Les incidents se multiplient à la frontière turco-syrienne : vendredi soir, un tir venu de Syrie a touché une zone rurale du district de Yayladagi, à une cinquantaine de mètres à l'intérieur du territoire turc, a précisé le gouverneur de la province, cité par l'agence de presse Anatolie. Deux jours plus tôt, des tirs syriens se sont abattus sur le village frontalier turc d'Akçakale, contrôlé depuis la mi-septembre par les rebelles de l'Armée syrienne libre, faisant cinq victimes turques. Ankara avait riposté mercredi soir et jeudi matin par des tirs sur des positions de l'armée syrienne, qui ont tué "plusieurs" soldats syriens, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'armée turque a renforcé sa présence dans le secteur en déployant plusieurs chars et pièces d'artillerie.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a répété vendredi que son pays ne souhaitait pas la guerre avec la Syrie mais qu'il n'hésiterait pas à répondre à tout acte menaçant sa "sécurité nationale"."Je le redis une fois encore au régime Assad et à ses partisans: ne vous aventurez pas à éprouver la patience de la Turquie (...) La Turquie se sortira sans une égratignure de tout incident et poursuivra son chemin", a déclaré M. Erdogan devant une foule de partisans du parti au pouvoir. "Mais vous, vous en sortirez meurtris, vous en paierez un prix très élevé", a-t-il ajouté.
Le gouvernement turc a obtenu jeudi le feu vert de son Parlement pour poursuivre les opérations militaires contre la Syrie, si nécessaire. L'incident d'Akçakale, le plus grave entre Damas et Ankara depuis la destruction d'un avion de combat turc par la défense anti-aérienne syrienne en juin, a provoqué un brusque regain de tensions et ravivé les craintes d'une propagation du conflit syrien. Le Conseil de sécurité de l'ONU a fermement condamné jeudi les tirs de l'armée syrienne sur la Turquie, après de longues tractations entre Russes et Occidentaux, et appelé les deux pays voisins à la retenue.










