Sur le terrain, les violences en Syrie entre les troupes de Bachar al-Assad et la rébellion continuent et se renforcent -les ONG parlent d'au moins 150 morts mercredi.
En revanche, d'un point de vue diplomatique, une (petite) embellie est en vue. La solution proposée mercredi par Kofi Annan, le médiateur de l'Onu et de la Ligue arabe, sur la création d'un gouvernement d'union nationale qui inclurait des membres du régime et de l'opposition, est en effet soutenue par la Russie et la Chine, les deux alliés du président syrien. La mise en place effective de ce cabinet de coalition, premier pas vers une transition politique, sera discutée lors de la réunion du "Groupe d'action sur la Syrie" samedi à Genève.
Le "oui, mais" de la Russie
Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a néanmoins posé des conditions. Il a ainsi redit jeudi matin que son pays ne comptait pas soutenir une solution venue de l'extérieur et que le sort de Bachar al-Assad devait être décidé par les Syriens uniquement. "Il s'agit de favoriser le dialogue et non de préjuger des résultats de ce dialogue", affirme le ministre des Affaires étrangères de Vladimir Poutine. Il a également critiqué la mise à l'écart de l'Iran dans la résolution du conflit.
Autre problème éventuel : le Conseil national syrien (CNS), la principale composition de l'opposition en exil, rejette par avance toute participation au gouvernement si Bachar al-Assad reste en place. Il exige donc que le texte de Kofi Annan parle explicitement du départ de président syrien. Ce que refuse donc la Russie.
La réunion de Genève, qui se tiendra au niveau des ministres des Affaires Etrangères, rassemblera les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni). Des invitations ont été également adressées à la Turquie, à l'Union européenne et au secrétaire général des Nations Unies. Les chefs de la diplomatie du Qatar, du Koweït et de l'Irak, ces derniers au titre de leur rôle au sein de la Ligue arabe sont également invités.








