Contestation forte en Syrie, mise en garde du président du Yémen

le 26 mars 2011 à 12h38 , mis à jour le 27 mars 2011 à 09h43

Au lendemain d'une journée sanglante, les manifestants ont de nouveau manifesté samedi un peu partout en Syrie contre le régime en place. Le président du Yémen pourrait quitter le pouvoir dans les heures qui viennent.

La protestation s’étend en Syrie : les imagesUne telle mobilisation était inimaginable il y a quelques jours encore : des milliers de manifestants sont descendus dans la rue vendredi en Syrie, dans plusieurs villes. "C’est la répression qui a fait le mouvement", selon le spécialiste Gilles Kepel. © LCI

Le président syrien Bachar al Assad, au pouvoir de depuis 11 ans, est confronté à la plus grande vague de contestation de son régime et les manifestations s'étendent dans plusieurs villes du pays. Samedi, un local du parti Baas, au pouvoir depuis 1963, et un commissariat ont été incendiés à Tafas, près de Deraa, épicentre de la contestation dans le sud du pays. Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le village aux cris de "liberté !" pour les obsèques d'un manifestant tué la veille. Et, selon un militant syrien des droits de l'homme, interrogé par Reuters au Caire, deux manifestants qui tentaient aussi d'incendier la représentation locale du parti Baas ont été tués par les forces de l'ordre à Lattaquié, sur la côte syrienne. 

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Des violences qui interviennent en dépit des gestes d'apaisement des autorités qui ont libéré 260 détenus politiques, qui dans leur majorité avaient purgé les trois quarts de leur peine, selon des organisations des droits de l'Homme. Alors que la contestation lancée le 15 mars contre le régime de Bachar al-Assad a fait des dizaines de morts selon des militants syriens des droits de l'Homme et l'organisation Amnesty international, un appel à une "révolte populaire" samedi dans toutes les provinces avait été posté sur Facebook. A Deraa même, des centaines de contestataires se sont retrouvés sur la place centrale, a rapporté un témoin. Trois jeunes hommes torse nu se sont hissés sur les restes de la statue de l'ex-président Hafez al Assad, père de l'actuel président, déboulonnée et incendiée la veille, en brandissant des pancartes portant le slogan : "Le peuple veut la chute du régime". En fin d'après-midi, les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, a dit un témoin.

Le fief sunnnite, coeur de la révolte

Selon des responsables hospitaliers, des dizaines de personnes ont été tuées cette semaine près de Deraa. D'après des témoignages, plus de 10 et peut-être 20 protestataires ont trouvé la mort dans la seule journée de vendredi. Des manifestations ont eu lieu vendredi dans la capitale, Damas, et à Hama, plus au nord, théâtre d'une répression sanglante d'un soulèvement islamiste qui avait fait jusqu'à 20.000 morts sous le régime d'Hafez al Assad en 1982.

Les autorités syriennes ont accusé des opposants armés de participer aux manifestations et ont estimé que l'usage de la force était justifié. S'inspirant des révolutions tunisienne et égyptienne qui ont fait tomber des régimes en place depuis des décennies, les dizaines de milliers de personnes qui ont participé aux obsèques de manifestants tués cette semaine ont scandé "Liberté" à l'issue des prières du vendredi. Après le déboulonnage de la statue d'Hafez el Assad, des membres des forces de l'ordre en tenue civile avaient ouvert le feu à l'arme automatique sur les manifestants à partir de bâtiments alentour. La foule d'environ 3.000 personnes s'est alors dispersée sous une pluie de balles et de grenades lacrymogènes. Deraa est un bastion de la majorité sunnite du pays, qui dénonce le pouvoir et les richesses accumulées par une élite issue de la secte minoritaire alaouite, issue du chiisme, à laquelle appartient le clan Assad.

Selon Amnesty International, la répression des manifestations a fait au moins 55 morts au cours de la semaine écoulée. Pour Edward Walker, ancien ambassadeur américain en Egypte, "les membres de la minorité alaouite, tellement détestés, savent que s'ils perdent le pouvoir, s'ils sont vaincus par la révolution, ils finiront pendus aux réverbères".  "Ils sont le dos au mur", ajoute-t-il.

La Syrie a retiré son accréditation à un correspondant de Reuters en l'accusant d'avoir fourni une couverture "non professionnelle et fausse" des événements en Syrie.

