Pour l'ancien directeur général adjoint de l'AIEA, il n'y a pas lieu de dresser un parallèle entre les deux pays. Le Japon, contrairement à l'Iran, a ratifié le Protocole Additionnel avec l'AIEA et n'a jamais été déclaré en violation de ces accords. Le Japon est un Etat qui ne présente aucune menace pour les pays de la région même s'il dispose sans doute de la technologie lui permettant de fabriquer une bombe en quelques mois. Si l'Iran devait atteindre ce seuil, il en serait tout autrement. Pour Pierre Goldschmidt, cela "accroitrait significativement l'instabilité de la région". Les autres pays guetteront avec nervosité le moindre signe d'un passage à l'étape de la fabrication d'armes nucléaires.
Faut- il bombarder les installations nucléaires de l'Iran?
"Ce serait la plus mauvaise des solutions. Cela pousserait l'Iran à se retirer du Traité de Non-Prolifération et à construire la bombe", estime Pierre Goldschmidt, ancien directeur général de l'AIEA. Le programme nucléaire de l'Iran serait temporairement freiné mais reprendrait ensuite librement.
Faut-il laisser l'Iran avoir la bombe et se retrouver comme au temps de la Guerre froide ?
"Evidemment non, d'autant plus que durant la guerre froide, les communications entre les Etats-Unis et l'URSS n'étaient pas rompues. Il y avait le téléphone rouge, des relations diplomatiques et malgré cela le monde a frôlé plusieurs fois la catastrophe. Qu'en serait-t-il entre deux pays qui n'entretiennent aucune relation ? La situation serait beaucoup plus dangereuse. Le risque de malentendu beaucoup plus grand", explique Pierre Goldschmidt.
Que faire ? Quelques pistes de réflexion pour trouver un accord.
Il faut tout d'abord que l'Iran accepte d'accorder à l'AIEA des pouvoirs d'investigations allant temporairement au-delà de ceux que permet le Protocole Additionnel. Sans cela l'Agence est incapable de remplir son mandat en Iran dans un délai raisonnable.
- Il faut "livrer sans contrepartie des barres de combustible" pour le réacteur nucléaire de recherche de Téhéran en échange de l'engagement de l'Iran de ne pas produire d'uranium enrichi à plus de 5% en U-235. Il faut savoir que"rien aujourd'hui n'interdit à un Etat de produire de l'uranium hautement enrichi à 90% en U-235" utilisable dans une arme nucléaire.
- Il faut permettre, sous contrôle de l'AIEA, "à Téhéran de continuer ses activités d'enrichissement sous réserve d'exporter tous les 6 mois les quantités produites vers la Russie". Moscou fabriquera en retour "du combustible pour la centrale électronucléaire de Bushehr".
- Il faut garantir sa sécurité à l'Iran. "Il est impératif de lui apporter cette garantie. Mais toute la question est de savoir comment ! Que faire concrètement, c'est toute la question". Les dirigeants iraniens sont persuadés que le colonel Kadhafi est tombé parce qu'il a abandonné son programme nucléaire.









