Une telle mobilisation était inimaginable il y a quelques jours encore : des milliers de manifestants sont descendus dans la rue vendredi en Syrie, dans plusieurs villes. "C’est la répression qui a fait le mouvement", selon le spécialiste Gilles Kepel. © LCILe président syrien Bachar al Assad, au pouvoir de depuis 11 ans, est confronté à la plus grande vague de contestation de son régime et les manifestations s'étendent dans plusieurs villes du pays. Samedi, un local du parti Baas, au pouvoir depuis 1963, et un commissariat ont été incendiés à Tafas, près de Deraa, épicentre de la contestation dans le sud du pays. Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le village aux cris de "liberté !" pour les obsèques d'un manifestant tué la veille. Et, selon un militant syrien des droits de l'homme, interrogé par Reuters au Caire, deux manifestants qui tentaient aussi d'incendier la représentation locale du parti Baas ont été tués par les forces de l'ordre à Lattaquié, sur la côte syrienne.
La Syrie lève l'état d'urgence... trop tard ?
Face à la contestation qui s'amplifie un peu partout dans le pays, Bachar al-Assad a lâché du lest ce mardi en acceptant de mettre fin à l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963 et l'arrivée du parti Baas au pouvoir. Il s'agissait de la principale revendication des manifestants.
Publié le 19/04/2011
Syrie : Assad ne lâche rien et dénonce un "complot"
Alors que son discours, le premier depuis le début de la contestation, avait été présenté comme l'occasion de notamment annoncer la fin de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963, le président syrien est resté ferme ce mercredi. Il n'a fait aucune concession pour atténuer l'oppression politique et le règne du parti Baas.
Publié le 30/03/2011
Syrie : vers l'abrogation de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963
Au pouvoir depuis 2000, à la suite de son père, le président syrien a promis de s'adresser "très bientôt" à son peuple, alors que le pays est secoué par une contestation sans précédent, réprimée dans le sang. Il aurait décidé d'abroger la loi d'urgence qui impose de nombreuses restrictions de libertés.
Publié le 27/03/2011
Répression meurtrière en Syrie : au moins 15 morts
Au moins quinze personnes ont été tuées mercredi à Deraa dans le sud de la Syrie, théâtre de manifestations sans précédent contre le pouvoir. Le gouverneur de cette ville a quant à lui été limogé. Les Etats-Unis se déclarent préoccupés.
Publié le 23/03/2011
Syrie : face à la répression, la protestation se renforce
Les forces de l'ordre auraient tué dimanche par balle un manifestant lors de la 3e journée de protestation à Deraa pour réclamer la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 48 ans. Des manifestants ont ensuite incendié le siège du parti Baas au pouvoir.
Publié le 20/03/2011
Syrie : des funérailles tournent à la manifestation
Des milliers de Syriens ont participé samedi aux funérailles de 2 manifestants tués la veille, scandant des appels en faveur de la liberté. Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser. Il y aurait plusieurs blessés.
Publié le 19/03/2011
Répression sanglante au Yémen et en Syrie
Le Yémen a décrété vendredi l'état d'urgence après la mort de 52 personnes dans une manifestation de l'opposition. 4 manifestants ont été tués et des centaines blessés vendredi par les forces de l'ordre en Syrie. A Bahreïn, les autorités ont détruit le monument symbolique de la contestation.
Publié le 18/03/2011
Syrie : les images amateurs des manifestations meurtrières
La ville de Deraa, épicentre de la contestation contre le régime syrien, a connu un vendredi meurtrier, alors que des dizaine de milliers de personnes ont défilé dans d'autres cités du pays. On compterait 22 morts parmi les manifestants, 19 du côté des forces de l'ordre.
Publié le 08/04/2011
Syrie : la contestation s'étend, répression sanglante
Plusieurs manifestants ont été tués vendredi lors de manifestations qui se sont étendues à plusieurs villes de Syrie, malgré l'annonce par les autorités de mesures de démocratisation.
Publié le 25/03/2011
Des violences qui interviennent en dépit des gestes d'apaisement des autorités qui ont libéré 260 détenus politiques, qui dans leur majorité avaient purgé les trois quarts de leur peine, selon des organisations des droits de l'Homme. Alors que la contestation lancée le 15 mars contre le régime de Bachar al-Assad a fait des dizaines de morts selon des militants syriens des droits de l'Homme et l'organisation Amnesty international, un appel à une "révolte populaire" samedi dans toutes les provinces avait été posté sur Facebook. A Deraa même, des centaines de contestataires se sont retrouvés sur la place centrale, a rapporté un témoin. Trois jeunes hommes torse nu se sont hissés sur les restes de la statue de l'ex-président Hafez al Assad, père de l'actuel président, déboulonnée et incendiée la veille, en brandissant des pancartes portant le slogan : "Le peuple veut la chute du régime". En fin d'après-midi, les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, a dit un témoin.
