Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne mais aussi président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP, qui représente les intérêts palestiniens aux Nations unies), a en effet annoncé vendredi après-midi dans un discours solennel à Ramallah qu'il déposerait la semaine prochaine lors de l'Assemblée générale de l'Onu une demande d'adhésion pleine et entière pour devenir le 194e membre de l'organisation.
Or Barack Obama a déjà fait savoir qu'il opposerait son veto à la demande palestinienne, bloquant donc le processus. Les Palestiniens réclament notamment que l'Etat de Palestine soit basée sur les frontières de juin 1967, avant la guerre des Six Jours, avec Jérusalem-Est comme capitale. "Aller à l'Onu est un droit légitime pour réparer une injustice historique", explique Mahmoud Abbas.
Obama entre deux feux
Outre Israël, fermement opposé à cette adhésion sans accord préalable avec lui, et l'Union européenne, une nouvelle fois divisée, le choix palestinien place les Etats-Unis dans une position plus qu'inconfortable. L'année dernière, Barack Obama a en effet dit souhaiter qu'un Etat palestinien soit accueilli au sein des Nations unies le plus rapidement possible. Mais à la suite de négociations et d'un accord avec Israël. Pour lui, la demande de Mahmoud Abbas constitue donc une "diversion" qui ne résoudra pas le conflit au Proche-Orient.
Mais le fait de mettre son veto peut s'avérer très problématique pour un président qui ambitionne d'améliorer les relations entre l'Amérique et le monde arabo-musulman. Il est en effet fort probable que l'opinion arabe considère qu'il s'agit d'un énième soutien des Etats-Unis à Israël aux dépens des Palestiniens, et plus largement des Arabes.
Rendez-vous vendredi 23
D'ici à la semaine prochaine, les Palestiniens ont cependant une solution de rechange, moins frontale. Même si son discours de ce vendredi semblait ferme, Mahmoud Abbas peut en effet encore choisir l'option dite du "Vatican". Elle permet d'obtenir, comme le Saint-Siège, le statut d'Etat non membre. Cette procédure requiert uniquement un vote de l'Assemblée générale à la majorité des deux tiers (soit 129 pays), déjà acquise aux Palestiniens.
D'intenses tractations diplomatiques avec les Etats-Unis et l'Union européenne ont d'ailleurs eu lieu tout l'été pour faire infléchir la position de Mahmoud Abbas et le pousser, au plus, à choisir cette solution. Il est probable qu'elles vont continuer les jours qui viennent pour le faire revenir sur sa décision avant vendredi prochain, date programmé de son discours à l'Onu puis du vote du Conseil de sécurité.
| "La paix ne s'obtiendra pas par une démarche unilatérale à l'ONU" |
Israël a dénoncé vendredi la démarche "unilatérale" du président palestinien Mahmoud Abbas de demander l'adhésion d'un Etat de Palestine la semaine prochaine à l'ONU. |








