Les condamnations se multipliaient samedi au lendemain du massacre à Houla, où les observateurs de l'ONU ont compté une centaine de morts dont plus de 32 enfants, le secrétaire général des Nations unies accusant Damas de violer le droit international et ses engagements.
Paris, Londres et Berlin ont également dénoncé cette tuerie, sans toutefois relever l'appel lancé par l'Armée syrienne libre (ASL), composée en majorité de déserteurs, à mener des "raids aériens" contre le régime de Bachar al-Assad. L'opposition a accusé le pouvoir d'avoir commis ce massacre qui aurait fait, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 114 morts, dont 32 enfants. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et l'émissaire Kofi Annan ont condamné "dans les termes les plus forts la mort, confirmée par les observateurs de l'ONU, de dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants" à Houla, dans le centre de la Syrie, a indiqué Martin Nesirky, porte-parole de M. Ban.
"Arme lourde"
A Damas, le général Robert Mood, chef des observateurs, a également condamné "la tragédie brutale" et affirmé que les observateurs avaient compté plus de 92 morts, dont 32 enfants de moins de 10 ans, ajoutant que des équipes poursuivaient le décompte sur place. L'opposition a attribué ce massacre au régime du président Bachar al-Assad, tandis que l'agence officielle Sana a accusé des "groupes terroristes armés" d'avoir "incendié et fait exploser vendredi soir des maisons (...) afin de faire croire que les forces armées syriennes bombardaient la région". Selon l'OSDH, les bombardements ont débuté vendredi midi à la périphérie de Houla et se sont poursuivis jusqu'à samedi à l'aube.
Le général Mood n'a pas désigné de responsables mais a souligné que "les observateurs ont confirmé (...) l'usage d'artillerie tirée depuis des chars". Mettant en garde contre une "guerre civile", le général Mood a appelé le gouvernement "à ne plus utiliser d'arme lourde" et à "cesser de recourir à la violence", exhortant également "l'opposition à s'abstenir d'utiliser la violence" afin de parvenir à une "solution politique".
"Raids aériens"
De son côté, l'ASL a estimé n'être plus tenue par son engagement au plan Annan, un mois et demi après avoir accepté un cessez-le-feu prévu par ce plan, techniquement entré en vigueur le 12 avril mais constamment ignoré depuis. "A moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer", a affirmé l'ASL. Auparavant, le général Moustapha al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l'ASL, avait appelé "de façon urgente les pays amis de la Syrie à former une alliance militaire, hors du Conseil de sécurité de l'ONU, pour mener des raids aériens ciblés contre les gangs d'Assad".
Ailleurs en Syrie, les violences ont fait samedi 20 morts dont cinq soldats, selon l'OSDH, qui a fait état de nombreuses manifestations dénonçant le massacre de Houla. Selon l'OSDH, plus de 12.600 personnes ont péri depuis le début de la révolte anti-régime, en majorité des civils tués par les forces gouvernementales.