Le fief sunnnite, coeur de la révolte
Selon des responsables hospitaliers, des dizaines de personnes ont été tuées cette semaine près de Deraa. D'après des témoignages, plus de 10 et peut-être 20 protestataires ont trouvé la mort dans la seule journée de vendredi. Des manifestations ont eu lieu vendredi dans la capitale, Damas, et à Hama, plus au nord, théâtre d'une répression sanglante d'un soulèvement islamiste qui avait fait jusqu'à 20.000 morts sous le régime d'Hafez al Assad en 1982.
Les autorités syriennes ont accusé des opposants armés de participer aux manifestations et ont estimé que l'usage de la force était justifié. S'inspirant des révolutions tunisienne et égyptienne qui ont fait tomber des régimes en place depuis des décennies, les dizaines de milliers de personnes qui ont participé aux obsèques de manifestants tués cette semaine ont scandé "Liberté" à l'issue des prières du vendredi. Après le déboulonnage de la statue d'Hafez el Assad, des membres des forces de l'ordre en tenue civile avaient ouvert le feu à l'arme automatique sur les manifestants à partir de bâtiments alentour. La foule d'environ 3.000 personnes s'est alors dispersée sous une pluie de balles et de grenades lacrymogènes. Deraa est un bastion de la majorité sunnite du pays, qui dénonce le pouvoir et les richesses accumulées par une élite issue de la secte minoritaire alaouite, issue du chiisme, à laquelle appartient le clan Assad.
Selon Amnesty International, la répression des manifestations a fait au moins 55 morts au cours de la semaine écoulée. Pour Edward Walker, ancien ambassadeur américain en Egypte, "les membres de la minorité alaouite, tellement détestés, savent que s'ils perdent le pouvoir, s'ils sont vaincus par la révolution, ils finiront pendus aux réverbères". "Ils sont le dos au mur", ajoute-t-il.
La Syrie a retiré son accréditation à un correspondant de Reuters en l'accusant d'avoir fourni une couverture "non professionnelle et fausse" des événements en Syrie.
En Jordanie, de violents heurts ont opposé à Amman des manifestants réclamant des réformes à des partisans du régime et aux forces de l'ordre, faisant un tué et plus de 130 blessés, selon des sources médicales. La gendarmerie a dispersé les manifestants avec des canons à eau et a démonté le camp installé par les protestataires dans le centre de la capitale. Le Premier ministre jordanien Maarouf Bakhit a accusé vendredi dans des déclarations à la télévision jordanienne "les Frères musulmans de recevoir des instructions de l'Egypte et de la Syrie pour exécuter des plans contre la Jordanie".
Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh s'est dit prêt à partir mais s'est présenté comme le dernier rempart contre le chaos et la division du pays, dans une interview à la télévision Al-Arabiya diffusée dans la nuit de samedi à dimanche. "Nous leur disons, venez, discutons ensemble d'une solution à feu doux consistant à transférer le pouvoir pacifiquement. Nous ne nous agrippons pas au pouvoir mais on ne peut pas le donner à n'importe qui", a déclaré M. Saleh, à propos de l'opposition qui réclame son départ immédiat. "Il est anormal qu'une minorité torde le bras à la majorité", a-t-il encore déclaré, en affirmant que ses partisans étaient majoritaires dans le pays et que l'opposition ne représentait qu'une fraction des Yéménites. Il s'est montré en même temps sceptique sur la capacité des opposants de gérer le pays. "Je les met au défi de trouver des solutions aux problèmes du Yémen même si le président part dans deux heures". "On était deux pays il y a 22 ans", le Yémen "sera partagé en trois ou quatre entités et ils (les opposants) ne pourront contrôler que Sanaa et quelques provinces", a averti le chef de l'Etat. "Cela conduira le pays vers l'inconnu et je suis responsable de la sécurité du pays que je dois conduire en eaux calmes", a encore dit M. Saleh.
En Egypte, plus de 2.000 personnes ont manifesté vendredi en divers endroits du Caire pour réclamer des réformes politiques, notamment l'organisation rapide d'un procès de l'ancien président Hosni Moubarak, a rapporté l'agence de presse Mena.
Bahreïn : la police a dispersé à coups de grenades lacrymogènes des protestataires qui ont manifesté vendredi dans plusieurs villages chiites proches de Manama, ont indiqué des témoins. Les manifestations se sont produites en dépit d'un déploiement massif des forces de sécurité dans ces villages situés au sud et à l'ouest de la capitale, ont précisé ces témoins. Les rassemblements sont interdits en vertu de l'état d'urgence, décrété le 15 mars par le roi, Hamad Ben Issa Al-Khalifa, pour une période de trois mois.
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