La publicité faite autour du film "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans"), a enflammé le monde musulman. En Libye, les contestations ont tourné au drame mardi avec l'attaque par un groupe armé du consulat américain et la mort de quatre fonctionnaires, dont l'ambassadeur américain. Dans le même temps, plusieurs milliers de cairotes manifestaient contre le film devant la mission diplomatique américaine. Mercredi, les Frères musulmans, première force politique d'Egypte, ont pris appui sur ces évenements pour appeler à manifester à travers le pays vendredi.
En Tunisie, 300 militants salafistes se sont rassemblés mercredi devant l'ambassade des Etats-Unis à Tunis. La police a procédé à des tirs de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui ont tenté de forcer le périmètre
de sécurité autour de l'ambassade américaine. Les manifestants --hommes et femmes portant les étendards noir et blanc de cette mouvance-- s'étaient d'abord rassemblés dans le calme en début de journée. Ils ont ensuite accompli la prière de l'après-midi sur une pelouse aux abords du bâtiment, avant de brûler le drapeau américain aux cris de "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) et scandant des slogans hostiles aux Etats-Unis. Des rassemblements ont également eu lieu à Khartoum et à Casablanca. Une manifestation est prévue jeudi à Téhéran devant l'ambassade de Suisse qui représente les intérêts américains.
En Afghanistan, les talibans ont promis de se venger sur les soldats américains. "L'Emirat islamique appelle tous les dignitaires religieux afghans à faire connaître à leurs disciples les actes inhumains commis par les Américains (...) Et à les préparer à un combat de longue haleine", a déclaré le mouvement rebelle islamiste.
Un réalisateur "bouleversé"
Selon un collaborateur de Sam Bacile (pseudonyme du réalisateur), celui-ci serait "bouleversé" par la mort de l'ambassadeur américain et se cacherait par peur des représailles. Selon la presse américaine, l'homme serait un promoteur immobilier israélo-américain qui aurait de la famille en Egypte. Agé de 54 ans, il vivrait en Californie. Son film aurait coûté 5 millions de dollars et aurait été financé par des donateurs juifs.
Le réalisateur a reçu le soutien du très controversé Terry Jones, un pasteur qui s'est illustré pour avoir brûlé un exemplaire du Coran et s'être résolument opposé à la construction d'une mosquée près de Ground Zero à New York. Le pasteur avait annoncé son intention de diffuser des extraits du film dans son église de Gainesville, en Floride. "C'est une production américaine, qui n'a pas pour objectif d'attaquer les musulmans mais de montrer l'idéologie destructive de l'islam", avait-il déclaré dans un communiqué publié par le Wall Street Journal.










