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Nucléaire iranien : l'AIEA veut mettre Téhéran au pied du mur


le 19 mai 2012 à 09h43 , mis à jour le 19 mai 2012 à 09h45.
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4min
Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, en visite à la centrale nucléaire de recherche de Téhéran (15/02/2012)

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, en visite à la centrale nucléaire de recherche de Téhéran (15/02/2012) / Crédits : TF1/LCI

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Moyen-orientAvec sa visite surprise dimanche et lundi en Iran, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, le Japonais Yukiya Amano, met l'Iran au défi de répondre aux inquiétudes internationales sur son programme nucléaire.

La visite n'a été annoncée que vendredi, par un simple communiqué de l'AIEA : le directeur-général de l'Agence internationale pour l'énergie atomique, le Japonais Yukiya Amano, se rendra dimanche et lundi à Téhéran pour discuter du programme nucléaire controversé de l'Iran. Il sera accompagné pour l'occasion du chef des inspecteurs de l'agence onusienne, le Belge Herman Nackaerts. Sur place, Yukiya Amano rencontrera le chef des négociateurs iraniens sur le nucléaire, Saïd Jalili. Le but de ce voyage : demander à l'Iran une plus grande coopération afin de lever les suspicions quant à la nature de son programme nucléaire controversé. Cette réunion à Téhéran annule et remplace celle prévue lundi à Vienne, qui devait faire suite à deux jours de discussions les 14 et 15 mai dans la capitale autrichienne, la première rencontre après l'échec de deux missions de l'AIEA en Iran en début d'année. La République islamique avait alors refusé l'accès au site militaire de Parchin. Pour un diplomate occidental auprès de l'AIEA, "la décision-surprise de Yukiya Amano de se rendre lui-même à Téhéran met l'Iran au pied du mur quant à sa volonté réelle de répondre aux inquiétude de la communauté internationale".

Ce développement surprise de la crise du nucléaire iranien survient quelques jours à peine avant la date de la rencontre entre les responsables iraniens et le Groupe "5+1" (les cinq pays avec droit de veto au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies - Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni - plus l'Allemagne) ainsi que l'Union européenne. Elle est prévue le 23 mai prochain à Bagdad. En 2009 et 2011, à Genève et Istanbul, des discussions dans le même cadre n'avaient rien donné, mais une nouvelle consultation à Istanbul les 13 et 14 avril avait été jugée "constructive et utile" par la représentante de la diplomatie de l'Union européenne, la Britannique Catherine Ashton.

Ce qui est espéré lors de la réunion de Bagdad

Ces deux réunions constituent une nouvelle tentative pour trouver une issue diplomatique à une crise qui a connu une escalade depuis la prise de position du président américain Barack Obama en janvier 2009, lequel s'était alors déclaré ouvert au dialogue avec Téhéran si l'Iran "desserre le poing". Depuis, l'Iran a considérablement accru ses activités nucléaires : Téhéran procède à l'enrichissement d'uranium jusqu'à 20%, pas significatif vers l'enrichissement de l'uranium à 90%, qui permet la fabrication de l'arme atomique.

La communauté internationale, craignant l'accès à l'arme nucléaire de la République islamique, a sanctionné le pays, notamment son secteur vital du pétrole. Israël a indiqué qu'il pourrait lancer des frappes militaires contre l'Iran si la diplomatie venait à échouer. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a reproché le 18 mai à l'Iran de chercher "à gagner du temps". En mars, Barack Obama avait préféré mettre l'accent sur la voie diplomatique, précisant toutefois qu'il "n'hésiterait pas utiliser la force si nécessaire". La Chambre des représentants a mis le 17 mai la pression sur le président américain, "pour empêcher le gouvernement iranien d'acquérir la capacité de fabriquer une arme nucléaire".

L'Iran veut que la communauté internationale reconnaisse son droit à un programme nucléaire pacifique, que les sanctions économiques soient levées et que la menace d'une intervention militaire se dissipe. De leur côté, les Occidentaux - la Chine et la Russie ayant une position nettement plus modérée - exigent de la République islamique une série de preuves quant au caractère non-militaire de ses activités nucléaires. A priori, aucun résultat spectaculaire n'est attendu à l'issue des deux réunions : "Une issue positive de la réunion de Bagdad serait de permettre la poursuite du dialogue", a ainsi estimé un diplomate du Groupe des "5+1".

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  • disondonc : Appeler Mr Roccard de nouveau et Mr HOLLANDE ca va vite etre solutionné le Président France ne rigole pas

    Le 19/05/2012 à 11h23
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