Syrie : Chine et Russie opposent leur veto à l'Onu, aucune résolution votée

le 04 février 2012 à 18h13 , mis à jour le 04 février 2012 à 22h09

Dossier : Révolte en Syrie

Pékin et Moscou ont opposé, samedi, leur veto au Conseil de sécurité de l'Onu à un projet de résolution visant à condamner la répression sanglante en Syrie. De son côté, Damas accuse l'opposition d'avoir pilonné Homs la veille afin d'influencer l'Onu.

Archives : séance du Conseil de sécurité de l'OnuArchives : séance du Conseil de sécurité de l'Onu © Abacapress.com

 
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L'issue de la réunion du Conseil de sécurité de l'Onu a été sans surprise. Pour la seconde fois, la Russie, ainsi que la Chine, ont opposé leur droit de veto à un projet de résolution condamnant la répression sanglante en Syrie. Un projet, soutenant le plan de la Ligue arabe qui prévoit le départ d'Assad, pourtant soutenu par les 13 autres pays du Conseil. Conséquence : le texte est de nouveau bloqué. Pourquoi un tel refus? Le projet était "déséquilibré", selon l'ambassadeur russe à l'Onu. Il "ne reflétait pas la réalité de la situation en Syrie", "appelait à un changement de régime" et adressait "un message déséquilibré aux (deux) parties", le régime et l'opposition. Selon l'ambassadeur russe, les Occidentaux ont manqué de "souplesse" dans les discussions.

Quelques heures auparavant, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait pourtant déclaré qu'un consensus sur une résolution était possible si les Occidentaux "adopt[aient] une position constructive". Si tel était le cas, "nous obtiendrons une résolution collective du Conseil de sécurité qui, j'en suis sûr, sera signée par tous les pays sans exception", avait-il déclaré depuis Munich, lors d'une conférence sur la sécurité. Une conférence à laquelle assistait également Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat américaine. Elle y a rencontré son homologue russe. Elle a indiqué "avoir pensé qu'il y avait les moyens jusqu'à la dernière heure pour surmonter les craintes exprimées par les Russes". Mais "cela n'a pas été possible", a-t-elle regretté. Selon elle, ce double veto revient à "endosser la responsabilité des horreurs qui se produisent en Syrie". "Nous devons agir maintenant" afin d'éviter le risque de guerre civile. "Que nous faut-il de plus pour agir avec force au Conseil de Sécurité?", a-t-elle demandé. Pour Gérard Araud, ambassadeur de la France à l'Onu, "l'Histoire rajoute à notre honte". Rappelant les "massacres" de Hama en 1982, sous la présidence de Hafez el-Assad, il a ajouté que "l'horreur est héréditaire à Damas".

"Une guerre de l'information hystérique" pour Damas

Selon Ban Ki-moon, le double veto russe et chinois"amoindrit le rôle de l'Onu" tandis que Paris estime qu'il "paralyse la communauté internationale". Nicolas Sarkozy a affirmé que "la France ne se résigne pas" et a proposé la création d'un "groupe des amis du peuple syrien" qui "aura pour objectif d'apporter tout l'appui de la communauté internationale à la mise en oeuvre de l'initiative de la Ligue Arabe". Le président français estime que le double veto russe et chinois "encourage le régime syrien à persévérer dans sa politique cruelle et sans issue". Un avis partage par le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague qui avance que Pékin et Moscou a "abandonné le peuple syrien" et "encouragé le régime brutal du président Assad à commettre davantage de tueries comme cela a été fait à Homs".

Car le veto russe et chinois intervient dans un contexte très tendu, au lendemain d'attaques à Homs, parmi les plus meutrières depuis le début de la contestation (Lire : Syrie : plus de 200 morts à Homs, réunion cruciale à l'ONU ). Selon l'opposition, plus de 230 civils auraient été tués. Désigné comme responsables de ces attaques - le président américain Barack Obama a accusé Bachar al-Assad d'avoir "assassiné des civils" - Damas  a elle pointé du doigt l'opposition. Des propos réaffirmés dans l'après-midi par le ministre syrien de l'Information qui accuse l'opposition d'avoir attaqué Homs pour influencer l'Onu. "Les informations (...) sur le pilonnage par l'armée syrienne de quartiers à Homs sont fausses et sans fondement. Elles interviennent dans le cadre d'une guerre de d'information hystérique (...) en prévision d'une réunion du Conseil de sécurité de l'Onu", a-t-il déclaré à l'AFP.

le 04 février 2012 à 18:13
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18 Commentaires

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  • etudiant81, le 07/02/2012 à 17h58

    Tu as raison : ça serait cool de faire baisser le prix du baril de pétrole (arf ce n'était qu'un rêve. Dommage...) !