En Jordanie, de violents heurts ont opposé à Amman des manifestants réclamant des réformes à des partisans du régime et aux forces de l'ordre, faisant un tué et plus de 130 blessés, selon des sources médicales. La gendarmerie a dispersé les manifestants avec des canons à eau et a démonté le camp installé par les protestataires dans le centre de la capitale. Le Premier ministre jordanien Maarouf Bakhit a accusé vendredi dans des déclarations à la télévision jordanienne "les Frères musulmans de recevoir des instructions de l'Egypte et de la Syrie pour exécuter des plans contre la Jordanie".

Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh s'est dit prêt à partir mais s'est présenté comme le dernier rempart contre le chaos et la division du pays, dans une interview à la télévision Al-Arabiya diffusée dans la nuit de samedi à dimanche. "Nous leur disons, venez, discutons ensemble d'une solution à feu doux consistant à transférer le pouvoir pacifiquement. Nous ne nous agrippons pas au pouvoir mais on ne peut pas le donner à n'importe qui", a déclaré M. Saleh, à propos de l'opposition qui réclame son départ immédiat. "Il est anormal qu'une minorité torde le bras à la majorité", a-t-il encore déclaré, en affirmant que ses partisans étaient majoritaires dans le pays et  que l'opposition ne représentait qu'une fraction des Yéménites. Il s'est montré en même temps sceptique sur la capacité des opposants de gérer le pays. "Je les met au défi de trouver des solutions aux problèmes du Yémen même si le président part dans deux heures". "On était deux pays il y a 22 ans", le Yémen "sera partagé en trois ou quatre entités et ils (les opposants) ne pourront contrôler que Sanaa et  quelques provinces", a averti le chef de l'Etat. "Cela conduira le pays vers l'inconnu et je suis responsable de la sécurité du pays que je dois conduire en eaux calmes", a encore dit M. Saleh.

En Egypte, plus de 2.000 personnes ont manifesté vendredi en divers endroits du Caire pour réclamer des réformes politiques, notamment l'organisation rapide d'un procès de l'ancien président Hosni Moubarak, a rapporté l'agence de presse Mena.
 
Bahreïn : la police a dispersé à coups de grenades lacrymogènes des protestataires qui ont manifesté vendredi dans plusieurs villages chiites proches de Manama, ont indiqué des témoins. Les manifestations se sont produites en dépit d'un déploiement massif des forces de sécurité dans ces villages situés au sud et à l'ouest de la capitale, ont précisé ces témoins. Les rassemblements sont interdits en vertu de l'état d'urgence, décrété le 15 mars par le roi, Hamad Ben Issa Al-Khalifa, pour une période de trois mois.

le 26 mars 2011 à 12:38
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5 Commentaires

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  • tommy2323, le 27/03/2011 à 05h00

    Pourquoi pas ? Chaque chose en son temps. Et puis les Belges peuvent y aller les premiers si c'est à la télévision, eux qui ne consacrent pas un euro à leur défense, préfèrant les que les Français, les Britanniques et les Américains les protègent avec leurs gros budgets.

  • antonietta77, le 26/03/2011 à 22h25

    Sarkosi va-t-il engager une guerre contre ce homme dictateur syrien ? Car les Syriens réclame de l'aide aussi, je l'ai entendu dans le journal télévisé belge.

  • fightforfreedom, le 26/03/2011 à 15h25

    Raz-le- bol de l'impunité et de l'indulgence face au régime syrien, l'un des plus liberticide et sanguinaire ! Rappelons-nous du massacre de Hama en 1982 et surement tant d autres qui ne nous sont pas parvenus, et de la torture, assassinats commis au Liban en 30 ans d'occupation! Il faut une réunion du conseil de sécurité ! Bachar el Assad ne vaut pas mieux que khadafi !

  • misterpatrick, le 26/03/2011 à 14h47

    Je demande l'application onusienne 1973 de suite , il ne peut avoir deux poids deux mesures !!!!!!!!!!!!!!!

  • tayr, le 26/03/2011 à 14h24

    Vous avez dite qu'il y a 15 et 25 morts ( Je ne sais pas d'après qui ou bien qui est le référence ) Pour vous croire et pour être objectif , vous pouvez publier les noms des morts d'hier (le vendredi 25 mars 2011) ?????? Pour vous croire et pour être objectif , vous pouvez publiez un vidéo qui montre UN policier syrienne ( et pas plus) qui tire sur un manifestant (non armé) ?????? Pour vous croire et pour être objectif , vous pouvez publiez les manifs qui supportent le président Bashar ( des milliers de syrienne) ?????? J'espère que vous publiez mon commentaire. Tayr Souria

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