'Onu qui débute mercredi à New York.
Les Palestiniens souhaitent que leur Etat soit basé sur les frontières du 4 juin 1967 ("la ligne verte"), avant la Guerre des Six Jours. Baptisé "Palestine", il engloberait la bande de Gaza, la Cisjordanie et aurait Jérusalem-Est comme capitale. Par rapport à ce tracé, Israël occupe aujourd'hui une bonne partie de la Cisjordanie et Jérusalem-Est.
Mahmoud Abbas tiendra son discours vendredi.
Pourquoi Mahmoud Abbas agit-il ainsi ?
Le président palestinien est excédé par le blocage des négociations de paix avec Israël, au point mort depuis l'automne 2010, et le refus de l'Etat hébreu de mettre fin à la colonisation en Cisjordanie. En annonçant son intention d'aller à l'Onu au début de l'été, il espérait débloquer la situation. Mais il n'a pas réussi et se retrouve aujourd'hui obligé d'aller au bout de sa démarche vis-à-vis de son opinion publique. Celle-ci a été sensibilisée ces derniers mois par une intense campagne de communication.
Quelles sont les implications institutionnelles de cette demande ?
La procédure de reconnaissance formelle choisie par Mahmoud Abbas implique un vote du Conseil de sécurité pour valider l'adhésion. Pour que la Palestine devienne le 194e Etat membre de l'Onu, il lui faudra obtenir l'aval d'au moins neuf des quinze pays du Conseil, sans veto de l'un des membres permanents. Le vote peut avoir lieu rapidement, comme être repoussé de plusieurs semaines selon l'attitude des participants.
| Veto embarrassant pour Obama |
Quelles sont les implications diplomatiques ?
Les Etats-Unis, opposés à une reconnaissance formelle en dehors de toute solution négociée avec Israël, ont déjà fait savoir qu'il poserait leur veto, bloquant ainsi la demande palestinienne. Ce choix place Barack Obama dans une situation très inconfortable. L'année dernière, il avait en effet dit souhaiter qu'un Etat palestinien soit accueilli au sein des Nations unies le plus rapidement possible. Mais à la suite de pouparlers et d'un accord avec Israël. Pour lui, la demande de Mahmoud Abbas constitue donc une "diversion" qui ne résoudra pas le conflit au Proche-Orient. Mais apposer son veto peut s'avérer très problématique pour un président qui ambitionne d'améliorer les relations entre l'Amérique et le monde arabo-musulman. Il est en effet fort probable que l'opinion arabe considère qu'il s'agit d'un énième soutien des Etats-Unis à Israël aux dépens des Palestiniens, et plus largement des Arabes.
De son côté, l'Union européenne risque de se diviser. Officiellement, elle a toujours soutenu les aspirations des Palestiniens à posséder leur propre Etat. Mais, comme Washington, dans un cadre négocié et non unilatéral. Le dossier cache également des divergences qui pourraient surgir au grand jour et mettre une nouvelle fois à mal l'idée d'une politique étrangère commune. La France a fait savoir qu'elle n'avait pas encore pris sa décision, tout comme l'Allemagne et le Royaume-Uni. Nicolas Sarkozy doit rencontrer Mahmoud Abbas dans la semaine à New York.
Quelle est la position d'Israël ?
L'Etat hébreu, qui affirme que l'échec des négociations provient des Palestiniens, est évidemment fermement opposé à l'initiative de Mahmoud Abbas. Dans un premier temps, c'est Shimon Peres, le président aux pouvoirs limités, qui devait se rendre à l'Onu cette semaine. Finalement, Benjamin Netanyahu, le Premier ministre, fera le déplacement pour exprimer, selon lui, la "vérité" d'Israël face à la revendication palestinienne. "Je crois qu'à la fin (...), après tout ce qui se sera passé aux Nations unies, les Palestiniens reprendront raison, je l'espère, et abandonneront ces manœuvres d'évitement des négociations pour venir s'asseoir à la table des discussions", lance-t-il. Semblant infléchir sa position, le Premier ministre israélien s'est dit lundi soir "intéressé" par une rencontre avec Mahmoud Abbas lors de l'Assemblée générale de l'ONU .
Comment les Palestiniens perçoivent-ils l'initiative de Mahmoud Abbas ?
Selon un sondage, 83% de la population y est plutôt favorable, tout en sachant que cela n'améliorera pas son niveau de vie.
Sur le plan politique, malgré l'accord de réconciliation inter-palestinien, le Hamas, qui gère la bande de Gaza, est dubitatif. "La demande de Mahmoud Abbas comporte de nombreux risques et peut constituer une violation des droits nationaux tels que le droit au retour (ndlr : le retour des réfugiés de la première guerre israélo-arabe de 1948), notre droit à la résistance et à l'autodétermination", explique le mouvement islamiste. Le Hamas mise surtout sur un échec qui affaiblirait Mahmoud Abbas auprès de la population palestinienne.
| Abbas : "c'est devenu l'enfer" |
Que peut-il se passer d'ici vendredi ?
"C'est devenu l'enfer", a affirmé lundi matin Mahmoud Abbas avant de partir pour New York. Les Etats-Unis, l'UE et le "Quartette pour le Proche-Orient" (Union européenne, Etats-Unis, Russie et Nations unies), représenté par Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique, font en effet le forcing pour le convaincre de revenir sur sa décision. Ou du moins de choisir une voie moins frontale, c'est-à-dire l'option dite du "Vatican". Comme le Saint-Siège, cette solution permettrait aux Palestiniens d'obtenir le statut d'"Etat non membre" et donc de siéger notamment dans les organisations internationales comme l'Unesco ou la Cour pénale internationale. Elle requiert uniquement un vote de l'Assemblée générale à la majorité des deux tiers (soit 129 pays), déjà acquise aux Palestiniens. Mahmoud Abbas n'y est pas opposé... mais seulement si la procédure devant le Conseil de sécurité échoue.
Les Etats-Unis interviennent également en coulisses auprès des membres non permaments du Conseil de sécurité (Afrique du Sud, Allemagne, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Colombie, Gabon, Inde, Liban, Nigéria, Portugal) pour qu'ils votent "non" ou qu'ils s'abstiennent. Si la résolution obtient en effet moins de neuf voix, elle ne sera pas adoptée et Barack Obama n'aura pas besoin de mettre son veto.
Y-a-t-il des risques de violences sur le terrain ?
Beaucoup d'observateurs craignent des manifestations en Cisjordanie -lundi, Alain Juppé a ainsi parler d'une éventuelle "explosion de violence" si le statu-quo perdure. Face à la situation, Israël s'apprête notamment à renforcer son dispositif de sécurité.
| Les discours en direct sur LCI et TF1 News |
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