  • etudiant81, le 07/02/2012 à 17h49

    Par le droit de ne pas te faire péter une guerre nucléaire sur ta tête. France, États-Unis, Russie, Chine et Royaume-Unis (QUIZ : quels sont les 5 plus grandes armées au monde ??).

  • __camille__, le 06/02/2012 à 13h08

    Ne seraient elles pas elles mêmes des dictatures déguisées en pseudo-démocraties ? Ces deux pays n'ont JAMAIS connu un régime démocratique et ce n'est pas demain que cela changera.

  • alyssa002, le 05/02/2012 à 15h28

    Enfin un commentaire intelligent...merci a vous :)

  • ten75, le 05/02/2012 à 15h19

    Je comprend la Chine et la Russie , qui ont dans leur périmètre des minorités musulmanes qui représentent une menace si le verrou Syrien sautait , tout pays regarde avec plus d'attention ce qui se passe à sa frontière , de plus nous avons la France , dupé la Russie sur la mission en LIBYE , il fallait s' attendre à ce qu 'ils ne se fassent pas avoir deux fois de suite

  • alainze, le 05/02/2012 à 14h29

    Je ne me prononce pas pour la Russie mais j'ai vécu plusieurs années en Chine et y retourne souvent. On ne m'a jamais agressé et la vie est tout ce qu'il y a de plus tranquille. Rien a voir avec barbes, le 93 et les champs elysées apres minuit !

  • anon-padawan, le 05/02/2012 à 13h12

    Vous parlez de chose que vous ne comprenez pas. La pseudo révolte en Syrie est manipulée par les Salafistes. C'est exactement la même.chose que ce qui s'est passe en Lybie et en Tunisie. Demandez aux Tunisiens si le pays est plus libre aujourd'hui. Encore quelques mois et la Charria y sera de mise. Ces pseudos libertaires que vous souhaitez mettre au pouvoir sont les mêmes qui crachent sur l'Occident et veulent rayer États Unis et Israël de la carte. Il vaut mieux un pouvoir fort comme celui de Bachar qu'un nouvel état islamiste comme en Arabie Saoudite. On parle d'enfants tués mais vous amèneriez vos enfants en première ligne de telles manifestations???? Oui il y a des bavures mais il faut arrêter de stigmatiser le régime en place. Si réellement le peuple était contre Bacjar il serait tombé. Il est soutenu par la majorité du pays qui ne veut en aucun cas d'islamistes au pouvoir. Lors de ces manifestations, le rouge du drapeau Syrien est remplacé par le vert des Islamistes. Pourquoi vouloir changer le drapeau si ce n'est pour installer un émirat islamiste. Que chacun se mêle des ses histoires, laissez la Syrie régler le problème et arrêter de déblatérer des bêtises pseudo libertaires. La Lybie et la Tunisie sont en passes de devenir des états islamistes et ce n'est pas ce que je veux pour ma Syrie.

  • armada92, le 05/02/2012 à 10h25

    Chine et Russie, exemples de démocraties, ont toujours refusé de condamner les dictatures. Le marché des armes, les intérêts économiques priment sur la vie des populations. L'individu et son bien être, sa liberté et sa vie personnelle sont des notions qui leur sont pratiquement inconnues. Comment pourraient-ils condamner ce qu'ils laissent faire ou encouragent dans leur propre pays ?

  • napalm02, le 05/02/2012 à 09h01

    Si c'est pour se retrouver avec toutes les autres révolutions avec des islamistes modérés ou non au pouvoir; je ne pense pas que c'est une bonne idée. La Chine et la Russie combat l'islamisme depuis des lustres, alors ils connaissent la chanson. C'est triste mais parfois d'un moindre mal il faut en tirer du bon. Et ici, si la Syrie tombe aux mains des islamistes, le jour où ils décideront de parler d'une seule voix entre eux, on sera bien avancée et le pétrole à 1,5? passera à 5?, ce qui nous poussera à la répression et ils joueront les victimes.

  • giromaxi, le 05/02/2012 à 08h44

    Sans compter qu'économiquement ces deux pays sont les premiers fournisseurs d'armes, ils ont déjà perdu la Lybie....

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