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DOSSIER : Argo

Argo : Que s'est-il passé le 4 novembre 1979 à Téhéran ?

Edité par
le 02 novembre 2012 à 05h45 , mis à jour le 06 novembre 2012 à 09h42.
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4min
Téhéran, le 4 novembre 1979 devant l'Ambassade des Etats-Unis

Téhéran, le 4 novembre 1979 devant l'Ambassade des Etats-Unis / Crédits : AFP

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Moyen-orientAprès la proclamation de la République islamique par l'ayatollah Khomeiny, des étudiants prennent en otages 52 employés et diplomates de l'ambassade américaine. Un bras de fer de 444 jours toile de fond du nouveau film de Ben Affleck, "Argo".

Le 4 novembre 1979, sept mois après la révolution qui a renversé le Shah Mohammed Reza Pahlavi et la proclamation de la République islamique par l'ayatollah Khomeiny, trois cents « étudiants suivant la ligne de l'Imam »,  clamant des slogans islamiques et anti-impérialistes, sautent par-dessus le mur d'enceinte de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, après avoir vaincu la résistance de « marines »  en faction.

Les « étudiants islamiques » exigent l'extradition du Shah soigné aux Etats-Unis, ainsi que la remise de sa fortune à l'Iran. Militants islamistes radicaux pour la plupart, ils s'installent sur les lieux, ne laissent plus sortir personne. La bannière étoilée est abaissée, le drapeau de l'islam hissé.

52 otages américains

Les étudiants prennent en otages 66 diplomates et employés travaillant à l'ambassade américaine. Les yeux bandés, les poings liés, ils sont répartis dans plusieurs bâtiments. Une dizaine d'entre eux, dont des femmes, sont rapidement libérés pour des raisons « humanitaires », ainsi qu'une poignée de chanceux qui réussit à s'enfuir grâce à de faux passeports canadiens. C'est d'ailleurs l'histoire racontée par le film Argo qui sort le 7 novembre dans les salles.

52 otages resteront en revanche en captivité. Apparemment improvisée, l'occupation de l'ambassade sera mise à profit par ceux qui voulaient radicaliser la révolution. Le 6 novembre, le gouvernement de Mehdi Bazargan, représentant la bourgeoisie libérale et jugé enclin à composer avec les Etats-Unis, démissionne. Le champ est libre pour les religieux, le pays est alors pris en charge par le «conseil de la révolution». Le ton monte, l'Iran refuse toute livraison de pétrole aux Etats-Unis, qui décrètent un embargo sur les biens de consommation et gèlent les avoirs bancaires iraniens.  

Le fiasco d'une libération

Cinq mois plus tard, le 7 avril 1980, Washington ne parvenant pas à composer avec le régime islamique qui continue de réclamer la livraison du Shah et de dénoncer le «  grand Satan », rompt les relations diplomatiques.

Le 25 avril, le président américain Jimmy Carter, lance Eagle Claw, une opération héliportée des forces spéciales américaines  pour tenter de libérer les otages. Elle tourne au désastre. Une planification trop complexe, des problèmes techniques ainsi que des tempêtes de sable imprévues conduisent à la déroute et à l'annulation de l'opération. En représailles, Les captifs sont promenés les yeux bandés devant des foules excitées et dispersés dans plusieurs villes d'Iran. L'Amérique est profondément humiliée.

Pour « punir » le président Carter, les dirigeants de Téhéran vont garder les prisonniers américains pendant de longs mois, même après la mort du Shah en juillet 1980.

Les otages seront libérés le 20 janvier 1981, grâce à une médiation algérienne, et au terme d'un accord conclu entre Washington et Téhéran, en échange du dégel des fonds iraniens, assorti de la promesse qu'aucune poursuite judiciaire ne sera lancée contre les autorités iraniennes. La crise aura duré 444 jours.

Reconversion des preneurs d'otages

Leur libération interviendra le jour même de l'investiture du président Ronald Reagan, successeur de Jimmy Carter, à qui les autorités iraniennes n'auront rien cédé.

Vingt ans plus tard, certains jeunes fanatiques reconnaîtront être partis à l'attaque sur un « malentendu » avec Khomeiny. A l'exemple d'Abbas Abdi, l'un des cerveaux de l'opération, qui va passer dans le camp des réformateurs et devenir un farouche critique du régime qu'il a contribué à mettre en place, avant d'abandonner la politique. En 1998, il rencontre à Paris à l'Unesco Barry Rossen, ancien otage devenu professeur à l'université de Columbia et ardent défenseur de l'Iran aux Etats-Unis,  pour tenter renouer le dialogue entre les deux pays.

Argo

un film de et avec Ben Affleck
Dans les salles le 7 novembre 2012

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