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Mort d'Arafat : les Palestiniens veulent une enquête internationale


le 05 juillet 2012 à 12h11 , mis à jour le 05 juillet 2012 à 12h19.
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Yasser Arafat et sa femme Souha. Le 29 octobre 2004.

Yasser Arafat et sa femme Souha. Le 29 octobre 2004. / Crédits : Abacapress

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Moyen-orientAfin de "clore le dossier" de la mort de Yasser Arafat, rouvert après un documentaire d'Al-Jazira évoquant l'hypothèse d'un empoisonnement au polonium, le ministre palestinien des Affaires étrangères se dit favorable à une enquête internationale.

A la suite de la diffusion d'un documentaire d'Al-Jazira suggérant que Yasser Arafat aurait pu être empoisonné au polonium (lire notre article : "Yasser Arafat a-t-il été empoisonné au polonium ?"), les dirigeants palestiniens se disent favorables à une enquête internationale. "Nous voulons montrer que l'Autorité, la direction et le peuple palestiniens sont tous impatients de connaître tous les détails de la mort d'Arafat, afin de clore ce dossier. Nous serons en première ligne pour participer et soutenir cette enquête", a  assuré jeudi le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, sur la radio officielle, la Voix de la Palestine.

"Nous aurions pu prendre l'initiative mais nous ne voulions pas créer de contentieux et de divergences sur une question aussi importante", a expliqué le ministre, interrogé sur le délai entre la mort de Yasser Arafat le 11 novembre 2004 et l'aval donné mercredi par le président palestinien Mahmoud Abbas à une analyse du corps, qui repose dans un mausolée au siège de la présidence à Ramallah. "Ces huit dernières années, les initiatives pour appeler à une commission internationale ne suffisaient pas mais maintenant des parties ont montré leur volonté d'avancer et nous serons les premiers à les accompagner dans cette démarche. A l'époque, nous avons ordonné une enquête, mais la réponse était insuffisante", a-t-il ajouté, en allusion au refus par la veuve d'Arafat d'une autopsie.

Des soupçons, mais pas de preuve

Mais mercredi, la veuve de Yasser Arafat, Souha Arafat a annoncé qu'elle allait "immédiatement adresser une lettre officielle au laboratoire suisse qui a conduit les tests pour autoriser la collecte d'échantillons sur les restes du martyr Arafat afin de vérifier les résultats". "Il y a aujourd'hui beaucoup plus d'intérêt, dont nous pouvons tirer avantage", a donc plaidé jeudi Riyad al-Malki.

Arafat était subitement tombé malade en 2004 et était décédé le 11 novembre 2004 à l'hôpital militaire de Percy à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, sans que ses médecins trouvent une explication à sa maladie. Des soupçons d'un empoisonnement avaient alors plané. Selon Darcy Christen, porte-parole de l'Institut de radio-physique de Lausanne, cité par Al-Jazira dans son documentaire, des tests ont décelé un taux "surprenamment" élevé de polonium-210 dans les effets d'Arafat, ses vêtements, sa bosse à dents et son keffieh. Toutefois, les symptômes mentionnés dans le dossier médical de l'ancien dirigeant palestinien ne sont pas cohérents avec une exposition au polonium. Le porte-parole précise qu'aucune conclusion ne peut être tirée sur l'hypothèse d'un empoisonnement.

Israël a, pour sa part, démenti toute implication dans la mort du leader historique palestinien, qui avait 75 ans lors de son décès. "Le corps est entre leurs mains. Il est à Ramallah et, vraiment, toutes les clés sont entre leurs mains", a déclaré mercredi l'ancien patron du Shin Bet, le service de contre-espionnage israélien, Avi Dichter, au micro de la radio militaire israélienne.

Retrouvez le document d'Al-Jazira

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