Une apparition attendue. Invisible et muet depuis l'attentat de mercredi qui a tué trois responsables du régime, dont le ministre de la Défense et son beau-frère, Bachar al-Assad est apparu jeudi en milieu d'après-midi à la télévision syrienne (Lire : "Assad apparait pour la première fois depuis l'attentat"). Dans la matinée, des sources proches de l'opposition syrienne et un diplomate occidental avaient déclaré que Bachar al-Assad se trouvait à Lattaquié, sur la côte méditerranéenne de la Syrie. Une information démentie par le régime qui a affirmé que le Rais se trouvait toujours au palais présidentiel de Damas "avec ses collaborateurs et qu'il dirigeait les destinées du pays".
Sur le terrain. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé à Londres, des chars ont pris d'assaut pour la 1re fois le quartier de Qaboun. Une source de sécurité a prévenu que les combats "se poursuivraient pendant les prochaines 48 heures" jusqu'à "nettoyer Damas des terroristes avant le début du ramadan". Hors de Damas , les rebelles ont pris le contrôle de la ville frontalière de Djarablous, qui compte environ 25.000 habitants et qui constitue un lieu de passage vers la Turquie. Le principal poste-frontière de Bou Kamal, à la frontière irakienne, dans l'est de la Syrie seraient également aux mains de l'Armée Syrienne Libre. La recrudescence des violences a entraîné la fuite de plus de 20 000 syriens originaires notamment de la région de Damas vers le Liban (Voir la vidéo : "le témoignage de Syriens qui fuient"). Plus de 200 personnes, essentiellement des civils, auraient été tuées durant la journée.
Sur le plan diplomatique. Sans surprise, et pour la 3e fois depuis le début de la révolte en mars 2011, la Russie et la Chine ont mis leur veto à la résolution de l'Onu demandant des sanctions contre la Syrie. Les Etats-Unis considèrent que le Conseil de sécurité a "totalement échoué" et qu'ils veulent désormais travailler "en dehors" pour faire pression sur Damas "et fournir de l'aide à ceux qui en ont besoin". L'ONU a toutefois décidé d'envoyer à Damas un haut responsable militaire pour la prendre en main après le départ du général Robert Mood, en attendant une décision politique sur le sort des observateurs. L'Union européenne se prépare quant à elle à renforcer ses sanctions à l'encontre de la Syrie et son embargo sur les armes en autorisant les inspections de navires et avions soupçonnés de le violer.








