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Qu'est-ce que le PKK, bras armé des Kurdes de Turquie ?

Fabrice Aubert par
le 10 janvier 2013 à 11h57 , mis à jour le 10 janvier 2013 à 12h28.
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3min
Archives : militant kurde brandissant un portrait d'Abdullah Öcalan, leader du PKK, Ankara, 4/10/2009

Archives : militant kurde brandissant un portrait d'Abdullah Öcalan, leader du PKK, Ankara, 4/10/2009 / Crédits : AFP PHOTO/ADEM ALTAN

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Moyen-orientCréé en 1978 par Abdullah Öcalan, le Parti des travailleurs du Kurdistan, d'obédience marxiste, a lancé une guérilla militaire contre la Turquie en 1984 pour exiger la reconnaissance de la minorité kurde. Considéré comme terroriste par l'UE, il mène actuellement des pourparlers de paix avec Ankara.

Qu'est-ce que le Kurdistan ?
Le Kurdistan est une région du Moyen-Orient qui s'étend sur quatre pays : principalement le sud-est de la Turquie (où les Kurdes, première minorité du pays, sont majoritaires), ensuite l'Iran et l'Irak, enfin une petite partie de la Syrie. Au total, la population kurde représente environ 35 millions de personnes, dont la majorité vit en Turquie (entre 15 et 20 millions).

Quelle est la situation politique des Kurdes dans les pays concernés ?

Pour beaucoup de leurs défenseurs, les Kurdes sont un "peuple sans Etat". Seuls l'Iran et l'Irak reconnaissent officiellement une région baptisée "Kurdistan". Le Kurdistan irakien bénéficie d'ailleurs d'une très large autonomie par rapport au pouvoir central de Bagdad tandis que le président irakien, Jalal Talabani, est kurde. Ces avancées ont généré une situation politique calme. A l'opposé, la "question kurde" est très sensible en Turquie, puisque Ankara ne reconnait pas l'identité kurde.

Quid du "problème kurde" en Turquie ?

Après plusieurs soulèvements sévèrement réprimés après la naissance de la Turquie en 1923, les Kurdes ont lancé une nouvelle guérilla en 1984, menée par le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Son leader, Abdullah Ocalan, a été arrêté en 1999. Condamné à la peine de mort, sa peine a ensuite été commuée à la prison à perpétuité. Une tentative de dialogue avait fait long feu en 2009. Depuis 1984, le conflit entre Ankara et le PKK aurait fait plus de 45.000 morts.

Que revendique aujourd'hui le PKK ?

Après avoir longtemps exigé l'indépendance des régions kurdes de Turquie, il réclame désormais une simple une autonomie dans le cadre d'un système fédéral, un peu à la manière du Kurdistan irakien. Depuis quelques semaines, de nouvelles  négociations sont d'ailleurs en cours entre Abdullah Öcalan et le gouvernement turc de Recep Erdogan. Ce dernier a tout intérêt à trouver une solution rapidement en vue de ses discussions d'adhésion à l'UE, qui ne pourra valider l'entrée de la Turquie en son sein si le conflit perdure.

Où en sont les négociations entre Öcalan et le gouvernement turc ?

Mercredi, les médias turcs ont affirmé que ces pourparlers seraient sur le point d'aboutir : en échange de l'arrêt des attaques menées par le PKK et d'un formel adieu aux armes, une réforme de l'Etat turc donnerait des droits importants à la minorité kurde et des centaines de prisonniers kurdes -peut-être Öcalan lui-même- seraient libérés.

En attendant, le conflit armé se poursuit néanmoins : des affrontements ont encore lieu lundi soir à l'extrême Sud-Est de la Turquie, près de la frontière avec le Kurdistan irakien, souvent utilisé comme base arrière par le PKK. Ils auraient fait une quinzaine de morts.

Comment est perçu le PKK à l'étranger ?

En raison de ses activités (attentats en Turquie, mais aussi extorsion de fonds et racket parmi les Kurdes vivants à l'étranger...), il est placé sur la liste des organisations terroristes par l'UE, les Etats-Unis et d'autres pays.

En France, des coups de filet ont lieu périodiquement parmi la communauté kurde, estimée à 150.000 personnes, en raison de l'appartenance supposée de certains de ses membres au PKK. Mais la grande majorité des interpellés sont finalement relâchés, faute de preuves. La Turquie voit dans le triple meurtre commis à Paris ce jeudi un règlement de comptes entre plusieurs tendances du PKK.

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