Pas de répit pour les civils syriens. L'armée syrienne a repris mercredi soir le bombardement sur Houla, où plus de 100 personnes ont été massacrées la semaine dernière, a indiqué l'opposition en appelant les observateurs de l'ONU à se rendre dans cette localité du centre de la Syrie. Un regain de violence qui a déjà causé la mort de 62 personnes malgré les mises en garde internationales.
"Le régime meurtrier bombarde en ce moment Houla où un massacre s'est déroulé le 25 mai, utilisant des chars et des obus", a affirmé le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, dans un communiqué. Il a appelé "les observateurs de l'ONU à se rendre rapidement à Houla et à exercer des pressions sur le régime pour faire cesser les bombardements et protéger les civils qui s'y trouvent encore". "Les habitants lancent un appel de détresse à la suite de l'attaque brutale du régime sur leur localité, notamment après que l'armée se soit éloignée des barrages, ce qui est habituellement le signal du début des attaques", selon le groupe.
De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a affirmé que "les habitants fuient vers d'autres villages de la région de Houla, par peur de nouveaux massacres", faisant était de colonnes de fumée s'élevant au-dessus du village de Taldo, cible de bombardements. Au total, 108 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont été tuées à Houla vendredi et samedi, et 300 autres blessées selon les observateurs de l'ONU.
La division de la communauté internationale
La principale coalition de l'opposition, le Conseil national syrien (CNS), a accusé la Russie d'encourager le régime de Bachar al-Assad à commettre des "crimes sauvages" après les critiques de Moscou contre les sanctions diplomatiques prises en Occident pour protester contre l'escalade en Syrie. A Genève, l'adjoint de l'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan, le Français Jean-Marie Guéhenno, a dit après s'être adressé par visioconférence au Conseil de sécurité de l'ONU, attendre des "gestes concrets" du régime sur l'arrêt des violences, la libération des détenus et l'accès humanitaire. Les quelque 300 observateurs de l'ONU déployés en Syrie n'arrivent pas à faire respecter un cessez-le-feu préconisé par le plan Annan, entré théoriquement en vigueur le 12 avril mais systématiquement violé.
Au Conseil de sécurité de l'ONU, les divisions ont resurgi, l'ambassadeur allemand Peter Wittig ayant dit souhaiter que le massacre de Houla "ouvre les yeux" d'alliés, comme Moscou et Pékin, du régime Assad, et le représentant russe Vitaly Tchourkine faisant valoir que l'opposition syrienne ne respectait pas non plus le plan Annan et refusait tout dialogue avec Damas.
Le président français François Hollande, qui reçoit vendredi son homologue russe Vladimir Poutine, a fait part de son ambition d'infléchir la position russe. Le Président français a relancé le débat sur une intervention militaire mais sous mandat de l'ONU, une condition rédhibitoire car Pékin et Moscou ont réitéré leur opposition à une telle opération.








