Le régime syrien s'en prend aux figures de l'opposition

le 08 octobre 2011 à 08h40 , mis à jour le 08 octobre 2011 à 08h43

Dossier : Révolte en Syrie

Les Etats-Unis et l'opposition syrienne dénoncent l'assassinat d'un chef de l'opposition kurde et l'agression d'un ancien député syrien comme une "escalade" dans la répression menée par le régime de Bachar al-Assad, qui a encore coûté la vie vendredi à 16 personnes.

Un chef de l'opposition kurde a été assassiné vendredi en Syrie, théâtre de nouvelles manifestations antirégime réprimées dans le sang. Mechaal Tamo, 53 ans, membre du Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition, a été victime de l'irruption d'inconnus armés à son domicile dans la ville de Qamichli, selon des militants. "Quatre hommes armés et masqués se sont introduits dans sa maison et ont tiré sur lui et son fils Marcel et une collègue", qui ont tous deux été blessés, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. L'agence officielle syrienne Sana, fournissant une version divergente, a affirmé que le responsable kurde avait été tué par des "hommes armés à bord d'une voiture noire qui ont tiré sur son véhicule". A l'annonce de ce décès, des milliers de manifestants kurdes sont descendus dans la rue.

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Fondateur du Courant du Futur, un parti kurde libéral, Mechaal Tamo avait récemment été libéré après trois ans et demi de prison. Il avait rejeté une proposition de dialogue présentée aux partis kurdes par les autorités. Le jour-même de son assassinat, à Damas, l'opposant et ancien député syrien Riad Seif a été hospitalisé après avoir été roué de coups par des agents de sécurité devant la Mosquée al-Hassan, dans le quartier Midane. Une agression dénoncée par les comités de coordination locaux, mouvement qui chapeaute les manifestants sur le terrain.

"Une escalade dans la tactique du régime"

"C'est à l'évidence une escalade dans la tactique du régime", a commenté le département d'Etat américain après ces attaques contre les opposants. Pour la porte-parole du Conseil national syrien, Bassma Kodmani, le régime a "franchi une nouvelle étape dans la stratégie de répression. Tous les leaders de l'opposition doivent se protéger". La moitié des membres du CNS vivent en Syrie, les autres étant éparpillés aux Etats-Unis, en Europe et en Turquie. Paris a condamné "les violences brutales" en Syrie et la Maison Blanche a appelé le président syrien à quitter le pouvoir "maintenant", évoquant une situation "très dangereuse".

Créé fin août à Istanbul, le CNS qui s'efforce de structurer la contestation contre le régime, réunit la majorité des courants politiques opposés au régime, en particulier les LCC, les libéraux, les Frères musulmans et des partis kurdes. Il doit en principe se réunir ce samedi au Caire pour se doter d'une direction. C'est d'ailleurs sous le slogan "le CNS est notre représentant, le mien, le tien et celui de tous les Syriens" que des milliers de personnes ont défilé une nouvelle fois vendredi en Syrie à l'appel des militants pro-démocratie. Mais, comme chaque vendredi, les forces de sécurité massivement déployées ont ouvert le feu sur les manifestants, tuant 16 civils: trois à Douma et un à Zabadani, deux villes proches de Damas, un dans la région de Jisr al-Choughour, et 11 à Homs, selon l'OSDH. A Homs, des manifestants ont appelé à la chute du régime en brandissant des chaussures devant des photographies du président syrien, dont le visage était barré d'une croix, selon une vidéo diffusée sur YouTube. A Deraa, des milliers de personnes ont piétiné des drapeaux géants de la Russie et de la Chine, qui ont opposé mardi leur veto à un projet de résolution occidental au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression.

Mais le président russe Dmitri Medvedev, dont le pays est un proche allié de Damas à qui Moscou fournit de l'armement, a envisagé pour la première fois le départ de Bachar al-Assad, même si Moscou maintient son opposition à toute ingérence dictée par les Occidentaux. "Nous travaillons activement avec les dirigeants syriens pour qu'ils procèdent aux réformes indispensables. S'ils ne sont pas capables de mener ces réformes, ils doivent partir", a-t-il dit. "Mais c'est au peuple et au régime syrien de décider cela, et non pas à l'Otan ou à certains pays européens".

le 08 octobre 2011 à 08:40
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