Syrie : "la médecine est devenue une arme de persécution"

Par , le 09 février 2012 à 11h46 , mis à jour le 09 février 2012 à 22h30

Dossier : Révolte en Syrie

Médecins sans frontières, qui intervient dans les pays frontaliers de la Syrie auprès d'exilés, lance un cri d'alarme. "Les blessés sont arrêtés dans les hôpitaux, le personnel médical est mis sous pression, les soins sont entravés", affirme l'association.

Comme quasiment toutes les ONG occidentales, Médecins sans Frontières n'est pas autorisée à intervenir en Syrie par le régime en place. La situation, bien antérieure au début de la révolte contre Bachar al-Assad en mars dernier, est évidemment encore plus difficile à vivre aujourd'hui pour l'organisation. Depuis plusieurs mois, elle intervient néanmoins auprès de Syriens ayant réussi à fuir dans les pays frontaliers.

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Une cinquantaine de blessés ont ainsi été soignés par les équipes de MSF installées en Jordanie, au Liban, voire en Turquie. "Leurs témoignages (ndlr : tous anonymes pour des raisons de sécurité) sont édifiants. La médecine est utilisée comme une véritable arme de persécution et de répression", affirme Marie-Pierre Allié, la présidente de MSF. "La Syrie dispose pourtant de médecins formés et de matériel pour prendre en charge tous les types de blessés", précise-t-elle.

"95% des blessés ne vont pas dans les hôpitaux"

Le principal lieu de persécution, en principe neutre : les hôpitaux. "Tout blessé qui arrive dans un établissement est d'office considéré comme un manifestant. Il est tout de suite arrêté par les services de sécurité, qui sont présents en permanence sur les lieux. De son côté, le personnel médical qui ne soutient pas le régime est soumis à d'énormes pressions et peut lui aussi être interpellé. Résultat : les soins sont entravés et les blessés refusent souvent d'aller dans les hôpitaux. Les pharmaciens sont aussi sous surveillance", souligne Doumia Dekhili, la responsable ajointe des opérations d'urgence de MSF. Un médecin syrien avance même le chiffre de "95% des blessés qui ne vont pas dans les hôpitaux publics".


Découvrez le témoignage d'un blessé
sur la présence des forces de sécurité dans les hôpitaux :


 
Découvrez le témoignage d'un médecin sur les dangers de soigner des blessés :

 

 

Hôpitaux clandestins dans une cave ou une cuisine

Pour contourner le problème, les insurgés tentent, tant bien que mal, de mettre en place des hôpitaux clandestins. "Ce sont des structures mobiles pour éviter qu'elles soient trop vite repérées. Mais elles manquent cruellement de moyens et de médicaments. Et surtout, les lieux ne sont pas adéquats puisqu'il s'agit principalement de caves ou de cuisines dans une ferme", explique Doumia Dekhili.

Découvrez le témoignage d'un blessé passé de maison en maison pour être soigné :

 

 

Enfin, comme souvent dans ce type de situation, MSF a obtenu la confirmation que les personnes arrêtées étaient souvent torturées. "Nous avons noté des traces d'électrocution, de brûlures ou de coups sur les blessés que nous avons soignés", affirme Doumia Dekhili.  

Découvrez le témoignage d'un homme torturé :


 
Face à la situation, MSF a donc choisi de prendre la parole. "Quand on atteint l'inacceptable et que la médecine est utilisée comme une arme, nous ne pouvons pas nous taire et nous devons nous faire entendre. Dans la situation actuelle, notre parole devient plus forte que notre action", explique Marie-Pierre Allié.

Obama dénonce "un bain de sang atroce"

Barack Obama a dénoncé jeudi le "bain de sang atroce" qui est selon lui en cours en Syrie, et assuré que les Etats-Unis et l'Italie voulaient y mettre fin, à l'issue d'une rencontre à la Maison Blanche avec le Premier ministre italien Mario Monti. Il faut que le"gouvernement qui a agressé son peuple" soit remplacé, a déclaré Barack Obama à la presse, dans le Bureau ovale, à l'issue de sa rencontre avec Mario Monti.

Par Fabrice Aubert le 09 février 2012 à 11:46
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6 Commentaires

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  • tonmoulin52, le 10/02/2012 à 11h32

    L'OTAN ne sert à rien. Discours et gesticulations inutiles.Et comme pendant la guerre mondiale les gens meurent pour rien dans l'indifférence.

  • 12.7, le 10/02/2012 à 11h32

    La France a d'autres chats a fouetter et ferait bien de s'occuper des Français en priorité.

  • seiyar70, le 09/02/2012 à 17h22

    Le régime syrien n'a rien à envier aux nazis !

  • tankyoo, le 09/02/2012 à 17h20

    On laisse faire parce que l'argent est le moteur de nos soutiens. Les russes et les chinois ne veulent pas que l'ONU bouge à cause d'enjeux financiers. L'argent est au centre de tout, de la misère, des guerres, du pouvoir. Et quand on aura le feu vert ce sera quand on pourra se faire encore plus d'argent avec la Syrie. Et on va accueillir tous ces chefs d'état en grande pompe, histoire de leur vendre des avions de chasse ou des sous marins

  • marieparis, le 09/02/2012 à 17h10

    Les blessés ne veulent pas aller dans les hôpitaux, effectivement, quand une personne prend une balle, plutôt que de recoudre, ils amputent... et quel raffinement dans leurs tortures comme quoi, les barbares existent encore...

  • misterlife, le 09/02/2012 à 16h39

    Que fait la France pour arreter ce massacre, et dire qu'elle a positionné 200 avions de combat au tchad

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