Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, l'une des deux femmes autorisées pour la première fois par le très conservateur royaume saoudien à participer aux JO, pourra bel et bien prendre part aux épreuves de judo. Un accord a été trouvé avec les organisateurs sur le cas de la jeune femme, qui refusait de participer à la compétition sans son hijab, son foulard islamique. Les termes du compromis tournent apparemment autour de la notion de "port acceptable" du hijab. "Toutes les parties sont tombées d'accord cet après-midi sur la question du foulard et elle participera (...)", a déclaré Razab Bakar, porte-parole du Comité olympique saoudien. "Un accord est intervenu sur la forme que prendra ce foulard et notre judoka sera présente en le portant de la manière convenue".
Agée de 18 ans, Shahrkani doit affronter au premier tour du tournoi des plus de 78 kilos la Portoricaine Melissa Mojica, classée 13e au classement mondial. La judokate est l'une des deux athlètes avec Sarah Attar, spécialiste du 800 m, qui permettent pour la première fois à l'Arabie saoudite de participer à des épreuves féminines des JO-2012.
Le sport, "contre-nature" pour les femmes à Riyad
Mais pour autoriser cette première historique, le prince Nawaf ben Fayçal, responsable du sport dans l'ultraconservatrice Arabie saoudite, avait exigé le port d'une tenue islamique, la présence d'un parent proche et la non-mixité. Il faut dire que l'envoi de deux athlètes féminines à Londres avait été, en soi, perçu comme un progrès pour les droits des femmes dans la mesure où les dignitaires religieux saoudiens s'opposent à ce que les femmes pratiquent le sport, jugeant une telle activité "contre-nature".
Une très timide ouverture qui aurait pu ne déboucher sur rien, puisque, dans un premier temps, la Fédération internationale avait refusé la demande de la judoka de pratiquer sa discipline avec le hijab en expliquant que ce serait dangereux. Finalement, l'accord trouvé avec les organisateurs semble satisfaire toutes les parties. "Elle participera à la compétition", a confirmé lundi de son côté le porte-parole de la Fédération internationale de judo, Nicolas Messner, sans fournir d'autres précisions.
| Une championne olympique réagit |
La judoka française, Marie-Claire Restoux a estimé mardi que la décision du Comité international olympique (CIO) d'autoriser une judoka saoudienne à combattre la tête couverte à Londres n'était "pas un bon signe à envoyer". "On peut comprendre que pour une femme saoudienne, concourir dans une compétition olympique, c'est une vraie avancée. En même temps, ça ouvre une brèche qui à mon avis en terme de symbole n'est pas forcément un bon signe à envoyer". |










