Face à la montée de la colère, le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir dimanche soir pour s'entretenir de la situation en Syrie. Le Royaume-Uni et la France avaient proposé une déclaration condamnant le massacre de Houla (centre de la Syrie). La Russie bloque l'adoption du texte tant que le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, ne se sera pas exprimé à ce sujet devant le Conseil.
Quoiqu'il en soit, les tergiversations onusiennes ne risquent pas de calmer l'opposition. Celle-ci a d'ailleurs également reproché à la mission de l'Onu de ne pas avoir officiellement condamné le président Bachar al Assad, dont le régime a affirmé ne pas avoir perpétré le massacre. De fait, les autorités syriennes ont imputé dimanche la tuerie à des "terroristes", terme qu'elles utilisent habituellement pour désigner les rebelles syriens. "La délégation d'observateurs est demeurée impuissante et n'a pas pris d'initiative pour intervenir, sauf pour compter les victimes le lendemain du massacre, comme l'Onu l'a fait à Sarajevo et Srebrenica, en Bosnie", lit-on dans un communiqué publié par le Conseil révolutionnaire de la ville de Homs, voisine de Houla, dans le centre de la Syrie. Selon Maysara al Hilaoui, l'un des premiers militants de l'opposition à s'être rendu sur les lieux, les observateurs de l'Onu qu'il a appelés, craignant "qu'un massacre soit sur le point d'être commis", sont "arrivés trop tard".
Les images des cadavres de jeunes gens, alignés côte à côte après le massacre, ont souligné l'échec du cessez-le-feu mis en place par l'Onu voici un mois et demi pour arrêter la violence en Syrie. Selon les militants de l'opposition présents à Homs, les violences ont commencé lorsque des forces militaires et paramilitaires fidèles au régime ont tiré à la mitrailleuse sur une manifestation d'opposants, faisant cinq morts. Des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) ont ensuite saccagé deux barrages routiers de l'armée syrienne. Selon des habitants de Houla, des membres des "chabbiha", une milice pro-Assad, ont pénétré dans la ville où ils ont tué en représailles des hommes, des femmes et des enfants par balles et à l'arme blanche.








