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Syrie : Assad mis au ban du monde musulman


le 16 août 2012 à 06h59 , mis à jour le 16 août 2012 à 07h00.
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Le président syrien Bachar al-Assad.

Le président syrien Bachar al-Assad. / Crédits : AFP

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Moyen-orientDéjà exclue de la Ligue arabe, la Syrie a été suspendue tôt jeudi matin par l'Organisation de coopération islamique. L'Arabie saoudite, qui abritait le sommet de l'OCI, a pris la tête des Etats arabes qui tentent d'isoler la Syrie sur la scène diplomatique.

Le geste a une portée essentiellement symbolique, mais il témoigne de la volonté des pays musulmans d'isoler le régime de Damas, face à l'intransigeance de Bachar al-Assad et à la répression féroce qui se poursuit dans le pays. L'Organisation de coopération islamique (OCI), réunie en sommet extraordinaire, a suspendu la Syrie. La décision entérinée tôt jeudi matin avait été adoptée lors d'une réunion préparatoire des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'OCI lundi. Elle a été acceptée en dépit de l'opposition de l'Iran qui demeure fidèle à son allié syrien.
 
L'Arabie saoudite, qui abritait le sommet, a pris la tête des Etats arabes qui tentent d'isoler la Syrie sur la scène diplomatique. Le royaume, qui affiche son soutien aux rebelles syriens en lutte depuis mars 2011, a demandé que ces derniers puissent être armés et que la population "puisse se protéger elle-même" si la communauté internationale ne peut pas le faire. Le secrétaire général de l'OCI, le Turc Ekmeleddin Ihsanoglu, a précisé toutefois qu'il "n'avait pas perçu de soutien à une intervention militaire extérieure" lors des deux journées de réunion. Il a décrit la décision de suspendre la Syrie comme "un message adressé à la communauté internationale montrant que la communauté islamique soutient une solution politique pacifique et qu'elle ne veut pas que se poursuive le bain de sang".
 
Accusations de crimes contre l'humanité
 
Un bain de sang pourtant régulièrement dénoncé sur le plan international, sans que rien semble devoir y mettre fin : à Genève, un nouveau rapport de la Commission d'enquête de l'ONU a accusé les forces gouvernementales syriennes et les Chabbiha (les milices pro-régime) de crimes contre l'humanité, dont des meurtres et des tortures, tout en estimant que l'opposition armée était également coupable de crimes de guerre, mais à moindre échelle. La commission note une "détérioration significative de la situation depuis le 15 février", et prépare pour septembre "une liste confidentielle d'individus et d'unités" qui pourrait servir de base à d'éventuelles poursuites devant le Tribunal Pénal International.
 
De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit ce jeudi pour mettre fin formellement à la mission de ses observateurs en Syrie, alors que les grandes puissances sont toujours divisées sur les mesures à prendre pour venir à bout du conflit qui ravage le pays. Le mandat de la Mission d'observation en Syrie des Nations unies (Misnus) s'achève à minuit dimanche et les divergences de vues entre les grandes puissances empêchent tout espoir de prolongation, selon des diplomates. Au mieux, les 15 membres du Conseil se mettront d'accord pour conserver un bureau de liaison politique à Damas afin d'appuyer les efforts du futur médiateur international qui doit prendre la suite de Kofi Annan.
 
Troubles au Liban voisin
 
Sur le terrain, un raid aérien dévastateur a fait plus de 30 morts dans une ville près d'Alep, Azaz, une cité rebelle de 70.000 habitants proche de la frontière turque. Les témoignages recueillis par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), groupe opposé à Bachar al-Assad, font état de nombreuses victimes civiles. L'attaque a provoqué un vent de panique dans la ville, et des centaines de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, se sont pressées mercredi soir à la frontière turque toute proche.
 
Le raid a aussi eu des répercussions au Liban, dans la mesure où il a grièvement blessé quatre membres d'un groupe de 11 pèlerins chiites libanais enlevés en mai dans le nord de la Syrie. L'annonce erronée de leur mort par des médias libanais a provoqué le chaos dans des zones chiites au sud de Beyrouth. Le conflit en Syrie divise en effet profondément le Liban, pays à l'équilibre confessionnel très fragile, notamment entre des chiites qui expriment leur sympathie pour le régime alaouite - une émanation du chiisme - et des sunnites qui penchent vers les insurgés. Des hommes armés ont enlevé mercredi des dizaines de syriens et vandalisé leurs biens, selon l'Agence nationale d'information (ANI). Des proches d'autres chiites libanais retenus en Syrie ont également enlevé des dizaines de Syriens pour réclamer la libération des leurs. Des manifestants chiites ont bloqué la route de l'aéroport en brûlant des pneus. "Par précaution", un vol Air France parti de Paris en direction de Beyrouth a été dérouté mercredi soir vers Chypre, en raison de problèmes de sécurité constatés au Liban, après avoir fait un arrêt à Damas le temps de refaire le plein de carburant.

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  • vingue : Quelle hypocrisie tout de même. Les monarchies du Golfe Persique craignant l'Iran et ses alliés, ont signé cette espèce de convention secrète avec les initiateurs des guerres orientales, pour éliminer le pouvoir Syrien, déstabiliser les alliances trop dangereuses lors de tirs de missiles croisés. Alors maintenant ils s'offusquent des victimes civiles. Ils le savaient bien sûr. On ne fait de révolution déguisée avec armes et bagages sans casser des oeufs. Le pouvoir et l'armée de libération ne font pas dans la dentelle. Chacun veut gagner par tous moyens appropriés. Les Etats Unis ne se sont pas cachés d'avoir armé les opposants. Il fallait le motif et le développement de ce motif, c'est à dire les victimes. Choc des émotions, des morts alors on fait dans la vérité hypocrite comme dans toutes les guerres. Un peu comme un cambrioleur que vous tuer et vous retrouvez condamné. On a condamné Saddam Hussein avec 300'000 morts, Khadafi avec 50'000 morts et maintenant c'est au tour de Bachar El Assad. Le seul bémol, c'est que cela s'avère plus difficile avec les alliances. Le peuple civil meurt mais personne ne semble convoquer les bélligérants de peur qu'ils prennent conscience de leur idiotie et renvoie tout le monde pour panser leurs plaies. Ce serait trop simple non !

    Le 16/08/2012 à 14h51
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